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Lutèce Cup

Le Blood Bowl à la sauvage !!!

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#51 21-09-2018 13:19:26

magus
Commissaires
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AvengelfsVa te faire voir chez les Grecs !

Re: ANNONCE

Non mais ce que Lepropre veut dire c'est que c'est accepté que le monde de BB existe dans un univers parallèle de celui de Warhammer.
Les lieux et beaucoup de personnages y sont acceptés et reconnus, mais tout ce qui est lié aux guerres et à la progression de l'histoire depuis 25 ans (Valten, Archaon, Grimgor, La Fin des Temps) est juste ignoré sinon les Reikland Reavers ne joueraient que des équipes humaines voire naines, etc

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#52 21-09-2018 13:31:47

lepropre
Arbitre
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Cirque de rhumNemosus Corsaires

Re: ANNONCE

Voila Magus a précisé ma pensée.
Jervis lui même avait expliqué que Blood bowl était un univers parallèle à Warhammer.
AMHA vouloir trop pousser le lien n'ajoute rien.
Typiquement les Evènements de l'invasion du chaos vont à l'encontre de l'esprit de Blood bowl.

De même si on restait cohérent avec Warhammer les équipes du chaos, Nurgle ... seraient juste chassées à vue.

Dernière modification par lepropre (21-09-2018 13:37:06)


Je n'ai jamais vraiment perdu un match dans ma carrière, j'ai juste manqué de temps certaines fois.

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#53 21-09-2018 13:39:32

Duda
Star
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Real BoitarDEATHCLAWS

Re: ANNONCE

Bon et si vous débattiez de tout ça dans un autre sujet SANS ME POLLUER MON TOPIC AVEC VOS CONNERIES DE BACKGROUND ???!!! big_smile

Merci wink

Comme je n'ai pas trop le temps de raconter la suite, un autre petit intermède, fort utile ma foi, et qui a le mérite également de se rapporter de près à ce qui s'est passé mercredi soir mrgreen

Extrait du « Petit guide du lancer du coéquipier »
(8 pièces d’or seulement, dans toutes les bonnes libraires)

Vos big guys vous horripilent ? Ils ont du mal à comprendre vos consignes de lancer ? Ils n’arrivent même pas à soulever le petit morveux qui sautille autour d’eux ou préfèrent dévorer votre gobelin plutôt que de le projeter en l’air ?

Plus aucune crainte !

Avec notre petit guide du lancer de coéquipier, vos trolls, ogres ou autres hommes-arbres vont se transformer en véritables rampes de lancement pour minus, en machines de précision chirurgicale, en canons infernaux de lancer !

Rotation, translation, angle d'incidence, angle de visée, bord d'attaque, bord de fuite, dynamique des fluides, portance, trainée, poussée, précession gyroscopique n'auront plus de secret pour vous et vos big guys !

Vous n’en croirez pas vos yeux. Testez par vous-mêmes, vous verrez la différence ! Nous garantissons un taux de réussite de l’ordre de 100 % ! Et naturellement vous serez remboursés si pas satisfaits !

INTRODUCTION

Modification de la portée, gestion du vent, facteurs influençant la trajectoire… Les interrogations que cet art soulève aboutissent toutes à une seule et unique question : Comment bien lancer son coéquipier afin d'optimiser son vol ?

Le premier principe à retenir, si vous n'avez pas encore de coéquipier, est de surtout ne pas en prendre un au hasard, notamment si celui-ci se montre réfractaire à toute idée de vol plané ! En effet, le minus est un être fragile et délicat, dont il convient de prendre le plus grand soin ! Il faut que vos big guys le comprennent : le maniement d’un minus n’est pas des plus faciles et, de plus, un coéquipier stressé s’avère très peu efficace !

Le second principe à marteler à tout big guy qui souhaite s’adonner à cet art ancestral, est qu’il est interdit de mâchouiller le coéquipier avant de le lancer ! En effet, un minus à qui il manque une partie du corps, fusse-t-elle minime, sera bien moins efficace une fois lancé ! 

LES BASES DU LANCER


Lancer un coéquipier n'est pas inné, le geste nécessaire à un bon lancer n'est pas naturel et le novice aura toujours tendance à lancer son gobelin ou halfling à plat sans se soucier de la direction du vent.

Pour bien débuter dans les premiers pas de l’art subtile mais néanmoins magistral du lancer de coéquipier, il est important de commencer à s'exercer dans un vent faible, sous un ciel dégagé. Il est en effet plus difficile de lancer le coéquipier par un jour de tempête et sous une pluie battante.

CHOIX DU TERRAIN

Optez pour un endroit dégagé tel un pré, un terrain de blood bowl ou une plage à marée basse par exemple.

Evitez le plus possible des alentours escarpés ou boisés. Un ravin, une forêt de ronces, une grotte remplie de stalactites ou un marécage ne sont naturellement pas des endroits très propices à l’entrainement au lancer. Certes, un tel terrain ne gênera probablement pas votre big guy, mais vous risquez de tomber très vite à court de candidats au lancer…

LA DIRECTION DU VENT

Il est indispensable d'identifier la direction du vent.

Lancez tout simplement un peu d'herbe en l'air et observez sa direction puis placez votre big guy face au vent.

Naturellement, ce principe ne s’applique que pour les entrainements. Sur un terrain de blood bowl, une fois l’art du lancer maitrisé, le big guy devra se placer face à la direction dans laquelle il veut lancer son coéquipier ! S’il se place toujours face au vent, même pendant le match, vous risquez de grosses déconvenues ! Il convient donc de prendre tout son temps pour lui expliquer la différence entre entrainement et match !!!

LA SAISE DU COEQUIPIER

Le big guy doit attraper le coéquipier au niveau du fessier, le plus délicatement possible (c’est probablement la phase la plus ardue) la main bien à plat.

L'idéal est que le big guy casse légèrement son poignet (et non celui du coéquipier – il faut bien lui faire comprendre cela !) jusqu'à amener votre le minus pratiquement en contact avec son avant-bras.

Demandez au big guy de tenir le coéquipier de profil, le visage de celui-ci tourné vers l’intérieur, afin d’éviter que tout incident de vessie ou des sphincters de ce dernier ne vienne gêner votre lanceur – lequel pourrait très vite s’emporter en cas d’accident !

L’INCLINAISON DU COEQUIPIER

L'inclinaison idéale du coéquipier est d'environ 20 degrés. Attention, il ne s’agit pas de température !

N'oubliez jamais qu'un coéquipier n'est pas un bout de bois et qu'il ne faut absolument pas le lancer à plat.

Lancer à plat est souvent le reflexe du débutant, et les conséquences d'un tel geste peuvent être graves car le minus montera très haut pour redescendre aussi vite, il peut alors se blesser et fonctionnera forcément moins bien après ! Voire pas du tout…

Apprenez donc au big guy à lancer avec un angle correct sans forcer afin d'acquérir un bon geste technique.

L’ANGLE PAR RAPPORT AU VENT

Placez votre big guy face au vent, déterminez un angle de 45 degrés à droite du vent pour les droitiers ou à gauche pour les gauchers puis repérez un point de l'horizon (le point d’ancrage). Désignez-le au lanceur.

Le big guy est désormais prêt pour effectuer ses premiers lancers !

LE LANCER LUI-MÊME

Le coéquipier doit être lancé légèrement vers le haut en direction du point d’ancrage que vous avez désigné.

Le big guy doit imprimer au coéquipier un minimum de rotation : pour cela, le coup de poignet doit être très souple au moment du lancer, son coéquipier doit quitter sa main proche de la diagonale.

Plus de rotation il y aura, plus l’atterrissage sera ardu pour le minus !

Par ailleurs, un lancer trop horizontal ou trop vertical pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour le coéquipier, ne l’oubliez jamais !

Le lancer ne doit pas être trop fort, c'est inutile, tous les coéquipiers sont des poids-plumes, par nature chétifs, qui nécessitent un lancer en douceur.
 
L’ATTERRISSAGE

Si votre big guy lancer correctement son coéquipier, celui-ci s’envolera dans les airs la tête la première, les jambes bien tendues.

Ce sera alors à lui de jouer. Le lanceur aura fait son office.

L’atterrissage reste la phase essentielle d’un bon lancer de coéquipier, et vos minus doivent également s’entrainer dans cet art.

Plusieurs techniques d’atterrissage existent – entrainez vos minus en leur faisant varier de style !

-    Atterrissage sur les fesses (classique, en cas de repli stratégique)
-    Atterrissage à une main devant (dit « atterrissage Super-Minus » !)
-    Atterrissage à deux mains devant (à éviter si le minus est porteur du ballon)
-    Atterrissage jambes tendues (à privilégier en cas de lancer défensif)
-    Atterrissage « kamikaze » (la tête la première : à n’utiliser qu’en dernier recours !)

Naturellement, il vous pouvez inventer vos propres atterrissages !!!

CORRECTIONS DES ERREURS DE LANCER

Si votre minus atterrit systématiquement sur la gauche ou sur la droite par rapport au point d’ancrage : le big guy n’apprécie pas correctement la force et la direction du vent.

Si votre minus dévie systématiquement dans la mauvaise direction : le big guy n’effectue pas correctement la cassure du poignet.

Si votre minus monte en flèche avant de s'écraser au sol : il est lancé trop à plat ou trop à la verticale ! Souvenez-vous : il doit quitter la main du big guy dans un angle proche de la diagonale !

Si votre minus ne s’envole pas du tout et disparait : ordonnez immédiatement à votre big guy de l’enlever de sa bouche !!!

***

Nous espérons que ces quelques conseils auront porté leurs fruits et que désormais, tous vos adversaires craindront vos attaques fulgurantes !

Dans le cas contraire, si malgré tous ces conseils et malgré les entrainements, vos big guys demeurent complément incompétents dans cet art exquis du lancer de coéquipier… revenez aux fondamentaux !

En effet, n’oubliez pas : un bon coup de torgnole de votre big guy dans la troche de l’adversaire remplacera toujours parfaitement un bon lancer !

Dernière modification par Duda (21-09-2018 13:42:50)


Pourquoi les Nains ont la bière et les Elfes la magie ?
Parce que les Nains ont choisi en premier...

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#54 21-09-2018 15:25:19

schouf
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Beastie Dolls

Re: ANNONCE

Extrait du « Petit guide du lancer du coéquipier »

Bravo, c'est excellent ! Il faudrait prévoir des schémas pour les BG dotés d'une mémoire plus visuelle...

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#55 02-10-2018 16:35:40

Duda
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Real BoitarDEATHCLAWS

Re: ANNONCE

Encore grand merci ! Toujours autant de bonheur d'être lu et apprécié. wink
Comme promis, le compte-rendu du match...

CHANGEMENT DE PLAN

« Sans reroll la fête est plus folle » - vieux proverbe halfling

C’étaient les derniers instants du match, les ultimes soubresauts de cette bête abjecte qu’est une rencontre de Blood Bowl, dont les râles l’agonie faisaient trembler le c½ur souffreteux de tout un stade ; le fameux « money-time » – ce laps de temps indéfini d’épique intensité commençant toujours par la dernière action et s’achevant avec la sentence d’un coup de sifflet au destin libérateur ou cruel, mais toujours brutal…

Il ne restait donc que quelques secondes avant que l’arbitre ne fasse retentir le son aigu de son engin de malheur, mettant fin à la pièce de théâtre qui achevait son existence dans un râle d’agonie devant les yeux médusés d’une foule abasourdie. Ce soir-là, les spectateurs massés sur les gradins du stade demeuraient en effet cois, bouches ouvertes et haletants d’appréhension, leurs c½urs palpitants face au suspense qui se déroulait sur la pelouse, suspendus aux lèvres de l’homme en noir. Ils venaient en effet d’assister à une rencontre mémorable, à un véritable spectacle dramatique, une tragi-comédie pleine de rebondissements, d’actions d’éclat, de reversements de situation, de coups fourrés, de gestes ratés, de violence et de sang – bref, à un de ces moments d’histoire que seul le Blood Bowl peut offrir.

Et ce n’était pas fini ! Il restait en effet ces quelques secondes pour une action d’anthologie !

Sous une averse drue et sur un terrain détrempé, transformé peu à peu par l’ardeur des combats en fange puante mêlant eau de pluie, sang, gazon, salive et autres secrétions, une main halfeline, menue et velue, se saisit tout à coup du ballon en cuir, qui reposait calmement dans une flaque, dans laquelle il atterrit suite au coup de pied de renvoi effectué par les restes des joueurs de l’équipe humaine des Chrissou Team Revival.

Bien que l’intensité de l’atmosphère ambiante atteignait son paroxysme, et malgré les conditions climatiques complexes, le semi-homme fit preuve d’une assurance surprenante. Le visage fermé, concentré sur sa tâche tel un parangon de tranquillité, calme et stoïque, il coinça le cuir sous son bras charnu et courut en direction d’un camarade démarqué, proche de la ligne médiane. Pendant ce temps-là, ses collègues faisaient le ménage au milieu de terrain, repoussant le premier rideau de défense humaine. Le ballon fut impeccablement transmis au halfling libre de tout marquage et la foule retint son souffle…

Voilà que le porteur du cuir était cueilli avec une étonnante douceur par l’un des deux hommes-arbres qui accompagnait l’équipe halfline et – projeté avec vigueur – il s’envolait vers la moitié de terrain adverse.

Le silence se fit alors total, le temps suspendit sa course, le c½ur du stade cessa de battre, l’air ambiant sembla se figer, le vent cessa de souffler, les oiseaux se turent et à Kislev une femme hurla – son lait venant de déborder de la casserole posée sur le feu – c’était comme si la nature elle-même s’interrogeait, comme si elle se demandait s’il fallait permettre à ce petit être de défier les lois de la physique, s’il lui était permis d’accomplir sa destinée…

Or, le halfling volait dans les airs, jambes bien droites, une main agrippant la balle, l’autre tendue vers l’avant, le poing serré, le visage trempé par la pluie tourné vers le ciel. Il volait, volait dans cette posture figée de héros des temps mythiques. Pour lui, tout semblait se dérouler au ralenti. Il vit les sauts extatiques du public, il aperçut les visages crispés de ses coéquipiers, il lorgna sur la silhouette de son coach – impassible, les bras croisés, la bouche grimaçante en un rictus hargneux – il entendit, de loin et comme de derrière une vitre, l’incompréhensible vague d’hurlements rageurs en provenance des gradins… Ces quelques secondes de voltige semblaient une éternité pour lui. Il avait pourtant les idées claires, l’esprit déterminé, le c½ur apaisé et contrôlant parfaitement sa poussée d’adrénaline, le halfing décrivit une parabole parfaite, puis il atterrit paisiblement, une main devant et un genou posé au sol.

Il releva la tête et le temps reprit alors son cours normal. Soudain, tous les sens lui revinrent. Le vacarme ambiant explosa dans ses tympans – la foule beuglant tel un troupeau mené à l’abattoir – l’odeur du gazon et de la boue lui frappant le nez, l’eau de pluie dégoulinant dans ses yeux et dans sa bouche… Mais, dans cette ambiance de fin de monde, il demeura imperturbable. Avisant le bord du terrain adverse, il fonça de toute la force de ses petits pieds vers cette ligne de démarcation, vers ce paradis perdu, cet Eden du bloodbowleur qu’était la zone d’en-but. Véritable étalon furieux, tornade inarrêtable, puissant destrier, il dépassa ses adversaires estomaqués – incapables de l’arrêter – et ne s’arrêta qu’une fois la ligne finale franchie, en agitant sa main boudinée avec joie en direction des spectateurs. Le Real Boitar venait de marquer son troisième Touchdown du match ! Le public explosa littéralement, les gradins tremblèrent, le stade se mit à vibrer dangereusement, à Kislev une femme poussa de nouveau un cri, et sur la pelouse, les halflings se tombèrent dans les bras. L’incroyable scénario se produisit. L’équipe halfling venait de prendre l’avantage et, sauf l’extraordinaire, ne pouvait plus être rattrapée au score. Grâce à cette ultime action d’éclat, le Real Boitar avait le match gagné. Les vétérans de la Lutèce venaient de refaire leur coup, ils avaient une nouvelle fois déjoué tous les pronostics, ils avaient de nouveau ri de l’adversité, attrapé le diable par les cornes et trompé le destin.

Ils l’avaient fait – de nouveau – tout simplement !

***

Pourtant, une semaine auparavant, rien ne laissait à penser que l’impensable allait se produire. A l’issue de la rencontre contre les Hashut’s Sons, les mines halfelines étaient grises, l’ambiance lugubre, et le coach couvait une colère froide qui ne présageait rien de bon.

La situation empira lors de la traditionnelle conférence d’après-match. Les visages faussement peinés, les sourires moqueurs et les commentaires pleins d’emphase de la masse des journalistes faillirent sortir le coach Duda de ses gonds. « Tout ça pour ça », « Beaucoup de bruit pour rien », « Pourquoi revenir ? » ou encore « Ces halflings devraient savoir remettre le couvercle » - tels étaient les gros titres de la presse sportive après la première journée de la Lutèce Cup. Le Real Boitar commençait le championnat dans une atmosphère allant de l’indifférence relative (pour les journaux les plus affables) à une critique virulente (pour les tabloïds à scandale).

Forcément, ça ne plaisait ni aux joueurs ni à leur coach. Malgré tout, ce dernier absorba toute la critique, essayent tant bien que mal à protéger son équipe, et en rejetant l’entière faute sur ses épaules. Il expliqua ainsi aux journalistes qu’il s’était trompé de stratégie, que ses joueurs n’étaient visiblement pas encore prêts, il pesta contre le calendrier qui leur faisait rencontrer des adversaires très compliqués dès l’entame du championnat, et argumenta sur l’absence des joueurs blessés… - bref, il servit aux journalistes la même soupe tiède que servent tous les entraineurs après une sévère défaite.

Mais la réalité des faits était visible comme une verrue au milieu d’un visage de troll. Le Real Boitar n’était pas taillé, n’était plus taillé, pour concurrencer les autres équipes dans l’intensité d’un match. Il leur fallait donc ruser. C’est pourquoi, alors qu’ils étaient rentrés dans le vestiaire après ce premier match, têtes basses et visages crispés, le coach demeura calme et posé. Pour la première fois, il n’explosa pas de rage, ne fit pas montre de son caractère colérique, et dit une seule et unique phrase :

-    Ramenez-moi notre cuistot, et vite !

Lorsque ce dernier fit son apparition dans le vestiaire, accompagné de manière courtoise, mais ferme, par Calben et Eggon, le coach Duda tourna son regard vers lui. Il s’en approcha d’un pas raide et sans dire mot, à la grande surprise de toute l’équipe, décrocha une monumentale torgnole en plein dans le visage du chef cuisinier. Le halfing tomba sur son arrière-train, perdant sa toque sous le choc, la lèvre fendue et le nez en sang.

-    Mais qu’est ce qui vous prend, vous êtes malade ? – glapit-il en direction de l’humain de sa voix grave et grasseyante. 
-    Dis-moi l’marmiton, on te paye combien déjà ? – le questionna le coach, le visage crispé, les lèvres retroussés.
-    Ppppourquoi cette question ? – lui demanda le chef, visiblement stupéfié.
-    Cent mille pièces d’or par match il me semble. Cent mille. Tu sais ce que j’aurais pu acheter avec ça ? – continuait le coach, imperturbable.
-    Mais je les vaux ! Et c’était notre arrangement ! – s’offusqua le halfling toqué. – Vous vouliez un maître cuisinier et vous en avez un ! Personne n’arrive à la cheville de Roël Jobuchon, personne ! – le halfling ne s’en laissa pas compter.
-    Putain, t’avais qu’une seule mission, une seule, et tu l’as foiré ducon ! – siffla l’humain avec colère.
-    Mais pas du tout ! Vous racontez n’importe quoi ! Je vais me plaindre au syndicat ! Je vais remonter à la ligue, vous ne vous en tirerez pas comme ça ! J’ai fait ce que vous me demandiez ! J’ai préparé un ragoût parfait ! Un plat digne des plus grandes tables de la capitale ! Et vous me violentez ? Ça ne va pas se passer comme ça… – riposta le halfling alors qu’un nouveau coup de poing sec le faisait taire. Cette fois-ci, il tomba à la renverse, l’arrière de son crâne heurtant violemment le sol. Mais le coach ne lui laissa pas de répit. Il le saisit par la chemise, le redressa et le secoua violemment.
-    Le ragoût était pour nous. Pour nous seulement ! Pas pour les deux équipes. Ton rôle c’était de préparer d’la mélasse mélangée à d’la merde pour les connards d’en face, et non pas leur servir du ceviche de b½uf au thym, espèce d’enflure ! – hurla-t-il en direction du chef cuisinier.
-    Jamais de la vie ! Jamais je ne pourrai faire ça ! Il en va de mon honneur de cuisinier ! Je tiens à ma licence moi ! J’ai une opinion à tenir moi Monsieur ! Jamais vous ne me verrez faire ça ! Jamais ! – s’emporta le halfling.

Le coach se redressa et le reluqua médusé, clignant des yeux, une manifeste appréhension dans le regard.

-    Bon les mecs, j’crois qu’il n’a pas compris. Va falloir qu’on lui explique les choses à notre façon…

Quelques heures après, ils se retrouvaient en petit comité dans les cuisines de « l’Atelier de Roël Jobuchon » en plein c½ur de la capitale. Le restaurant était fermé, les portes closes et les stores baissés. Tous les commis et les serveurs furent prestement renvoyés chez eux lorsque Duda et ses haflings débarquèrent. Ils installèrent un Roël ligoté près du grand four, puis sortirent casseroles, poêles et autres louches, en faisant un vacarme du diable et en riant aux éclats.

-    Maintenant, tu vas comprendre mon con. – lui avait dit le coach, alors que les joueurs du Real Boitar mettaient la cuisine de Roël sans dessus-dessous. – Faites chauffer de l’eau les mecs, et rallumez-moi ces fourneaux !
-    Qu’es…ce que vous allez m’faire ? – lui demanda le chef cuisinier sur un ton apeuré.
-    Toi ? Rien… ou pas grand-chose. – lui répondit l’humain sur un ton sibyllin. – Mais tes cuisines par contre…
-    Ne touchez pas à mes cuisines ! – jappa immédiatement le halfling. – C’est mon bébé, c’est ma passion, ma raison de vivre !
-    Ta gueule. – rétorqua sèchement le coach. – Tu veux garder tes cuisines, alors tu feras ce qu’on te dit. Putain, on te paye un bras pour que tu nous aides et tu fais encore la fine bouche ?
-    Je ne peux pas, j’peux pas, mon honneur… - pleura le cuisinier.
-    Ton honneur, tu peux te le foutre au cul avec tout le pognon que tu te fais. Les gars ! –  hurla-t-il en direction de ses joueurs. – Montrez lui ce que vous savez faire avec une casserole. – Puis il se retourna vers le chef cuisinier et dit sur un ton n’appelant aucun débat. – Maintenant, écoutes moi bien. Pour le prochain match, voilà ce que tu vas faire comme plats…

***

-    Il nous reste encore une dernière chose à faire les mecs. – affirma mystérieusement Duda aux deux halflings qui l’accompagnaient, alors qu’ils se faufilaient avec appréhension dans les venelles lugubres des bas-fonds de la capitale.

En cette fin de soirée, les ruelles étaient pleines de pochtrons avinés qui tentaient de leur soutirer quelques piécettes, de malfrats leur jetant des regards malveillants et de filles de joie empâtées les aguichant de leurs voix criardes.

-    Et maintenant, on va où coach ? – le questionna un Tholot anxieux, qui avait perdu l’habitude de se retrouver dans des endroits sinistres comme celui-ci, alors qu’ils débouchaient, au détour d’une rue, sur la porte fatiguée d’un bâtiment délabré, au-dessus de laquelle pendait une vieille pancarte élimée et sur laquelle figurait le nom de l’établissement « Lilas et Groseilles ».
-    Ecoutez les mioches. – répondit le coach d’une voix comploteuse. – Il nous faut de l’aide. On s’en sortira pas sinon. Comme je vous ai dit, faut changer le plan. On a commencé avec le cuistot…
-    Et on le finira ici ? – intervint Eggon circonspect. – Dans ce vieux rade tout pourri ? Ça a l’air d’être une putain d’maison de passes pour gobelins culs-de-jatte. Qu’est ce qu’on fout ici coach ?
-    On vient chercher quelqu’un. – répliqua Duda dans un rictus ironique alors qu’il poussait la porte.

Tous les regards se tournèrent vers eux alors qu’ils faisaient leur entrée d’une manière la plus naturelle possible. Visiblement, l’effet était raté car les conversations se turent, le bruit ambiant cessa et quelques quintes de toux nerveuses se firent entendre. L’établissement était bondé. Le plafond bas de l’auberge, soutenu par des poutres noircies par la fumée, rendait l’atmosphère lourde et lugubre. L’air vicié empestait le tabac, la sueur et la pisse mêlés. Le sol était jonché de mégots de cigarettes, des bouts de poterie ou de verre brisés, et des flaques de bière et d’autres liquides se répandaient sur quasiment toute sa surface. Ci-et-là des groupes de poivrots se partageaient quelques bouteilles au contenu incertain, tenant fièrement, qui sur les genoux, qui enlaçant, des catins vérolées peu fraiches. Un feu brûlait dans une grande cheminée détériorée, placée dans le coin gauche de la salle, autour de laquelle était assise une demi-douzaine d’individus encapuchonnés, fixant vivement les nouveaux arrivés. Derrière le comptoir, un nain chauve et barbu, aux oreilles percées de nombreux anneaux en or et au regard torve, essuyait une chopine avec un torchon crasseux.  Alors que les deux halflings jetaient des regards inquiets sur la grand-salle et sur les convives, se dandinant avec appréhension, leur coach ne s’en laissa pas impressionner. Il s’approcha du bar en se faufilant entre les tables et bancs occupés par les convives qui le regardaient passer sans brocher.

-    Tu m’remets ? – lança-t-il au barman, sur un ton totalement neutre, alors qu’il posait une pièce en or sur le comptoir. Le nain s’en saisit prestement en répondant :
-    Ouaip. La Lutèce.
-    Et donc ?
-    Il est dans l’salon privé. Comme convenu. – conclut le nain en détournant le regard.

Duda fit signe aux deux halflings de le rejoindre et ils se dirigèrent ensemble vers une porte battante située au fond de la salle. Lorsqu’ils pénétrèrent dans le petit salon, ils virent que celui-ci était occupé par un imposant halfling au visage et à la dentition abîmés, mais doté d’une étonnante chevelure blonde bien entretenue. Il se restaurait en avalant des portions de gruau aux haricots, maniant inlassablement une grande cuillère en bois et portant de temps en temps à ses lèvres une chope en étain sur laquelle étaient gravés les lettres « PB ».

-    C’est pourquoi faire ? – les questionna le halfing, la bouche pleine, sans même prendre la peine de lever les yeux vers les arrivants.
-    Sans déconner ! – intervint Tholot qui avait visiblement reconnu immédiatement l’individu. – C’est lui ? C’est bien lui ? – Demanda-t-il à son coach sans vouloir y croire.
-    Putain ! Il a l’air d’avoir pris cher ! – rajouta Eggon avec étonnement.
-    Bonsoir Pugguy. – lança laconiquement Duda en direction de l’halfing blond. Ce dernier releva la tête, interloqué, la cuillère arrêtée à mi-chemin de sa bouche. Il plissa les yeux, ayant manifestement grande difficulté à se remémorer les visages des trois individus qu’il avait en face de lui. Soudain, il sourit béatement en reposant son ustensile en bois et fit un grand geste de la main, les invitant à s’asseoir.
-    Ah, mais Pugguy vous reconnait ! – répondit-il d’une voix goulue, faussement détachée. – Le Real Boitar. Pugguy se rappelle vous avoir fait grâce de sa présence pour quelques matchs dans le temps.

Duda et les deux halflings s’assirent en face de ce dernier, en le contemplant avec étonnement. Il faut dire que le temps ne fut pas tendre avec la star des terrains, ou ancienne star fallait-il dire, tant le halfling blond avait changé. Les effets des abus de tout genre avaient laissé une empreinte rude sur son visage émacié, dont la peau ravagée et rougie, laissait apparaitre des cloques purulentes et des plaques d’épiderme desséchées. Il regardait les trois amis avec des yeux maladifs, emplis de sang, aux contours violacés. Son sourire fit apparaitre des dents abîmées, jaunies, et manquantes par endroits. Seule la chevelure dorée, volumineuse et bien soignée, demeurait majestueuse. Bref, le héros de tout un peuple avait du plomb dans l’aile… et de la vinasse dans les veines…

-    Bon, ils veulent quoi de Pugguy les larrons ? – leur demanda-t-il avec dédain, alors que les deux halflings détournaient les visages en fronçant leur nez, crispés par l’odeur nauséabonde qui se dégagea de la bouche de la star. La légende n’avait visiblement pas tari et Pugguy méritait toujours autant son nom.
-    Permettez-moi d’abord de vous offrir cet excellent breuvage sorti tout droit de ma réserve personnelle. – répondit le coach en sortant une bouteille de vin d’une poche de sa houppelande. Pugguy s’humecta les lèvres avec sa langue en saisissant le cadeau que lui tendait Duda.
-    Un Luccini Conti, et âgé en plus. Hmmm, ma foi, je ne dis jamais non à un cadeau offert de bon c½ur. – répliqua le halfling blond en enlevant le bouchon avec ses dents. Il vida le contenu de sa chope sur le sol et se servit une bonne rasade du breuvage tiléen. – Ah, un régal !
-    Content que ça vous plaise. – riposta le coach, ne laissant pas le temps à la star de se servir une seconde gorgée. – On a une proposition à vous faire.
-    Puah. Pugguy se moque de leur proposition ! – riposta sèchement la star. – Merci pour le cadeau, en souvenir du bon vieux temps. Mais Pugguy n’a rien à leur offrir, aux bouzeux. Allez, ouste ! Du vent !

Eggon ouvrit grand les yeux et voulut bondir de sa chaise, visiblement énervé par le ton employé par l’ancienne star halfeline. Mais il fut attrapé par Duda qui lui plaqua le bras sur la table et le regarda avec fermeté.

-    Du calme, Eggon. Laisse-moi faire. – lui chuchota-t-il. Puis, il se tourna vers Pugguy en disant :
-    Visiblement, vous n’avez pas besoin de nous. Vous roulez sur l’or ces derniers temps, à ce que je vois. Et puis, quelle gargote que vous avez là ! Un véritable palais impérial, dites-moi ! Les fans se pressent pour vous apercevoir et vous semblez nager dans l’opulence.
-    Pugguy n’a pas à entendre ces jérémiades. Il n’a que faire des remontrances d’asticots dans votre genre. Du balai maintenant ! – riposta avec mépris le halfling blond.
-    Ecoutes moi maintenant ducon ! – hurla tout à coup Duda. – T’es devenu une véritable loque. Plus personne ne s’intéresse à toi, tout le monde t’a laissé tomber. Il te reste quoi ? Que dalle. Ton dernier contrat remonte à quand, ma poule ? Et ça fait combien de temps que tu n’es plus passé sur Cabalvision ? T’es même plus invité dans les réunions des vétérans de la Ligue. T’es plus rien !
-    Et alors ?! – riposta Pugguy avec véhémence. – Pugguy reste une star, une immense star, et bientôt, oui très bientôt, il reviendra sur les terrains. Alors, les minables dans votre genre verront alors toute la magnificence et la gloire de Pugguy. Son étoile brillera à nouveau sur le firmament du Blood Bowl !
-    Justement. On a un plan à te proposer. On remonte la team. – le coupa dans sa diatribe le coach. Pugguy se calma alors, but une nouvelle gorgée de vin, s’essuya la bouche d’un revers de manche et répondit :
-    Ok les gruaux. Combien ?

Lorsque Duda sortir de l’auberge en compagnie des deux halflings, Tholot ne cessait pas de pester en tournant la tête de gauche à droite avec effarement.

-    Il a pris cher le gars. J’arrive pas à y croire que c’est lui. C’était une star, merde. Et c’est une loque là. J’y crois pas. – se lamentait-il.
-    Putain, mais quel connard. – répliqua Eggon. – Je ne me rappelle pas qu’il était aussi odieux.
-    L’a pas changé. – lui répondit Duda. – Il a toujours été empli d’arrogance. Visiblement ça a empiré depuis qu’il est tombé dans l’oubli.
-    Justement, coach. – l’interrogea Tholot. – Vous pensez qu’il fera l’affaire ? J’veux dire, il fait peur là, j’suis pas sur qu’il arrivera à mettre un pied devant l’autre.
-    T’inquiètes. – le coach sourit avec amusement. – Il sera prêt pour le match. J’parie ce que vous voulez. L’orgueil, ça transforme un homme… ou un halfling en l’occurrence. L’orgueil et cent quarante mille pièces d’or…

***

Une semaine après, le Real Boitar devait refouler la pelouse pour la deuxième journée de la Lutèce Cup contre l’équipe humaine des Chrissou Team Revival – des sacrés gaillards, puissants et agiles, menés par un coach vétéran de la ligue, le célèbre Alchemy.

Les halflings étaient à leur routine habituelle, se préparaient dans leur vestiaire avec entrain, dans la bonne humeur, la rigolade, les calambours et la franche camaraderie virile – celle qui rapproche les hommes dans les mines de charbon – lorsque des cris stridents et des hurlements aigus se firent entendre dans les couloirs du stade.

-    C’est quoi ces conneries ? – Duda releva la tête alors qu’il potassait tranquillement la presse sportive matinale.
Il se leva d’un bond et voulut s’approcher de la porte, quand soudain, celle-ci s’ouvrit brutalement. Les cris perçants d’une multitude de voix féminines s’engouffrèrent alors avec violence dans le vestiaire, faisant grimacer les joueurs du Real Boitar. Puis, deux malabars à la peau d’ébène, vêtus de frusques amples et portant de nombreux bijoux multicolores de très mauvais goût, entrèrent et se placèrent de chaque côté de la porte. Enfin, Pugguy apparut sur le seuil, et les semi-hommes écartèrent les yeux de stupéfaction, alors que les deux gardes du corps repoussaient tant bien que mal le flot de supportrices déchainées qui se pressait derrière la vedette.

Auréolé d’un halo de lumière, ses cheveux soignés volant dans le courant d’air, la star n’avait plus rien à voir avec le déchet halfling qu’ils avaient vus à peine une semaine avant. Rasé de près, la peau luisante de soins cosmétiques et de crèmes apaisantes appliquées visiblement en nombre conséquent, l’½il rieur et le sourire en coin, Pugguy regarda les joueurs du Real Boitar avec morgue. Il était vêtu d’une tenue de match fringante neuve, manifestement faite sur mesure, et aux couleurs de l’équipe. Il arborait, autour du cou, un élégant châle aux motifs complexes et tenait sous son bras un casque en argent poli sur lequel figuraient ses initiales, gravées de chaque côté d’une étoile plaquée or.

-    Fichtre ! – s’exclama-t-il en jetant un regard dédaigneux aux alentours. – Quelle sympathique équipe d’amateurs que voilà ! Mais quelles odeurs nauséabondes dans ce vestiaire. Pugguy ne peut rester avec la plèbe. Ils indiquent où est la loge de Pugguy, les vilains ?
-    Veuillez me suivre Monsieur ! – répondit prestement Duda alors que ses joueurs lui lançaient des regards interloqués, indiscutablement abasourdis et ne sachant comment réagir face à autant d’insolence de la part de la star halfeline. Le coach mena ce dernier au fond du vestiaire et ouvrit une porte qui donnait effectivement sur un réduit agencé spécialement pour l’occasion. L’espace était occupé par un bureau en bois massif muni d’un imposant miroir autour duquel étaient accrochés des globes luminescents. Des boissons rafraichissantes attendaient, reposant sur le bureau dans un énorme sceau rempli de glace pilée. Le reste de la pièce était doté d’un confortable canapé en velours sur lequel reposaient des serviettes et un peignoir molletonné, bordés des initiales de la star. Sur le côté droit du local était aménagée une autre porte, donnant directement sur la salle d’eau.
-    Pas mal. Pugguy pense que ça peut lui plaire. – fit-il en écartant le coach du bras et pénétrant dans sa loge. Il se tourna alors vers les joueurs du Real Boitar et affirma de manière orgueilleuse :
-    Sur le terrain, ils laissent faire Pugguy les gruaux. Ils donnent la balle à Pugguy et il en fait son affaire. Compris ? – Puis il claqua la porte au nez et à la barbe de Duda.
-    Putain, mais il se prend pour qui l’autre ? – s’étonna Mirfu avec colère en se levant de son banc. – Va pas nous donner des ordres, puis quoi encore ?
-    Laisse tomber. – riposta le coach en haussant les épaules. – On a besoin de lui, alors ses petits caprices, on s’en fout pas mal, tant qu’il assure sur le terrain. Et il a intérêt à assurer l’enflure. Il a intérêt. – conclut-il la mâchoire crispée.

***

Or, justement, le hasard faisant parfois si bien les choses, Pugguy assura lors du match ! Et comment ! L’histoire retiendra qu’il était partout sur la pelouse, menant les attaques du Real Boitar en première ligne, esquivant les blocages adverses, se faufilant dans les lignes rivales, stoppant les percées des humains… Les supporters, venus en masse au stade, assistaient – stupéfiés – à un véritable concert donné par le joueur halfling, à une partition jouée de main de maître, à une renaissance d’une star oubliée. Et si le public – composé, il faut l’avouer, en grande majorité des fans des Chrissou Team Revival – sifflait la vedette au début du match, il se rendit peu à peu à l’évidence, Pugguy était de retour et il ne pouvait qu’être applaudi, tant ses actions brillaient d’éclat et de gloire retrouvés.

Le match débuta dans la violence d’âpres combats et finit sur une note que vous, cher lecteur, connaissez déjà. Néanmoins, il convient de narrer le déroulement de la rencontre, laquelle fut, jusqu’à cette ultime action, un véritable spectacle d’anthologie, un théâtre d’une dramaturgie épique, et évidemment une ode à la barbarie et à la violence naturelles accompagnant tout bon match de Blood Bowl !

Bien qu’ayant gagné le toss, l’équipe halfline décida de défendre et de laisser la Chrissou Team Revival attaquer, au grand étonnement de leur coach, lequel remercia chaleureusement, et avec une morgue certaine, pour ce second cadeau que lui offrait Duda. En effet, le premier présent leur fut servi avant le match déjà, lorsqu’un maître cuisiner hafling porta dans les vestiaires humains, avec l’autorisation des commissaires de la ligue, une marmite remplie d’un ragoût revigorant et énergisant, spécialement préparé pour les belligérants du soir. Aux dires du coach Alchemy, son équipe avait particulièrement apprécié le geste du coach halfling…

Nonobstant ces échanges de politesses, le match débuta de la manière la plus violente qui soit. Dès l’engagement, deux joueurs du Real Boitar furent sonnés et un troisième envoyé sur le banc pour se remettre les idées en place. La Chrissou Team Revival se lança à l’attaque en infiltrant ses deux receveurs profondément dans les lignes halfelines et en pressant les autres joueurs. Mais c’est alors que Pugguy, accompagné des deux hommes-arbres, entra en action ! Alors que la vedette de l’équipe jetait au sol un receveur humain, lequel se fit piétiner vicieusement par quelques pieds velus sans que l’arbitre n’intervienne d’une quelque manière, Grisfrêne le Vif tenta de s’en prendre à l’ogre de l’équipe adverse qui protégeait le porteur du ballon. Le vieil homme-arbre s’élança avec lourdeur vers le monstre rival et lui décrocha un splendide coup de branche en plein dans la mâchoire ! L’ogre s’effondra au sol sans bouger et fut immédiatement évacué par le service infirmier du stade. Le match venait à peine de commencer et le big guy de la Chrissou Team Revival était sorti pour tout le reste de la rencontre ! Celle-ci ne pouvait mieux débuter pour le Real Boitar !

Constatant les dégâts, voyant ses défenses ébréchées, ses joueurs jetés au sol et piétinés avec allégresse par les adversaires, le coach Alchemy – pestant de rage – dut adapter sa tactique. Plutôt que de contrôler le score, il envoya son receveur porteur du ballon marquer rapidement un premier touchdown, avant que ses joueurs ne soient débordés par la violence des hommes-arbres et la fougue d’un Pugguy déchainé. Ce faisant toutefois, il laissait la balle à l’équipe rivale pour tout le reste de la première mi-temps !

Le Real Boitar entama alors son entreprise de démolition. Menés par la star et protégés par les deux big guys – il faut le souligner, très efficaces physiquement dans la violence au niveau de la brutalité, une fois n’est pas coutume – les halfings firent progresser la balle tranquillement, sereinement, et sans se presser, en plein dans le c½ur de la défense humaine. Dépassés, les joueurs de la Chrissou Team Revival peinaient à stopper l’avancée du Real Boitar, à tel point qu’à quelques minutes de la mi-temps, Tholot l’Ancien se retrouva à tout près de la ligne d’en-but adverse, protégé – tant bien que mal – par plusieurs de ses coéquipiers.

Mais c’est alors que Léonard Fournette – le blitzer star humain – entra en action. Dans un mouvement d’une fluidité parfaite, il se faufila sur le côté de la cage halfline, et au prix d’un effort intense, vint percuter de plein fouet le porteur du ballon et le sonna sur place ! Le cuir chut à quelques pouces de ses pieds et un autre joueur de son équipe tenta alors de s’en saisir. Le receveur Marquise Lee s’élança en effet, esquiva les croche-pieds des halfings et tenta de ramasser la balle, mais, au dernier moment Calben Drupoil tendit son bras et le projeta dans le visage de l’humain, stoppant net la course de ce dernier et le sonnant ! Le public hurla de délire. L’arbitre s’apprêtait à porter le sifflet à ses lèvres, alors que la gonfle était dans la zone d’en-but de la Chrissou Team Revival ! Il se restait plus qu’une chose à faire. Le coach Duda hurla à ses joueurs de tenter le tout pour le tout et son message fut très bien saisi par les halflings. Lorel Bonvin se défit ainsi du marquage adverse, et, dans une glissade parfaitement réalisée, se jeta dans les pieds du blitzer humain, chipant par la même occasion le ballon, sous les yeux décontenancés de tout un stade. En défiant tous pronostics, le Real Boitar venait d’égaliser à la toute dernière seconde de la première mi-temps !

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Les deux équipes rentraient au vestiaire sur une égalité parfaite au score, mais le Real Boitar allait attaquer en seconde mi-temps et disposait – déjà – d’un léger avantage numérique.

La deuxième partie du match devait commencer alors que les joueurs de la Chrissou Team Revival entraient sur la pelouse les visages crispés, livides, se tordant de douleur, et se tenant les abdomens. Les caméras de la cabalvision saisirent alors un geste entendu de la part du coach Duda en direction de Roël Jobuchon – le maître cuisiner hafling – lequel souriait nerveusement en jetant des regards apeurés aux alentours, un fin filet de sueur lui coulant sur la tempe. Néanmoins, aucun des officiels présents dans le stade n’eut à redire tant sur son attitude que sur celle – quelque peu inquiétante malgré tout – de l’équipe humaine.

Les hostilités pouvaient reprendre et elles le firent, et de quelle manière ! La seconde mi-temps commença comme la première, dans la violence et le sang ! Alors que les hommes-arbres entamaient leur travail de nettoyage, envoyant deux trois-quarts adverses sur le banc, Pugguy s’aperçut que le lanceur humain était esseulé en plein milieu de la défense rivale. Accompagné d’un joueur en soutien, la star se jeta sur le quaterback avec ardeur mêlée de férocité (à moins que ce ne soit l’inverse). Il envoya un formidable coup de poing en plein dans le visage de ce dernier et le stade retint son souffle. Le casque de l’humain tomba, et le joueur chut sur la pelouse, comme au ralenti, alors que des bouts d’os, de cartilages et de cerveau giclaient dans une atroce gerbe écarlate qui éclaboussa les alentours. La foule beugla de plaisir malsain, telle une bête immonde et hurla sa joie et son bonheur vicieux, alors qu’une tragédie se déroulait sur la pelouse. Le lanceur se convulsa quelques secondes au sol, le visage transformé en une bouille abjecte, le sang pulsant brutalement de son crâne par plusieurs orifices mettant à nu sa boîte crânienne. La mort venait de jeter son filet macabre sur la pelouse et réclamait son épouvantable dû ! Tel était le destin dans ce sport passionnant, mais ô combien funeste ! La mort fauchait les âmes et le public chantait sa gloire !

Déchainé, Pugguy sourit à la foule et leva son poing ensanglanté ! Le stade entra en éruption, les supporters hurlant leur joie ou leur rage à s’en rompre les poumons. Pendant ce temps-là, l’attaque du Real Boitar progressait de nouveau, alors que la défense humaine se faisait de plus en plus clairsemée.

Au milieu de cette débandade des humains, un seul joueur brillait tel le phare dans la nuit. TJ Yeldon, le blitzer vedette de la team, faisait pleuvoir sur les halfings un véritable déluge de coups, envoyant plusieurs d’entre eux dans la fosse de blessés. La situation devint très tendue pour le Real Boitar au moment où le blitzer se jeta avec une férocité téméraire sur le capitaine halfling, le blessant gravement ! Un bruit d’os brisés se fit entendre dans le stade et la foule gémit de douleur et de dégoût. Le coach Duda grimaça avec répugnance et fit immédiatement appel à Grégoire Ousse – le médecin du club – qui réussit, l’on ne sait par quel miracle, à remettre le vieux Tholot debout. Le capitaine du Real Boitar sortit toutefois de la pelouse en boitant très bas, et son équipe se retrouvait désormais à égalité numérique avec la Chrissou Team Revival. A cela s’ajoutait le fait que les deux hommes-arbres, manifestement fatigués ou en manque de sels minéraux, décidèrent de concert de se figer sur la pelouse et s’enracinèrent !

Face à cette situation de plus en plus dangereuse, et souhaitant éviter tout contre adverse, le coach Duda modifia la tactique employée et ordonna à ses joueurs de marquer rapidement. Une cage halfline plus ou moins correcte avança rapidement vers l’en-but adverse et, malgré la pression d’un TJ Yeldon toujours autant efficace, le Real Boitar réussit à marquer un second touchdown par l’intermédiaire de l’inévitable Lorel Bonvin !

L’incroyable se produisait, les halflings menaient au score, alors qu’une pluie battante se mit à tomber sur le stade et que le tonnerre gronda comme pour sonner le glas des espoirs de l’équipe humaine !

Le coach Alchemy fulminait, il ne reconnaissait plus ses joueurs. Mis à part le blitzer vedette, les quelques humains qui restaient sur la pelouse se mouvaient avec difficulté, les visages serrés et tordus de douleur, certains vomissant une bile nauséabonde. Était-ce le ragoût qui avait du mal à passer, personne ne put le dire, mais la Chrissou Team Revival n’était visiblement pas en pleine forme !

Le pire était encore à venir – du moins Alchemy le pensa-t-il – lorsque Dede Westbrook – le receveur humain, se rata lamentablement dans sa tentative de ramassage du ballon, lequel fut botté avec douceur par Tholot l’Ancien tout près de la ligne médiane. Il n’en fallait pas moins au Real Boitar pour amorcer une contre-attaque. La première ligne humaine fut repoussée avec agressivité par les deux hommes-arbres, qui faisaient de nouveau le ménage autour d’eux, et Pugguy se jeta tel un forcené sur le malheureux receveur rival, le sonnant net. Le reste de l’équipe halfeline se rapprocha le mieux qu’elle put, afin de créer une zone de pression autour des rares joueurs humains encore debout.

C’est alors que le coach Alchemy fit la démonstration de son talent, démontrant – si cela était encore nécessaire – que sa réputation était loin d’être usurpée. Constatant les dégâts, mais jugeant parfaitement la situation, il ordonna à son second receveur – Marquise Lee – de tenter une action d’éclat. Au prix de plusieurs esquives, toutes réussies, le receveur se retrouva en face du Pugguy et ramassa le ballon – pourtant rendu très glissant par la pluie – juste sous les pieds de la star halfeline. Le stade hurla de nouveau de bonheur ! Le match était loin d’être plié. Et ce d’autant plus que Marquise Lee profita de l’hébétude de ses adversaires, estomaqués par cette action de grande classe, pour s’éloigner le plus possible en portant la gonfle. Le Real Boitar se jeta naturellement à ses trousses et faillit le cueillir mais, malheureusement, c’est alors que l’impensable se produisit. La vedette du Real Boitar tenta de rattraper le fuyard et était sur le point de se jeter sur lui, lorsqu’il glissa et s’étala la face la première dans la gadoue, sous les railleries et les quolibets d’une foule hilare.

Evidemment, l’occasion faisant le larron, le receveur humain fit parler sa vitesse et s’engouffra très profondément dans la défense halfeline, totalement dépassée. C’était maintenant au coach Duda de pester. Son joueur vedette, la star de l’équipe, engagée au prix d’or, le trahissait au pire moment, et laissait l’équipe désemparée au moment crucial du match. Le sort semblait cruel avec le Real Boitar, tant d’efforts réduits à néant par une seule action ratée – totalement ratée – de la part de Pugguy. La Chrissou Team Revival allait certainement égaliser, alors le coach halfeling dut improviser. Il lui apparut nécessaire de forcer les adversaires de marquer rapidement, sans contrôler la partie, afin que le Real Boitar puisse avoir une dernière occasion, une ultime chance, de gagner la partie. Il ordonna alors à tous ses joueurs de se lancer sur la némésis de la soirée, le fameux blitzer TJ Yeldon, qui fit tant de mal aux halflings en seconde mi-temps. L’attaque réussit et le blitzer fut jeté au sol et piétiné sans ménagement et avec une furie certaine, par de nombreux pieds velus. Craignant pour son joueur, sévèrement amoché, le coach humain ordonna au porteur de la balle de marquer rapidement, afin de faire cesser les velléités halfelines.

Les humains égalisèrent donc alors que la situation semblait désespérée pour eux. Le coach Alchemy riait de tout son soul alors que Duda demeurait impassible sur le bord de la pelouse, les bras croisés et le regard sévère. Il restait une chance, une ultime chance, pour peu que mère nature soit bienveillante, pour peu que les dieux du Blood Bowl regardent son équipe avec affabilité… fallait juste ne pas se foirer, juste ne pas se foirer…

Il ne restait plus que quelques secondes avant le coup de sifflet final. Le ballon fut botté par l’équipe humaine et atterrit dans une flaque d’eau, loin dans le camp du Real Boitar. Eggon Vieuxmoulin s’en saisit alors avec dextérité et avança rapidement vers son coéquipier, idéalement placé près d’un homme-arbre…

***

Les énormes portes de la salle de conférence furent ouvertes par les stadiers aux visages neutres, impeccablement vertus dans leurs tenues d’apparat. Tholot, Eggon et leur coach s’avancèrent vers la lumière et furent immédiatement assaillis par la meute de journalistes, vociférant et hurlant les uns par-dessus les autres. Toutes les caméras de cabalvision furent instantanément braquées sur eux et les flashs des boites à images magiques crépitèrent en les éblouissant. Le Real Boitar venait de gagner son premier match de la Lutèce Cup et soudain, toute la presse et tous les spécialistes se rappelèrent à leurs bons souvenirs. Les questions fusaient frénétiquement : « Que ressentez-vous ? », « Comment avez-vous préparé ce match ? », « Est-ce le retour du Real Boitar ? », « Comment allez-vous fêter cette victoire ? », « C’est quoi cette bouteille de lait ? » – les deux vétérans et leur coach furent assaillis par les journalistes furieux, alors qu’ils plaçaient leurs bras devant leurs visages pour se protéger de la lumière des flashs.

-    Place ! – glapit soudain une voix perchée dans le dos des trois compères. Ils se retournèrent de concert pour voir arriver droit sur eux un Pugguy agacé, rougi de contrariété et se tamponnant le front avec son châle aux motifs alambiqués.
-    C’est Pugguy la star du match ! – reprit le halfling blond en forçant le passage entre un Tholot et un Eggon médusés. – Pas ces ploucs incapables. Ils se poussent les péquenauds et ils laissent parler le spécialiste ! – conclut-il en se plantant droit devant les caméras de cabalvision et en souriant de plus belle. Immédiatement, l’attention des journalistes fut tournée vers lui.
-    Non mais, quel connard, j’te jure ! – souffla Eggon à ses deux amis, ébahi par tant d’arrogance. – J’vais m’le faire.
-    Calme mon vieux. – le réprimanda Duda de manière amicale. – Laissez le parler. Qu’il ait son moment de gloire.
-    Et nous ? – rétorqua Tholot sur un ton de reproche. – Il n’a quand même pas tout fait tout seul ce blaireau, non ?
-    Nous ? On va fêter ça tranquillement, entre nous, sans ce pitre blondinet. – répondit Duda en souriant. – J’vous emmène tous au Lotus Noir ce soir. C’est gonzesses à volonté cette nuit. Et c’est moi qui offre ! – conclut-il alors que les visages des deux halflings s’illuminaient de bonheur…

***

cool


Pourquoi les Nains ont la bière et les Elfes la magie ?
Parce que les Nains ont choisi en premier...

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#56 02-10-2018 17:19:33

Corrupt
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Re: ANNONCE

C'est quoi cette bouteille de lait lol  big_smile

Lorel Bonvin, il assure grave ! 2 touchdowns, le pied dans l'herbe, un futur champion du Real Boitar certainement.

Dernière modification par Corrupt (02-10-2018 17:25:20)

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#57 02-10-2018 20:06:12

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Re: ANNONCE

Brago quelle verve !
J’ai dévoré ça dans les transports en rentrant du boulot.
Du grand art !

Par contre pour les illustrations laisse faire l’expert, demande à Skarlan smile


Personne n'aime les mauvais perdants. Soyez beaux perdants, évitez de gagner ! roll

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#58 09-10-2018 18:36:09

Duda
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Re: ANNONCE

Scarabee a écrit:

Brago quelle verve !
J’ai dévoré ça dans les transports en rentrant du boulot.
Du grand art !

Par contre pour les illustrations laisse faire l’expert, demande à Skarlan smile

Oué, je sais, j'fais ce que j'peux. Mais j'suis pas bon en graphes. Et puis, j'peux pas lutter contre les descriptions tactiques du vainqueur de la Lutèce wink

La suite sinon, en rapport avec le pré-match de la J3 et le scandaleux tirage des commissaires...

POUR JOUER, IL FAUT RAQUER


Attablé paisiblement à son endroit préféré de l’auberge du Crampon Doré, le coach Duda déjeunait d’un porridge aux abricots et à la cannelle, en compagnie de plusieurs de ses joueurs, lesquels, pour leur part, affectionnaient des plats matinaux quelque peu plus fortifiants et bourratifs et faisaient grand honneur au gargantuesque menu préparé de main de maître par le chef cuisinier halfling attitré du Real Boitar,  en dévastant littéralement les grandes assiettes de fricassée de b½uf tiède aux herbes, de terrine de foie gras aux cèpes, d’½ufs pochés au bacon ou encore d’anguilles fumées au citron.

L’ambiance autour de la table était joviale, allègre et plaisante. Malgré leurs mines fatiguées, malgré leurs muscles meurtris, leurs épaules endolories, leurs bleus et leurs contusions en tous genres, les halflings riaient de bon c½ur, s’invectivaient gaiement et répondaient avec humour à telle ou telle pique lancée par un camarade. Ils avaient de quoi fanfaronner ces frêles halflings, car quelques jours auparavant, ils venaient de remporter une mémorable victoire, complètement inattendue et pourtant prodigieuse, face à l’équipe humaine des Chrissou Team Revival. A la surprise générale, ils avaient totalement dominé les débats contre des adversaires pourtant acharnés et menés par un coach d’expérience. Et cependant, ils avaient bel et bien gagné, et avec la manière qui plus est, en marquant un dernier Touchdown d’anthologie.

Le nom de Real Boitar était de nouveau sur toutes les lèvres des supporters et des suiveurs de la Lutèce Cup, et la presse spécialisée faisait ses choux gras sur ce match mémorable. Même si la palme des commentaires revenait, le plus souvent, à la prétentieuse, mais ô combien talentueuse, star engagée pour l’occasion par l’équipe, les autres joueurs tiraient leur épingle du jeu et étaient félicités par l’ensemble des critiques sportifs pour leur bravoure, leur pugnacité et leur ardeur.

Mis à part les halflings et leur coach, l’auberge était vide, l’équipe ayant désormais suffisamment de fonds pour privatiser entièrement l’établissement. La Ligue payait bien, très bien même, les émoluments pour les équipes engagées, et la victoire du Real Boitar avait eu pour avantage, entre autres, d’améliorer leur trésorerie bien plus qu’il n’en fallait.

Soudain, la porte d’entrée s’ouvrit doucement et un individu très singulier entra dans l’auberge. Il s’agissait d’un humain grand et efflanqué, au dos vouté et au crâne dégarni, dont quelques cheveux rabattus sur le dessus tentaient lamentablement de cacher la calvitie. Il portait des binocles rondes, attachées aux oreilles par des fins fils de fer et était vêtu d’une veste de costume rayée gris et anthracite portée sur une chemise impeccablement blanche, et de braies bouffantes s’arrêtant en dessous du genou, soutenus par des bas blancs. Il agrippait des deux mains une imposante sacoche en cuir usé et semblait quelque peu distant, face aux regards interloqués et franchement hostiles que lui lançaient Duda et les halflings.

-    Qui est-ce qui vous a laissé entrer, mon gars ? – aboya le coach par-dessus la table à laquelle il était assis. – Qu’est ce qu’ils foutent Masha et Michka à la porte. C’est pas un moulin ici. On les paye pour quoi faire ?
-    Maître Duda, avant que vous n’invectiviez vos gardes de corps plus en avant, ce en quoi vous avez parfaitement le droit cela dit en passant… - intervint l’étrange individu sur un ton flegmatique. – Sachez que les deux factionnaires à la porte n’ont pas eu d’autre choix que de me laisser passer.
-    Putain, mais t’es qui toi ? – jura Cablen en postillonnant, reposant violemment sa chope et renversant de la bière un peu partout sur la table.
-    A titre parfaitement liminaire, Maître Drupoil, permettez-moi effectivement de me présenter. – répondit le nouvel entrant. Il ouvrit sa besace et en sortit une petite plaque métallique sur laquelle était gravée sa miniature aux côtés du logo, bien visible celui-ci, de la Lutèce Cup.
-    Ursaf C. Carvalas, pour vous servir Messires. – fit l’humain en se courbant roidement et en tendant sa plaquette au coach. – Sous-Inspecteur des Taxes de la Lutèce Cup. Chef du Bureau des Saisies et Recouvrements.
-    Et c’est pourquoi faire, Monsieur l’Inspecteur ? – le questionna Duda, soudain suspicieux, en plissant les yeux.
-    Sous-Inspecteur plus précisément, Maître Duda. Sous-Inspecteur. – répliqua le fonctionnaire impassible. – Je me vois malheureusement contraint de me déplacer chez vous, Messires, afin de bien vouloir vous demander d’avoir l’obligeance de procéder, sur le champ, au versement de l’ensemble des taxes, droits et émoluments dont vous restez débiteurs après des services des impôts de la Ligue.
-    Quoi ! – hurla soudain Lorel, vert de rage. – Quelles taxes ?! On a rien à payer ducon !
-    Calmes toi Lorel. – réagit posément le coach. – Je suis sur qu’il y a mégarde et que ce bon sous-inspecteur et moi nous allons régler rapidement ce qui ressemble à un réel quiproquo…
-    Mon cul oué ! – brailla Lorel malgré le regard froid et courroucé que lui jeta Duda. – La taxe sportive, on la paye juste après le match. Je le sais parfaitement, c’est moi-même qui a ramené l’pognon aux commissaires de la Ligue !
-    Certes, Maître Bonvin, certes. – reprit posément l’humain efflanqué. – Vous avez manifestement réglé avec régularité la taxe sur les événements sportifs.
-    Mais… - intervint Duda, qui sentait un fort malaise poindre, des picotements désagréables lui remontant l’échine.
-    Cependant. – continua l’inspecteur. – Vous n’avez pas réglé à temps l’ensemble des charges annexes, à savoir la TRM, la CECF, l’IFEV, ainsi que, naturellement le DFA…
-    Mais c’est quoi ces conneries ! – jappa un Lorel hystérique, alors que les autres halflings restaient bouches-bée devant cette énonciation. – C’est quoi tout ça merde !
-    Maître Bonvin. – répliqua le fonctionnaire, imperturbable, sur un ton professoral. – La TRM est la taxe sur les résultats des équipes minus. Elle a été instaurée depuis votre dernier passage à la Lutèce Cup. Elle a pour objectif de rémunérer les équipes et les coachs humiliés par une défaite contre une équipe dite « de minus » dans le jargon bloodbowlistique, sans offense aucune naturellement envers les représentants de votre race et des autres races englobées dans cette définition. La CECF, quant à elle, est la Contribution Equivalente aux Charges Funéraires, destinée à faire peser, sur l’équipe s’étant rendue activement coupable d’un décès, l’obligation du versement d’un pécule compensatoire aux familles des joueurs ayant trépassé sur un terrain de la ligue. Si j’en crois le rapport de votre dernier match…
-    C’est bon Ursaf, abrégez. – le coupa sèchement le coach Duda.

Le fonctionnaire enleva ses binocles, les essuya avec un chiffon sorti d’une des poches de son pantalon, puis se massa le coin des yeux. Il reprit sa litanie en remettant les lunettes sur son nez :

-    Veuillez m’excuser pour cette énumération dont le caractère lassant me m’échappe pas, soyez-en gré. Mais je me vois toutefois dans l’obligation de répondre pleinement à Maître Bonvin. A défaut de quoi, l’on pourrait me reprocher un défaut de conseil auprès d’un contributeur agréé de la ligue et ma responsabilité pourrait être engagée pour défaut d’information complète. Afin d’éviter ce désagrément, vous me permettrez, je vous en remercie par avance, de reprendre. Je disais donc, oui, l’IFEV est, comme vous le savez probablement, l’Impôt Forfaitaire sur l’Engagement de Vedettes…
-    Stop ! – beugla Eggon, irrité. – Celui-là, c’est pas à ce blaireau de Pugguy de le verser directement ?
-    Malheureusement, non Maître Vieuxmoulin. – l’humain chauve se tourna vers ce dernier en levant l’index. – Maître Baconbreath est imposé à la CPGM, ou si vous préférez, la Contribution Pondérée sur Gages de Match, qu’il a déjà réglée tout naturellement. L’IFEV doit, quant à elle, être versée à la Lutèce par les équipes elles-mêmes, qui recrutent une star pour leur match, et ce dans les trois jours francs à compter du coup d’envoi, le cachet des services postaux faisant foi. Enfin, le DFA, ou pour parler plus prosaïquement, le Droit Forfaitaire d’Agression, je pense que vous n’avez pas besoin d’une description plus détaillée…
-    Attendez. – fit alors le coach, méfiant. – Nous n’avons pas eu à verser de corruption d’arbitre officielle lors de notre dernière rencontre. Ce droit ne devrait pas nous être appliqué.
-    Je vous que vous versez dans les arcanes fiscaux, Maître Duda. Mais, encore une fois, vous vous trompez. – répondit le fonctionnaire toujours sur le même ton neutre. – Le Droit Forfaitaire d’Agression n’a pas à être versé si effectivement une équipe s’est acquittée de la corruption officielle d’arbitre. Elle verse alors la CPPC, ou la Contribution Proportionnelle Pondérée sur Corruption. Au contraire, le DFA doit être acquitté par toute équipe s’étant rendue coupable d’une ou de plusieurs agressions lors d’une rencontre de la Ligue, sans avoir versé, ce qu’on appelle communément, et vous me pardonnerez l’expression quelque peu triviale, un pot-de-vin…
-    D’accord, d’accord. Cessons ce petit jeu. – riposta Duda quelque peu résigné. – Dites moi machin, ça va nous coûter combien tout ça ?

Le représentant de la Ligue posa alors sa sacoche sur une table et en sortit un boulier ainsi qu’un carnet de notes. Il s’humecta les lèvres, prit un crayon d’une des poches internes de sa veste et commença à compter en marmonnant de par lui-même :

-    Voyons voir, ahem, vous êtes en système déclaratif trimestriel actualisé. Si j’applique la base moyenne imposable, pondérée par les allocations contributives d’activité, à laquelle je soustraits le paiement dégrevé et, bien sûr, la contribution forfaitaire libératoire… J’y ajoute les pénalités de retard…
-    Les quoi ?! – crièrent de concert Duda et ses joueurs. – Quelles pénalités ?! De quoi vous parlez.
-    Maîtres. – répondit posément le fonctionnaire en reposant son crayon et son bloc-notes. – L’ensemble des taxes et contributions annexes doit être versé au plus tard le quatrième jour suivant le match joué. Sauf pour l’IFEV, pour lequel le délai est de trois jours. Or ce délai de quatre jours s’est achevé… - il sortit d’une des poches de sa veste une montre ancienne attachée à une chaînette en or et la regarda fixement. – Il y a de cela une heure, tout juste. Donc, je reprends. Avec les pénalités de retard, ça fait… vingt-mille pièces d’or. – Il porta son regard impavide sur les joueurs du Real Boitar et le coach Duda crut déceler un éclair d’amusement dans les yeux du sous-inspecteur.

Les halflings s’empotèrent violemment, hurlant les uns par-dessus les autres, tapant du poing sur la table et invectivant l’humain, lequel demeurait stoïque et coi face à ce déferlement d’injures et de menaces en tout genre :

-    Factionnaire !
-    Apparatchik !
-    Chacal !
-    Gratte papier !
-    Raclure de bidet !
-    On aura ta peau, binoclard !
-    Calmez-vous les mecs ! – la voix grave et imposante du coach résonna tout à coup plus fort que toutes les autres. – Il n’y est pour rien ce troufion de la ligue. Il est juste venu chercher son dû, ce chacal. C’est contre ces connards de commissaires qu’il faut beugler, et non pas contre leur fiente.
-    Va pas l’laisser fair’, c’connard. – beugla Calben en continuant d’agiter sa chopine, désormais vide. – Va pas s’tirer com’ ça. Vingt mille, non puis quoi encor’ ! Il veut p’tet que j’lui off’ mon derch’ c’blair’-là !
-    Et puis c’est quoi cette taxe sur les minus ! – jappa Tholot, indigné. – C’est totalement discriminatoire ! Elle est où, l’égalité du contribuable face à l’impôt, Monsieur le sous-inspecteur de mes deux !
-    J’vais le défoncer, tout de suite ! – Lorel bondit sur sa chaise en agrippant un couteau à fromage qui trainait sur la table.
-    Ca suffit ! – hurla alors le coach, à l’attention de ses joueurs. – Tout le monde se calme, ok ?! Vous voulez être exclus de la compétition ou quoi, les rase-mottes. Ce blaireau ici présent représente la loi, les minus. La loi toute pourrie, de ces enfoirés de la Ligue, mais la loi quand même. On est piégés, vous comprenez ?! – Puis, il se tourna vers l’humain en disant :
-    Ecoutes moi bouffon, je peux t’appeler bouffon ou Monsieur le Bouffon, comme tu préfères ?
-    Comme il vous sied, Maître Duda. – répondit calmement le fonctionnaire.
-    Très bien, bouffon, alors. – continua le coach, imperturbable, la mâchoire serrée, une colère froide dans les yeux. – On va payer. On n’a pas le choix de toute manière. Mais j’ai bien peur de ne pas pouvoir retenir mes joueurs très longtemps. Sont furax les petits. Tu vois leur état, non ?
-    Je le conçois parfaitement bien, Maître Duda. – répliqua l’humain. – Je tiens malgré tout à signaler que mes supérieurs sont très attachés à ma personne. Il est naturellement d’une importance somme toute minime que cela me réjouisse ou pas, mais si vous atteignez à mon intégrité d’une manière telle que je ne puis exercer mon office…
-    Ho, mais je t’arrête tout de suite, mon mignon. – riposta Duda, un odieux rictus dessiné sur ses lèvres. – Tu pourras l’exercer encore très longtemps, ta sale besogne. On va juste s’amuser ensemble, toi et nous.
-    Si c’est ce que vous désirez. – soupira le sous-inspecteur en enlevant ses binocles. Il reprit, toujours sur le même ton flegmatique en déboutonnant sa veste. – Vous savez, nous autres officiels de la Ligue sommes préparés à ce genre de réactions de la part des équipes inscrites dans la compétition. Nous subissons un entrainement intense, durant lequel notre résistance est mise à l’épreuve. L’objectif étant de nous rendre insensibles à toute douleur, avec l’appui, si cela s’avère nécessaire, d’une magie protectrice, tout naturellement. Je dois avouer, sans fausse modestie, que je suis le meilleur en la matière. En conséquence, tous sévices physiques que vous pourriez m’infliger ne me feront que peu d’effet sur moi, voire pas du tout. Je crains fort que vous ne soyez réellement frustrés par l’effet produit par vos efforts sur ma personne…
-    Ha, mais qui t’a dit qu’on allait te faire du mal ? – l’interrogea Duda. – Il y’a d’autres formes de sévices que la violence. – Il fut heureux de constater que le visage de son interlocuteur se crispa et que la moue qu’il affichait se mua en une grimace d’appréhension.
-    Eggon, Tholot. – gronda le coach à l’attention de ses deux acolytes. – Ramenez la cagnotte. On doit un joli pactole à ce Monsieur. – Puis, alors que les deux intéressés s’éclipsaient, les mines refrognées, il reprit en regardant le fonctionnaire droit dans les yeux. – Vous autres, les gars. Ramenez le goudron et les plumes.
-    Me ridiculiser ne résoudra rien, Maître Duda. – l’inspecteur reprit rapidement son ton impassible, mais une goutte de sueur coulant sur sa tempe trahissait son anxiété.
-    Ouaip. – Conclut le coach et en souriant méchamment. – T’as raison, ça ne résoudra rien. Mais putain, ça me défoulera.

cool


Pourquoi les Nains ont la bière et les Elfes la magie ?
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#59 10-10-2018 10:42:55

lepropre
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Re: ANNONCE

hehehe
Jolie


Je n'ai jamais vraiment perdu un match dans ma carrière, j'ai juste manqué de temps certaines fois.

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#60 10-10-2018 10:47:47

Laerthis
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Re: ANNONCE

AAAAH J'AI TROP DE RETARD ALORS QUE C'EST GENIAAAAL

Faut que je rattrape!!!

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#61 10-10-2018 12:45:23

Budmilka
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Re: ANNONCE

Et dire que si j'avais réussi un simple 3+ rien de tout cela ne serait sorti du cerveau de Duda...


"L'important, c'est de passer l'armure." Pierre de Coubertin (sur une aggro à 7 soutiens)

"Je ne perd jamais : soit je gagne, soit je chatte." Nelson Mandela (joueur sylvain/skaven)

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#62 12-10-2018 00:03:14

Crouch
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Re: ANNONCE

Je viens de refaire mon retard ! Au top smile
La partie sur les taxes est génialissime ! Et bravo pour ta victoire smile

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#63 12-10-2018 15:57:48

Duda
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Re: ANNONCE

Merci merci merci à tous wink

La suite bientôt, promis, mais faut que ça attende un peu, j'suis en retard dans le boulot...


Pourquoi les Nains ont la bière et les Elfes la magie ?
Parce que les Nains ont choisi en premier...

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#64 24-10-2018 12:11:22

Laerthis
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Re: ANNONCE

J'ai rattrapé la J2!!!
C'etait trop bien.

Hâte de lire la J3, parce que son intro ne va pas me tenir longtemps.

Edit : LA SUIIIIITE LA SUIIIIITE yikes big_smile

Dernière modification par Laerthis (24-10-2018 13:49:19)

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#65 29-10-2018 18:02:54

Duda
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Re: ANNONCE

La suite, comme promis.

Toujours très heureux que ça vous plaise.

Voici donc le compte-rendu du match contre Dritzz, ponctué surtout par une action de folie, un truc de fou, de la part d'un de ses joueurs. Je vous laisse découvrir wink

Et soudain, le Minotaure esquiva…

Il existe parfois des moments étonnants, des situations incroyables, des circonstances extraordinaires qui vous font vous questionner sur le sens de la vie, sur la marche de l’univers, sur le pourquoi du comment de tout ça… Qui vous font dépassionner tous les petits drames du quotidien et qui vous font dire que tout ça ne vaut vraiment pas la peine d’être vécu avec trop d’ardeur et d’émotions…

C’est précisément ce qui arriva à l’équipe du Real Boitar lors de la troisième journée de la mémorable et célèbre Lutèce Cup, alors qu’elle rencontrait les fougueux joueurs de la Pact of Death Squad menés par l’inévitable et le non moins fougueux Dritzz, grand et sulfureux vétéran des pelouses du Vieux Monde.


***

La journée du match avait pourtant parfaitement commencé pour les halflings et leur entraineur. Frais et reposés, ils goutaient au calme relativement paisible qui précède toute rencontre de Blood Bowl, en se reposant douillettement dans le grand salon privé de leur auberge préférée. Ils jouissaient de tout le confort dont profitaient les équipes inscrites à la compétition : boissons revigorantes, mets succulents et massages et soins en tous genres prodigués par les mains habiles et gracieuses de quelques expertes agréées par la Ligue… bref, rien ne pouvait entamer le caractère plaisant de l’atmosphère ni l’état d’esprit vaillant et confiant des joueurs du Real Boitar.

Non, vraiment rien. En réalité, tout se passait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Tous les gars étaient prêts pour cette nouvelle rencontre, les blessés s’étant remis sur pied, et tout le monde voulait en découdre sur la pelouse. Les caisses de l’équipe étaient pleines, le coach respirait le bonheur – ce qui était chose rare, très rare même. La tactique était désormais bien comprise par les joueurs et les sollicitations diverses et variées de la presse et des fans rajoutaient à l’excellente ambiance. Même l’équipe adverse – de solides gaillards pourtant, menés une nouvelle fois par un coach d’expérience, et accompagnés de pas moins de trois énormes bêtes, de véritables monstres ambulants – ne faisait pas trop craindre les halflings, qui pouvaient pour une fois compter sur leur agilité face à la force brute – seul argument qui pouvait apparemment leur être imposé par leurs adversaires d’un soir.

-    C’est prêt ! – hurla une voix haut perchée en provenance des cuisines, alors que les halflings et leur entraineur discutaient du schéma tactique à mettre en place le soir, en sirotant un cognac sirupeux et fumant, pour certains, de l’herbe à pipe récemment arrivée tout droit du Mootland, en récompense de leur première victoire lors de la journée précédente.
-    Qu’est ce qui est prêt, bordel ? – répondit le coach Duda en tournant la tête, visiblement courroucé qu’on vienne lui couper la parole alors qu’il tentait vainement d’expliquer un détail technique essentiel, de son point de vue.  – Mirfu, vas voir ce qu’il nous veut l’autre con aux cuisines, tu veux bien ?

Mirfu sembla se refrogner, mais se leva néanmoins et s’apprêtait à se diriger vers la porte quand la voix hurla de nouveau :

-    C’est prêt ! Fini ! Vous pouvez venir voir !
-    Non mais tu te fous de nous ! – beugla le coach, en retour. – Pour qui tu te prends ! Ramène ton gros cul poilu et expliques toi, avant que j’me lève !

Les halflings entendirent alors des soupirs et des borborygmes incompréhensibles en provenance des cuisines, puis la masse corpulente de leur chef cuistot émergea avec difficulté par la porte battante. Roël Jobuchon s’essuyait les mains dans un torchon usé et affichait une moue boudeuse lorsqu’il s’avança au milieu du salon et déclara d’une voix monocorde et distante :

-    J’ai fait comme il plaisait à ces Messieurs, parfaitement suivi les consignes. J’y ai mis toute ma science et usé de mes secrets culinaires. Et même si ça me fond le c½ur de dire ça…
-    Abrège mon vieux. – le coupa le coach Duda.
-    Bref, j’ai fait d’la merde.
-    Et bé voilà ! – s’exclama alors l’humain taciturne. – Tu vois, quand tu veux.
-    C’est au-delà de mes forces, vraiment… - sembla se plaindre Roël.
-    Oh le pauvre petit chou. C’est dur pour son c½ur de cuisinier. C’est contraire à ses principes. C’est immoral, pervers, blasphématoire pour sa caste de toqués… Mais c’est pour ça qu’on te paye mon gros ! Et plus que bien ! Bref, allons voir ce que notre cher Chef nous a préparé. – lança le coach aux joueurs, avec entrain.

Arrivés dans les cuisines, ils purent constater que cuisaient sur le feu deux énormes marmites, dont les couvercles sautillaient doucement sous l’effet de la vapeur. L’odeur était pour le moins étrange. Si des senteurs agréables et des arômes de viande et de légumes se dégageaient, elles étaient en grande partie obstruées par des effluves fétides de fiente et de gras faisandé mélangés. Les joueurs et le coach froncèrent leurs nez de dégoût, certains eurent des brusques hauts de c½ur.

-    Putain, ça daub’. – s’exclama puissamment Calben, avec son accent guttural si caractéristique. – C’est quoi c’te merd’ b’rdel ?!
-    Ah non ! Vous n’allez pas me la faire ! J’ai fait comme vous l’aviez demandé, et ce en violant tous mes principes moraux et déontologiques de chef cuisinier. – s’opposa un Roël outré.
-    Calme-toi. – reprit calmement le coach. – C’est bien ce qu’on voulait. Explique-toi.
-    Y’a rien à expliquer. – le cuisinier tourna son regard offusqué vers Duda. – Un ragout d’agneau de lait à la sauce au miel, cuit avec des jeunes pousses de carottes, de la courgette tiléenne et petits oignons.
-    Et dans l’autre marmite ? – l’interrogea Tholot intrigué.
-    La même chose. – répondit Roël sans entrain. – Mais avec pas moins d’une livre de saindoux tout pourri que vous m’avez ramené, mélangée avec un peu de fange des égouts. Je vous préviens de suite. C’est la première et la dernière fois que vous me faites descendre dans cet endroit infect et puant, infesté de rats et de je ne sais quoi d’autre…
-    On verra, on verra. – le coupa le coach en s’approchant des deux marmites. – Au fait, Roël, dis-moi mon brave petit, comment qu’on va faire pour reconnaitre celle à donner aux connards d’en face ? C’est les mêmes marmites. Parfaitement identiques…
-    Mais… - le cuisinier jeta à Duda un regard ébahi. – A l’odeur bien sûr, à l’odeur !
-    Bien sûr... à l’odeur… – répondit le coach quelque peu dubitatif.

***

-    Coach, j’sens que j’vais pas y arriver. J’me sens pas bien en fait. – grimaça au bord de la pelouse un Tholot blafard alors que s’achevait la première mi-temps du match entre le Real Boitar et la Pact of Death Squad.

La rencontre, menée tambour battant par les deux équipes, remplissait toutes ses promesses. Ce soir, les protagonistes avaient visiblement mis du c½ur à l’ouvrage et firent plaisir à leurs nombreux supporters. L’ambiance était excellente, les chants, les hurlements, les invectives et les filets de bière fusaient de tous les côtés des gradins, au moins autant que les cris de rage, les râles et le sang au niveau de la pelouse.

Duda et son équipe étaient venus manifestement confiants, et la première mi-temps leur donnait quelque peu raison, même si tout ne se passait pas exactement comme ils l’avaient souhaité. Le Real Boitar était venu accompagné – comme c’était de coutume désormais – du célèbre chef cuisinier Roël Jobuchon, spécialiste agréé par la ligue et préparateur de fameux repas revigorants pour les athlètes des deux équipes.

Mais Duda avait souhaité faire les choses en grand ce soir, et il avait pioché dans la trésorerie du club pour acquérir auprès des superviseurs de la Ligue et de l’arbitre du soir, une corruption officielle qu’il pensait pouvoir utiliser. Cette précaution, annonciatrice de violence gratuite, fut signifiée en grande pompe par la Ligue et reprise dans de nombreux journaux sportifs. Elle ne manqua pas d’attirer au stade une foule de curieux, venus assouvir leurs plus vils instincts, étancher leur soif perverse de sang et rassasier leurs vices les plus bas de voyeurs immoraux.

L’affiche promettait des tripes et de la bidoche en l’air, ainsi que des giclées de sang, et visiblement, promesse était tenue !

En effet, alors que la Pact of Death Squad entamait le match dans la plus pure tradition des équipes de récoltants chaotiques – en distribuant les châtaignes, marrons et autres poires de tous côtés – les joueurs du Real Boitar tentaient, avant tout, d’échapper aux poings adverses et cherchaient surtout à mettre au moins un adversaire au sol – et ce sans s’occuper du ballon !

C’est la raison pour laquelle la cage chaotique progressait, lentement mais surement, vers l’en-but halfling, le ballon situé bien à l’abri dans les mains de Mortis Mortimer – l’elfe noir renégat de la Pact of Death Squad. L’avancée était impressionnante, le porteur du cuir étant cerné sur chaque flanc par les imposantes masses du troll et de l’ogre de l’équipe chaotique. A l’avant, Guerre le Minotaure chargeait à tout-va, les cornes en avant, dans les rangs halflings qui se clairsemaient de plus en plus.

https://nsa39.casimages.com/img/2018/10/29/181029055916407413.jpg

L’avancée ne fut stoppée qu’une fois, lorsque Waldi Belleplume, en dépit de tout bon sens et faisant preuve d’un courage pathologiquement téméraire, contourna le flanc gauche de la cage chaotique – échappant aux mains griffues du troll – et vint percuter violemment par l’arrière l’elfe noir renégat. Sous la violence du choc, totalement impromptu, les deux joueurs finirent sonnés sur la pelouse, et la balle rebondit aux pieds du troll du chaos, lequel regarda benoitement ce bout de cuir choir devant lui, ne sachant manifestement pas ce qu’il devait en faire.

Ce petit interlude dans l’avancée chaotique fut mis à profit par les halflings qui, voyant leurs adversaires quelque peu désarçonnés par cette action d’éclat de Waldi, réussirent à jeter bas un de leurs rivaux. Lorel Bonvin entra alors en action et tout à coup, un bruit horrible de cartilages et d’os broyés se fit entendre alors que la rotule et le ménisque du maraudeur cédaient sous les crampons de l’halfling vicieux. La foule poussa un hurlement de bonheur pervers, alors que le pauvre blessé finissait évacué par le service infirmier du stade. Naturellement, l’arbitre de la rencontre vit l’énorme attentat perpétré par Lorel et tenta de l’expulser de la pelouse. Mais d’un geste, le coach Duda fit comprendre aux représentants de la Ligue que ceux-ci devaient obliger l’homme en noir de revenir sur sa décision – ce qu’il fit au grand dam du coach Dritzz, qui fulminait de l’autre côté de la pelouse et pestait contre un arbitrage totalement partial de la part du corps arbitral.

Il n’en demeure pas moins que ce court laps de temps ne fut que d’un répit relativement bref pour le Real Boitar, dans la mesure où la Pact of Death Squad récupéra assez aisément la balle, laquelle finit de nouveau dans les bras de Mortis Mortimer, dès que ce dernier se remit se ses émotions. La progression de l’équipe chaotique reprit, sans pouvoir être stoppé par le Real Boitar, de plus en plus de halflings finissant sonnés ou perdant connaissance sous les coups de butoir d’un Minotaure véritablement enragé ce soir.

L’inévitable se produisit en fin de première période, l’elfe noir renégat pénétrant tout doucement, de manière très provocante même, dans l’en-but adverse. Ce manque de tact et de fair play de la part du joueur star de la Pact of Death Squad fit enrager les supporters du Real Boitar, lesquels, hurlants de colère et l’écume aux lèvres, tentèrent de pénétrer sur la pelouse pour en découdre avec les maraudeurs du coach Dritzz. Même s’ils furent repoussés par le service de sécurité du stade, la rencontre fut interrompue pendant plusieurs longues minutes. Duda profita de l’occasion et lança en direction de ses joueurs :

-    J’crois qu’il est temps de ramener les marmites de Roël. Et pas d’entourloupes, vous gourrez pas de récipient !

Ainsi, alors que les stadiers repoussaient les supporters courroucés et que l’arbitre patientait que la foule se clame un tant soit peu, les deux équipes se restauraient sur le bord de la pelouse, en se goinfrant du fameux ragoût préparé par le cuisinier vedette Roël Jobuchon. Celui-ci souriait mielleusement en direction du coach Duda, lequel demeurait impassible et concentré. Il restait en effet quelques minutes pour que le Real Boitar tente d’égaliser avant la mi-temps, et la chose était rendue plus aisée par l’émeute provoquée par les supporters enragés, l’arbitre ayant décidé de remonter l’horloge, afin de compenser le temps ainsi perdu.

-    Tholot, tu rentres, tu choppes la balle et après, tu sais ce qu’il te reste à faire. Cendrechêne ou Grisfrêne sont prêts à t’envoyer en l’air. – énonça posément le coach.

C’est précisément à ce moment-là que Tholot prononça la fâcheuse phrase : – Coach, j’crois que j’vais pas y arriver. J’me sens pas bien en fait…. – Duda tourna lentement son visage vers le banc où ses joueurs finissaient le ragoût. Il plussa les yeux avec suspicion.

-    Qu’est ce que tu me racontes là mon gars ? – le questionna-il, méfiant.
-    J’commence à avoir mal au bide. – riposta Tholot.
-    Moi aussi en fait. – intervint un Eggon blafard.
-    Moi aussi… - précisa un autre halfling sur le même ton.
-    Et moi.
-    Et moi.
-    Coach, j’sans que j’vais…
-    Oh merde ! – hurla ce dernier en se jetant instinctivement vers la marmite. Il souleva le couvercle, huma les restes répandus au fond du récipient, eut un haut-de-c½ur et pesta de toutes ses forces :
-    Putain ! Vous vous êtes gourrés de marmites bande de cons !

***

Ce qui devait arriver arriva. L’improbable se produisit effectivement, les halflings ayant de toute évidence consommé la préparation devant être proposée aux joueurs adverses. Ils restaient au sol, les ventres à l’air, ballonnés et livides.

-    Mais merde les gars ! – hurlait un Duda consterné. – Vous l’faites exprès ou quoi ? Vous ne sentiez pas que vous bouffiez un truc dégueulasse ?!
-    Moi, j’ai rien senti en vrai. – répondit Eggon en bredouillant.
-    C’était même plutôt bon, en réalité. – riposta Lorel. – L’cuistot a du y fout’ un truc pour cacher l’odeur…
-    Je t’en foutrais de l’odeur ! – pestait leur coach. – J’vais me le faire ce blaireau de Roël, il avait qu’à mettre deux marmites différentes ce bouffon !
-    J’crois que c’est interdit. – intervint calmement Tholot, malgré les hauts de c½ur qui lui soulevaient l’estomac. – Les règles de la ligue stipulent que par respect pour l’égalité entre les deux équipes…
-    J’en ai rien à foutre des règles ! – hurla de rage leur coach. – Vous avez bouffé d’la merde les gars ! Vous allez tout me dégobiller et plus vite que ça !
-    On n’y arrivera pas. – riposta un Tholot désolé. – J’crois qu’il faut qu’on retourne sur la pelouse…

Dans les faits, l’arbitre venait de sonner la reprise du match, et c’est une équipe halfline chancelante qui revint sur le terrain, en trainant les pieds, les mains tremblantes, alors que de l’autre côté de la pelouse, le coach Dritzz souriait à pleines dents.

-    Ils vont bien tes p’tits joueurs ! – il invectiva son adversaire du soir. – Ca va ? Le repas est bien passé ?
-    Vas-y, marres toi enflure. – lui répondit Duda la mâchoire serrée, mais il n’en menait pas large au vu de l’état de ses joueurs.

Ses craintes s’avérèrent toutefois vraies, dans la mesure où le schéma tactique mis en place pour la fin de la première période rata en tous points. En effet, bien que Tholot réussit, tant bien que mal, à remonter la balle vers les deux hommes-arbres au milieu du terrain, soit il s’avéra trop lourd, soit ses flatulences importunèrent Grisfrêne d’une manière telle que l’envol du halfling rata lamentablement. Tholot atterrit trop près et bien qu’il put se maintenir debout, il ne réussit pas à atteindre la ligne d’en-but adverse avant que l’arbitre ne siffle la fin du temps réglementaire. La mi-temps finit par un score à l’avantage de la Pact of Death Squad.

La seconde partie du match reprit comme finit la première, à savoir par une émeute venue droit des gradins – les supporters du Real Boitar ne pouvant manifestement pas accepter le fait que l’arbitre ait arrêté la partie alors que leur joueur filait vers le en-but de l’équipe chaotique. En représailles toutefois, l’homme en noir n’arrêta pas le chronomètre du stade, de telle manière que les deux équipes perdirent un temps de jeu précieux avant de pouvoir entamer les hostilités. Naturellement, cet état de fait n’était pas du goût du coach Duda, qui pestait dans sa zone technique. La situation s’envenimait d’autant plus que Tholot – tremblotant de plus en plus sous l’effet du ragout qu’il venait de consommer – ne réussit pas à se saisir du ballon plusieurs fois de suite.

Voyant l’état dans lequel se trouvaient les halflings, et analysant parfaitement la situation, Dritzz envoya plusieurs de ses joueurs profondément dans la moitié de terrain du Real Boitar, afin de presser intensément un Tholot maladroit. Heureusement pour les halflings, un joueur se démarquait sur la pelouse. Cendrechêne Boisnoir faisait en effet parler ses branches noueuses et démontrait une puissance de frappe incroyable, et blessant en quelques minutes pas moins de trois joueurs adverses – et non des moindres dans la mesure où il envoya valdinguer tant l’ogre que le troll du chaos de la Pact of Death Squad. Les rangs chaotiques se clairsemaient à une vitesse étonnante, car, encouragés par les exploits de leur homme-arbre, les halflings se jetèrent avec frénésie sur leurs adversaires et firent perdre connaissance à plusieurs d’entre eux.

En quelques minutes, la fosse des blessés de la Pact of Death Squad se remplit dangereusement et Dritzz dut constater avec effarement que ne demeuraient sur la pelouse que trois de ses joueurs.

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Le scénario du match était invraisemblable, alors que les halflings ne mouvaient sur la pelouse avec difficultés, ils pressaient et agressaient leurs adversaires à tout bout de champ. Malheureusement pour eux, la progression de la balle demeurait très lente, Tholot faisant preuve, une nouvelle fois, d’une habilité et d’une dextérité toute relatives. Il réussit toutefois à atteindre le milieu du terrain, la balle dans les mains et tenta de se mettre à couvert, protégé des deux côtés par les imposants hommes-arbres.

C’est alors que l’incroyable se produisit.

Soudain, le Minotaure esquiva…

Le coach Duda en resta coi, les spectateurs demeurèrent ébahis, le commentateur de la Cabalvision perdit sa voix, le vent cessa, la nature se figea, et au loin, une femme hurla. Guerre le Minotaure, pourtant aux prises avec deux adversaires aux pieds velus, fit volte-face dans une pirouette digne des plus grands danseurs de guerre sylvestres, il échappa aux mains dodues de Calben voulant lui agripper les cornes, il sauta par-dessus le croche pied que tenta de lui asséner Marcelin, et esquiva…

Il faillit choir pourtant, il perdit l’équilibre, plongea la tête la première vers la pelouse, mais – au grand dam du coach Duda – il se rattrapa au tout dernier moment, les sabots solidement plantés dans le sol, et se rua avec férocité vers un Tholot estomaqué. Guerre le Minotaure percuta avec violence le halfling porteur du ballon dans un même geste fluide et se retrouva au milieu d’une armée de semi-hommes médusés par cette action de folie !

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Duda pestait sur le bord de la pelouse. Il ne restait plus que trois adversaires. Trois, pas un de plus, alors que son équipe était au grand complet, et ils n’arrivaient pas à progresser malgré cette nette supériorité numérique. Pire ! Voilà que le Minotaure adverse, ce couillon, se prenait pour un satané elfe et venait annihiler une action pourtant facile pour le Real Boitar.

Et l’horloge continuait à tourner…

Les halflings devaient se dépêcher donc de remonter la balle, mais il leur fut, une nouvelle fois, difficile de se saisir du cuir. La situation aurait pu être désastreuse, dans la mesure où Mortis Mortimer – l’elfe noir renégat de la Pact of Death Squad, tenta de profiter de la situation confuse pour se saisir du ballon posé au sol près des sabots de Guerre le Minotaure. Par chance, il rata son coup et les haflings réussirent à le repousser et à ramasser la gonfle. Mais le temps leur était désormais compté et seul un vol plané d’un semi-homme pouvait leur permettre d’égaliser.

La balle fut transmise à Tholot qui, étonnement, réussit à s’en saisir. Mais, une nouvelle fois, son envol rata. Trop lourd, trop ballonné et pas assez agile, le capitaine du Real Boitar fut projeté avec pas assez d’énérgie par Grisfrêne et plana sur une distance trop courte. Il finit par atterrir d’une manière peu grâcieuse et s’étala au sol le visage dans la boue, faisant tomber le ballon. Consterné, le coach Duda se couvrit le visage avec ses mains. Il se demandait comment cela avait pu arriver, qui devait-il tenir pour responsable de cette débâcle, sur qui vider ses nerfs. Le cuistot ? – il avait pourtant fait son travail, pour une fois. Ses joueurs ? – ils avaient pourtant suivi ses consignes à la lettre. Les adversaires ? – pour une fois ils n’étaient pou rien. Lui-même ? – pourtant il ne pouvait pas tout vérifier tout seul.

Peut-être tout le monde à la fois. Probablement. Quoi qu’il en soit, à trois contre onze, la Pact of Death Squad réussit à tenir le score et repoussa l’attaque halfeline, grâce à l’action splendide de Guerre le Minotaure. C’était improbable, incroyable, inimaginable. Mais cela se produisit réellement. S’agissait-il, déjà, de l’action de l’année à la Lutèce Cup ? Voir un Minotaure esquiver, s’échapper à la surveillance de deux adversaires, fussent-ils halfings, pour venir percuter le porteur du ballon pourtant protégé par ses coéquipiers, était irréel, abracadabrantesque, inouï, et pourtant…

Il ne restait plus qu’à constater les dégâts. Alors que les halflings tombaient à genoux, éreintés et pris de spasmes, vomissant bile et boyaux sur la pelouse, Dritzz et ses trois héros d’un soir hurlaient leur bonheur et leur rage devant un public médusé et en délire.

La Pact of Death Squad venait de remporter une victoire importante, une victoire acquise dans le sang et la douleur, et qui leur permettait surtout de passer en silence le fait qu’ils ont été dominés physiquement par une équipe halfeline – ce qui, pour des joueurs chaotiques – était plus qu’insultant.

Dritzz s’approcha de son collègue de métier et adversaire du soir en tendant la main et en souriant cyniquement.

-    Sans rancune Duda, hein. Beau match. Vous avez bien joué.
-    Arrête tes palabres Dritzz. – lui répondit un Duda consterné, en lui serrant la main.
-    T’as raison mec. S’en est fallu de peu. Au fait, merci pour ce super repas, les gars étaient ravis ! – dit-il avec effronterie et ironie.

Le coach Duda lui jeta un regard en biais et retroussa les lèvres de dépit.

-    Roëëël ! – hurla-t-il en direction de son chef cuisinier. – Viens voir par-là ducon !

cool

Dernière modification par Duda (29-10-2018 18:10:16)


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#66 29-10-2018 18:09:12

bosk
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Inguiz titi

Re: ANNONCE

Vivement ton CR de la J11 big_smile


Champion du Monde de Diplomatie.
Mais ici on ne joue pas à Diplomatie.
Donc je suis champion du monde NAF de la baffe eddie

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#67 29-10-2018 18:21:34

Laerthis
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Re: ANNONCE

Génial.
Je me suis marré tout seul dans le train en te lisant.

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#68 29-10-2018 21:02:54

cosius
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Re: ANNONCE

Esquive du mino ? Dritzz inside, what else big_smile big_smile big_smile


Cette année, j'arrête de jouer aux dés, je commence à jouer à Blood Bowl... ou pas !

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#69 29-10-2018 22:12:23

Skarlan
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Re: ANNONCE

Passer à si peu d un match nul...
Dur dur quand on croit y être...avec l adversaire à terre et en sous nombre... et en fait non...


"La chance c'est pour les débutants"
"Maudit un jour, maudit toujours"
"La maturité de l'homme est d'avoir retrouvé le sérieux qu'on avait au jeu quand on était enfant." Alain Damasio

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#70 30-10-2018 06:52:38

Aredhel
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Re: ANNONCE

en meme temps.. l'esquive du mino il avait plus que ca a faire... c'est moins panache que si il avait encore 11 joueurs et qu'il voulait humilier l'adversaire, là il sort ce qu'il peut pour eviter lui même de se faire humilier....
mais moi je retient surtout que Duda a forcé dritzz a faire cette esquive... et ca c'est Fort !!!


Le Genie (maléfique) de l'internationalement reconnue team "Les Experts Lutèce".

Sgt Taliesin : Après un match comme ça tu peux me tirer tout ce que tu veux mon grand mrgreen
vivement le tirage de la prochaine saison !!!!!

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#71 30-10-2018 07:10:00

lepropre
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Re: ANNONCE

A moins que Dritzz ait volontairement exposé ses joueurs pour les voir sortir un par un afin de pouvoir humilier Duda en faisant une esquive de mini à la fin.
Hum machiavélique.


Je n'ai jamais vraiment perdu un match dans ma carrière, j'ai juste manqué de temps certaines fois.

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#72 30-10-2018 08:47:13

Ankha
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Re: ANNONCE

Il suit le mouvement initié par mon bloqueur orc qui blitze une cage elfe en rentrant dedans sur un 6+. Comme je l'ai toujours dit à mes joueurs : "Quand tout va mal, faites n'importe quoi !"

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#73 30-10-2018 10:03:46

Duda
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Real BoitarDEATHCLAWS

Re: ANNONCE

Le pire dans tout ça les gars, c'est que Dritzz a quand même eu besoin d'une RR pour réussir son action de folie.
C'était sa dernière Reroll... alors que je ne lui ai piqué aucune avec le cuistot en 2e mi-temps.
C'était juste pas mon soir, mais ce soir, ce soir les amis... ! big_smile


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#74 30-10-2018 10:39:27

Skarlan
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La hordeMalevolent Raveners

Re: ANNONCE

Ce soit je te souhaite de laisser une empreinte durable sur le casque des joueurs de Bulot afin d'enfoncer profondément le souvenir de cette rencontre dans leur crâne smile


"La chance c'est pour les débutants"
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#75 30-10-2018 10:54:27

Laerthis
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Re: ANNONCE

Moi j'ai peur pour les Halfs de Duda...
Ca risque de sortir vite à coups de frénétique block/châtaigne quand même!

Même pour les HA, c'est dangereux...

Dernière modification par Laerthis (30-10-2018 10:55:22)

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