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Lutèce Cup

Le Blood Bowl à la sauvage !!!

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#76 30-10-2018 11:07:14

Duda
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Re: ANNONCE

On va dire que c'est le match le plus compliqué jusque là wink
Soit je m'en sors au vice, soit ça va être un massacre.
L'objectif reste de lui laisser juste un blitz par tour seulement.
Mais les plans et moi...  big_smile


Pourquoi les Nains ont la bière et les Elfes la magie ?
Parce que les Nains ont choisi en premier...

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#77 30-10-2018 11:12:57

lepropre
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Re: ANNONCE

Le plus simple c'est de lui virer toute son équipe.
Comme ça il n'aura même plus son blitz par tour.
Maintenant comment y arriver ?
LA CHATTE BIEN SUR !


Je n'ai jamais vraiment perdu un match dans ma carrière, j'ai juste manqué de temps certaines fois.

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#78 30-10-2018 11:16:17

Skarlan
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Re: ANNONCE

Duda a écrit:

On va dire que c'est le match le plus compliqué jusque là wink
Soit je m'en sors au vice, soit ça va être un massacre.
L'objectif reste de lui laisser juste un blitz par tour seulement.
Mais les plans et moi...  big_smile

j'imagine tout à fait, car j'y passe juste après...big_smile


"La chance c'est pour les débutants"
"Maudit un jour, maudit toujours"
"La maturité de l'homme est d'avoir retrouvé le sérieux qu'on avait au jeu quand on était enfant." Alain Damasio

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#79 30-10-2018 11:16:27

Laerthis
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Re: ANNONCE

En tout cas, tu donnes vraiment envie de jouer Halflings.

Et ça, c'est super.
Je risque de me laisser tenter.

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#80 30-10-2018 11:35:28

Ankha
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Re: ANNONCE

Laerthis a écrit:

En tout cas, tu donnes vraiment envie de jouer Halflings.

Ce gros vicieux de Duda prépare la ligue de l'année prochaine en pondant des CR enjolivés, et vous rentrez dans son jeu?

Dernière modification par Ankha (30-10-2018 11:35:39)

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#81 30-10-2018 11:58:43

Laerthis
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Re: ANNONCE

Non, j'ai toujours eu un penchant pour les mal-aimés/trucs pas optis/trucs débiles.

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#82 30-10-2018 12:38:25

Aredhel
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Re: ANNONCE

Laerthis a écrit:

Non, j'ai toujours eu un penchant pour les mal-aimés/trucs pas optis/trucs débiles.

joue une equipe de laerthis  / lepropre big_smile


Le Genie (maléfique) de l'internationalement reconnue team "Les Experts Lutèce".

Sgt Taliesin : Après un match comme ça tu peux me tirer tout ce que tu veux mon grand mrgreen
vivement le tirage de la prochaine saison !!!!!

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#83 30-10-2018 13:25:09

Laerthis
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Re: ANNONCE

On cherchait d'ailleurs un Big Guy Cerveau Lent.
T'es pris!

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#84 30-10-2018 21:20:57

Aredhel
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Re: ANNONCE

non... moi j'ai animal sauvage ET gros débile....


Le Genie (maléfique) de l'internationalement reconnue team "Les Experts Lutèce".

Sgt Taliesin : Après un match comme ça tu peux me tirer tout ce que tu veux mon grand mrgreen
vivement le tirage de la prochaine saison !!!!!

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#85 30-10-2018 22:56:43

bosk
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Inguiz titi

Re: ANNONCE

Y un joueur qui est pas passé loin de se faire nicaper ce soir big_smile


Champion du Monde de Diplomatie.
Mais ici on ne joue pas à Diplomatie.
Donc je suis champion du monde NAF de la baffe eddie

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#86 31-10-2018 10:02:53

Duda
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Re: ANNONCE

Juste un p'tit teasing :

https://nsa39.casimages.com/img/2018/10/31/181031100208381208.jpg

wink


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#87 31-10-2018 10:09:03

lepropre
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Re: ANNONCE

Classe !


Je n'ai jamais vraiment perdu un match dans ma carrière, j'ai juste manqué de temps certaines fois.

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#88 31-10-2018 10:09:04

Skarlan
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Re: ANNONCE

C est bon ça! Qui a dit que le Blood bowl ne se jouer pas avec les pieds? J espère que c est pas une fake news... ça m étonnerait pas d un coach aussi retors smile
J aime bien aussi le "tas" dans la fosse à blessés...

Dernière modification par Skarlan (31-10-2018 10:23:37)


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#89 31-10-2018 10:13:47

Laerthis
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Re: ANNONCE

MAGNIFIQUE

DUDA, EPOUSE MOI.

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#90 31-10-2018 10:58:31

bulot
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Re: ANNONCE

C est le problème de jouer a 11 avec des solitaires et des armures 7..... Tu vois de quoi je parle skarlan 😁

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#91 31-10-2018 11:07:27

lepropre
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Re: ANNONCE

Un Nordique ne vaut-il pas 2 halflings ?
Tout le monde est OK pour dire que oui.

Tu n'étais donc pas à 11 avec 3 solitaires mais à 22 avec 6 solitaires.
Franchement avec un tel banc que s'est-il passé ?

Je suis certain qu'on a encore à faire à un gars incapable de protéger sa LOS. mrgreen


Je n'ai jamais vraiment perdu un match dans ma carrière, j'ai juste manqué de temps certaines fois.

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#92 31-10-2018 11:13:16

Laerthis
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Re: ANNONCE

Et en plus avec une châtaigne!!!
Non, vraiment Bulot, c'est scandaleux!!!

AU moins, tu n'as pas perdu ^^

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#93 31-10-2018 11:19:45

bulot
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Re: ANNONCE

Oui mais pour que la châtaigne fonctionne il faut encore les faires tomber c petite bête ....
Puis un nul contre des half ça laisse quand même un arrière goût de défaite, sans bien sûr enlever quoi que se soit au coach d en face 😁

D ailleurs encore un grand merci pour ce match je me suis vraiment beaucoup amusé 😁

Dernière modification par bulot (31-10-2018 11:21:20)

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#94 31-10-2018 11:23:40

Skarlan
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Re: ANNONCE

Je vois tout à fait ce dont tu parles Bulot smile
Même si au final, tu t'en sors pas si mal!
et je vais essayer de te faire progresser dans le classement Hansablast pour t'assurer une palme d'or en fin de saison! wink
Lorel Bonvin va peut être permettre à Duda de lutter pour le prix Crampon d'or face à Poire abricot et ses ogres au nom imprononçable.

cool, un châtaigne de moins contre moi! Merci Duda! Je t'offre une bière la prochaine fois qu'on se voit comme convenu wink

Oui mais pour que la châtaigne fonctionne il faut encore les faires tomber c petite bête ....

un peu comme le piétinement d'ailleurs wink

Dernière modification par Skarlan (31-10-2018 11:26:23)


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#95 31-10-2018 11:39:22

Duda
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Re: ANNONCE

cool, un châtaigne de moins contre moi! Merci Duda! Je t'offre une bière la prochaine fois qu'on se voit comme convenu wink

Mais de rien, c'était un plaisir de le faire wink
Par contre, ce sera eau gazeuse pour moi, hein big_smile

Y'a quelques petites erreurs sur la FDM côté Bulot, rien de grave, mais son n°9 est en réalité malencontreusement décédé...

Par contre, son coureur, impossible à rattraper c'te bête là. Une future star de la Ligue en force (sauf si quelqu'un s'en occupe naturellement, hein Skarlan) wink

En tous les cas, ce fut un match génial, et Bulot a été un adversaire très agréable, même quand il lui restait 2 joueurs sur le terrain. mrgreen

DUDA, EPOUSE MOI.

J'ai demandé à Madame, mais elle n'est pas trop d'accord. big_smile


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#96 31-10-2018 11:49:10

Skarlan
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Re: ANNONCE

Duda a écrit:

cool, un châtaigne de moins contre moi! Merci Duda! Je t'offre une bière la prochaine fois qu'on se voit comme convenu wink

Mais de rien, c'était un plaisir de le faire wink
Par contre, ce sera eau gazeuse pour moi, hein big_smile

Je peux t'offrir ton hot dog ou ton sandwich...
à croire que tes hobbits commencent à déteindre sur toi wink

et même en l'absence de tacle, je vais tout mettre en oeuvre pour terminer le travail que tu n'as pas eu l'occasion de terminer pendant ton match smile

Dernière modification par Skarlan (31-10-2018 11:50:12)


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#97 13-11-2018 11:17:38

Duda
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Re: ANNONCE

« En fait, j’suis végétarien moi… » - Clemsk, coureur des Drake’s Queens

METRO, BULOT, DODO (désolé...)

Ça le travaillait tous les jours, toutes les nuits, il mangeait mal, il ne pouvait dormir, il bandait mal. Ça lui torturait les méninges et lui nouait l’estomac tel un ulcère. Certes, facialement il affichait une mine enjouée et faisait preuve d’une affabilité exemplaire envers ses coéquipiers, riant aux éclats face aux commentaires d’untel, échangeant piques et verbiages avec tel autre, courant la gueuse avec tout le monde et inventant – comme à l’accoutumée – calembours et histoires drôles qui faisaient s’esclaffer ses partenaires. Mais au fond de lui, tout au fond de son c½ur, de ses tripes, il était malheureux. Ses tristesses, ses déceptions et ses craintes, il les cachait parfaitement derrière une solide armure en sarcasmes et humour trempés, mais il aurait suffi de gratter légèrement la mince couche de vernis pour s’apercevoir que quelque chose n’allait pas, que son caractère exubérant et expansif protégeait un esprit torturé, inextricable, et instable.

Il se surprenait parfois à parler dans le vide, à agiter ses bras sans ordre précis, à se mordre l’intérieur des joues jusqu’au sang, à hocher de la tête pour lui-même. Il lui arrivait de s’arrêter en plein milieu d’une conversation et de ruminer ses pensées, silencieusement, coupé des autres.

Pourtant, personne ne remarquait quoi que ce soit d’inhabituel, personne ne lui demandait ce qui se passait, s’il se sentait bien, s’il souhaitait se confier aux autres. Peut-être, était-ce cela qui lui faisait le plus mal, peut-être qu’il ne ressentait pas autant d’amabilité et de gentillesse de la part des autres qu’il aurait voulu recevoir ou qu’il avait l’impression de donner. Mais les autres le connaissaient. Ils étaient habitués à ses frasques, ses coups de sang et ses caprices, et ne discernaient donc pas ce qui n’allait pas.

Tant de choses n’allaient pas, selon son opinion. Personne ne semblait réellement l’écouter, personne ne prêtait l’attention qui lui était naturellement due. Pire que ça. Alors qu’il était le cerveau de l’équipe, le véritable maître à penser de cette bande de minables, il n’en recevait aucune gloire. Il n’était même pas remarqué. Toute la gloire allait aux autres. Et qu’ont-ils fait pour mériter cette célébrité naissante ? Rien du tout en vrai. Deux, trois touchdown de marqué, et tout de suite, ça se prenait pour de la starlette, ça frimait devant les potes, ça lambinait face à la presse et ça faisait soupirer la poufiasse. Et lui ? Toute la notoriété, tout le renom, auraient dû lui revenir de droit pourtant ! N’était-il pas ce stratège infaillible qui inventait toujours les meilleurs plans pour permettre aux autres de briller ? La situation était plus que navrante.

Frustré, il était donc frustré.

Alors, il se réfugiait d’autant plus dans le sarcasme, l’ironie et l’agressivité verbale. Son acrimonie était bel et bien légendaire dans le groupe, et plus il ajoutait de fiel, plus cela semblait normal à ses coéquipiers. Plus cela les faisait rire.

Et plus il souffrait.

Le cercle vicieux.

Or, il avait besoin de parler, il devait s’exprimer, il lui fallait tout sortir d’un coup, vider le ballon, s’épancher, s’expliquer, exposer ses idées aux autres, et surtout au coach. Mais il n’osait pas. Malgré tout, ce dernier lui faisait encore peur. Il le craignait, il appréhendait une confrontation d’idées, il savait qu’il risquait de s’exposer à la colère et à la critique et ça, il n’était pas prêt de l’accepter.

Pourtant, il le fallait, il devait faire le premier pas. Parce qu’il avait un plan. Un plan génial.

Mais son cerveau torturé ne pouvait accepter l’idée que ses trouvailles subissent la moindre opinion critique, le moindre commentaire négatif. Son extraordinaire esprit ne pouvait qu’inventer des plans infaillibles, des stratégies imbattables et des tactiques novatrices. Il était, bel et bien, un génie-né, un libre-penseur, un chantre de l’avant-gardisme, un extraordinaire esprit supérieur d’intelligence et de vision ultimes.

Le drame pourtant était que monde ne pouvait comprendre sa vision, le monde n’était pas prêt, le monde était trop petit pour son aura, pour ses idées.

Mais il risquait de se consumer de l’intérieur, brûler tel le papillon face à une bougie, griller le peu de cervelle qui lui restait – il fallait qu’il l’ouvre, qu’il expose tout ce qu’il avait au fond de lui et, enfin, qu’il présente sa génialissime, sa brillante, son inexpugnable idée au coach. Alors, un matin, juste avant l’entrainement, il prit son courage dans ses deux bras rachitiques, avala quelques coulées de bière pour se revigorer et crama quelques cigarettes pour s’apaiser, et présenta son plan au boss.

-    Non. – la réponse, cinglante, concise et sèche, tomba tel un couperet de boucher sur une carcasse d’agneau.
-    Mais, coach….
-    Tu te fous de ma gueule Sherlock ? – Duda jeta au halfing un regard de glace. – C’est quoi cette idée à la con ?

Le semi-homme resta pétrifié, stupéfait. Cela faisait des semaines qu’il mettait en ½uvre une stratégie totalement novatrice, inouïe, précurseuse, une tactique d’une simplicité et d’une efficacité prodigieuses, un plan appelé à devenir un mythe, et voilà que cet humain acariâtre la lui renvoyait dans les dents, le remettait en place et stoppait son élan créatif. Totalement pris au dépourvu, le souffle coupé et l’esprit embrouillé par la réponse négative du coach, il se ressaisit rapidement. Son cerveau se mit à réfléchir à toute vitesse. Il roula des yeux, fit grimace et montra les dents. Il n’allait pas abandonner si rapidement, il n’allait pas se laisser faire de la sorte, il fallait qu’il réagisse, qu’il défende ses idées, qu’il montre qui était le véritable stratège de l’équipe.

-    Coach réfléchissez, c’est tout bénéf’ pour nous ! Y’a rien à craindre. C’est du tout cuit !
-    Non. – répondit une nouvelle fois le coach.
-    Mais putain, boss, on va surprendre tout le monde avec ça. Ils ne vont voir que du feu !
-    Sérieusement, tu vas chercher où des conneries pareilles ? Y’a un truc qui va pas chez toi, bordel. – l’entraineur agita sa tête avec incompréhension.
-    Mais quoi, merde ? Osez me dire que c’est tout pourri comme plan.
-    C’est pas tout pourri, Sherlock. – le coupa l’humain. Puis, il regarda calmement le halfling, il lui lança un regard apaisant, un regard plein d’attention et de gentillesse et il reprit, sur un ton calme et posé, tel un père parlant à son enfant chéri. - C’est juste une idée de merde, mon p’tit.
-    Hrooo, mais c’est pas vrai quoi ! – s’offusqua Sherlock, aigri. – Toute façon, vous dites ça parce que vous m’aimez pas ! Y’en a que pour les autres, avec vous !
-    Arrête de faire ton ado rebelle, t’es trop vieux pour ça. – reprit Duda.
-    Ah oué, alors pourquoi vous ne me laissez pas tenter le coup, hein ? Faites moi confiance pour une fois ! – l’interrogea sceptiquement le halfling.
-    Parce que ce que tu proposes n’a pas de sens. Parce que si tut te foires, on va se retrouver dans la merde. Et tu sais quoi ? Tu vas te foirer !
-    Pourquoi vous dires ça ! -  se froissa Sherlock.
-    Hé, mais parce que t’as toujours foiré tes plans, mon gars ! – le coach se mit à rire. – Parce que tous tes plans sont bidons, pas un, tous !
-    Mais pas celui-là. – se refrogna le halfling.
-    Mon cul oué. – continua l’entraineur – Et t’étais où lorsqu’on t’a retrouvé avec Eggon et Tholot ? Hein ? Tu croupissais dans une cellule à cause d’un de tes plans.
-    Mais non ! – hurla le semi-homme. – C’était la faute des deux blaireaux…
-    Ferme-la. – le coupa le coach. – Ton plan, c’est de la merde. Tu comprends ? Tu veux que Cendrechêne ou Grisfrène te jettent derrière les lignes ennemies dès le coup de sifflet ? C’est ça ton super plan, sérieux ? Tu vas te retrouver au milieu de la défense adverse, esseulé, dès le coup d’envoi ? C’est vraiment ça que tu veux ? – lui demanda Duda de manière sibylline.
-    Bah oué ! – répondit Sherlock en reprenant espoir. – C’est ça. Je m’envole avant le coup de sifflet. J’atterris dès l’engagement, je chope la balle et la renvoie aux mecs, derrière les hommes-arbres. Les connards d’en face ils y verront que du feu. La balle est à nous dès le début du match et après, faut venir la chercher. C’est du tout cuit, coach. Y’as pas de risque. Alors, qu’est-ce que vous en dites ? – conclut-il dans un sourire étincelant.

Le coach le regarda posément, redressa la tête, le gratta le menton et répondit :
-    C’est non.

***

Les journaux spécialisés annonçaient un match plus que déséquilibré. L’ensemble des commentateurs sportifs s’accordait sur le fait que la rencontre de la quatrième journée de la Lutèce Cup, voyant les le Real Boitar affronter les sauvages nordiques des Drake’s Queens, devait constituer plus qu’une opposition de styles. Il s’agissait incontestablement du match le plus compliqué en ce début de saison pour les vaillants halflings, auxquels la presse promettait une soirée très compliquée, sanglante même.

Et si le patronyme cocasse de leurs adversaires – derrière lequel se cachaient tout de même de rudes guerriers barbus et féroces – et le caractère placide et enjoué de leur entraineur pouvaient laisser penser que la situation n’était pas si dangereuse que ça pour le Real Boitar, leur coach ne s’en laissait pas compter et demeurait parfaitement conscient du risque mortel que représentaient dix barbares sanguinaires menés par un Yéti aux griffes acérées !

C’est la raison pour laquelle, avant le coup d’envoi, Duda paraissait très agité sur le bord de la pelouse – faisant les cent pas, hurlant ses directives aux joueurs et mâchouillant nerveusement une touillette fatiguée. Il avait pourtant fait les choses consciencieusement, le coach halfling. Il n’était pas question de prendre ce match à la légère, il fallait rester concentré, méticuleux et sérieux. Il s’était donc assuré que la mixture spécialement préparée pour l’occasion par le cuisinier attitré du Real Boitar soit bien délivrée à leurs adversaires, et qu’il n’y ait pas erreur au niveau de la marmite. L’incident du dernier match ne devait plus se reproduire. Plus jamais !

Il avait par ailleurs annoncé en grande pompe, lors de la conférence d’avant-match, que son équipe allait puiser dans sa cagnotte pour, une nouvelle fois, se procurer une corruption d’arbitre officielle, ce qui fit hoqueter d’appréhension Bulot – l’entraineur rival – et ce qui ne manqua pas de faire saliver de plaisir les divers commentateurs. Le Real promettait une nouvelle fois feu et sang, et cela n’allait certainement pas déplaire aux spectateurs en délire.

Bref, la rencontre avait été bien préparée par le Real Boitar, les joueurs avaient été mis en condition, et ils n’avaient plus qu’à respecter scrupuleusement le plan stratégique conçu par le coach pour que tout se passe au mieux, naturellement, dans la mesure de leurs possibilités – nécessairement moindres par rapport à leurs robustes adversaires du soir. Fallait juste s’en tenir au plan, rien d’autre…

***

Les joueurs étaient placés, chacun à sa position, les halflings entourant les immenses silhouettes des deux hommes-arbres, le public hurlait sa joie et son envie de bagarre, les adversaires tapant des poings et montrant les dents aux trois semi-hommes jetés en pâture sur la ligne d’engagement. Tout le monde attendait le signal de l’arbitre pour entamer les hostilités.

C’est alors que l’inattendu se produisit. Duda écarquilla les yeux et jura rageusement tel un charretier – Putain, Sherlock ! Mais quel connard !

Car voilà que sous les regards médusés de la foule, alors que l’arbitre portait son sifflet à la bouche, un halfling efflanqué s’accrocha aux branchages feuillus d’un homme-arbre, se tortilla et crapahuta jusqu’aux épaules de ce dernier et lui parla rapidement. Le gardien sylvestre, surpris par ce comportement inhabituel de son petit coéquipier, attrapa celui-ci d’un geste fort lent et, sans demander son reste, le projeta violemment et sans ménagement, vers les lignes adverses.

Le match n’avait pas encore débuté et un halfling volait dans les airs.

Le silence se fit dans le stade. Le public demeurait coi sans comprendre ce qui se passait. Tout le monde retint son souffle et suivit des yeux la course parabolique du malheureux voltigeur, qui tourbillonnait dans les airs telle une toupie volante et dont l’on entendait que le hurlement paniqué suite à un lancer non maîtrisé de l’homme-arbre.

Puis, alors que l’arbitre sifflait le coup d’envoi, ce fut la chute et – inévitablement – l’accident. Le pauvre bougre s’affala la tête la première dans la pelouse et resta planté là, pétrifié. Soudain, ce fut l’explosion dans le stade. Le silence fit place à une vague de rires hilares provenant de tous les coins des gradins. Les spectateurs hurlaient de joie et pleuraient de rire face au ridicule spectacle de ce petit être tourbillonnant dans les airs et que s’écrasa telle une crêpe sur le gazon, pile sous les pieds de deux nordiques patibulaires.

Pour être comique, ça l’était franchement. Mais le seul que cela n’a pas fait rire était le coach du Real Boitar. Ce dernier demeurait stoïque, la mâchoire crispée et le regard torve. Il n’en revenait pas et marmonnait pour lui-même un flot d’injures alors que les secouristes évacuaient le malheureux Sherlock sur la civière.

Le match n’avait pas encore vraiment débuté et les halflings se retrouvaient en infériorité numérique grâce, ou plutôt à cause d’un de leurs joueurs qui voulut jouer au plus malin. Mal lui en a pris, car, même s’il rendit heureux de bonheur tout un stade, il laissait ses coéquipiers dans de sales draps dès le coup d’envoi !

Naturellement, l’apothicaire accrédité du Real Boitar – le célèbre docteur Grégoire Maison – voulut intervenir pour s’occuper de l’état de santé du malheureux casse-cou halfling. Mais le coach l’arrêta net :

-    Tu l’touches pas ! Laisse-le. Ça lui apprendra à ce p’tit merdeux de pas écouter mes consignes ! Putain d’enfoiré.

***

La première mi-temps, débutée de si belle manière, apporta deux enseignements majeurs à l’ensemble des suiveurs du match.

En premier lieu, force était de constater que, malgré l’avantage numérique acquis grâce à l’incorrigible Sherlock Vertecuillère, les joueurs des Drake’s Queens avaient du mal à entrer dans le match. Leur jeu n’était pas en place, leurs raffuts manquaient de force et leur impact de conviction. Pour une raison somme toute étrange, l’avantage que les nordiques devaient tirer de leurs aptitudes physiques bien supérieures à celles des halflings, brillait par son absence. Ils se mouvaient avec très peu d’entrain, lambinant et trainant des pieds sur la pelouse, les visages grimaçants et les fronts couverts de sueur. Sans que quelqu’un comprenne à quoi cela était du, tous les joueurs des Drake’s Queens étaient manifestement mal en point. Tous ou presque, dans la mesure où, aussi étrange que cela puisse paraitre, Clemsk le coureur norsque, se portait à merveille. A la différence de ses coéquipiers, il virevoltait entre les lignes halflings, il fonçait, esquivait, distribuait coups de pied et châtaignes, insaisissable, irrattrapable, inarrêtable pour ses adversaires. 

En second lieu et compte tenu de l’état suspect de la majorité des joueurs des Drake’s Queens, les halflings s’en donnaient à c½ur de joie. Usant une nouvelle fois de leur technique favorite, ils se désintéressèrent totalement du ballon pour s’occuper, dans la joie et la bonne humeur, des chevilles et genoux adverses. C’est ainsi que, en quelques minutes seulement, plusieurs joueurs nordiques se retrouvèrent sonnés, ou furent sortis du terrain complètement groggys ou même, pour certains, blessés. Le tournant de cette première mi-temps fut certainement le moment où le Yéti des neiges tenta de se jeter violemment sur un joueur du Real Boitar esseulé. Cependant, visiblement gêné par de fortes crampes d’estomac (un comble, pour un Yéti), il s’y est pris tellement mal qu’il se retrouva au sol en même temps que son minuscule adversaire. Il n’en fallait pas plus à Lorel Bonvin, le vicieux vétéran des pelouses du Real Boitar, pour profiter de l’occasion et faire goûter ses crampons aiguisés à l’abominable bête affalée au sol. Le résultat fut évident. Les semelles du halfling eurent raison de la fourrure pourtant épaisse du Yéti, et se dernier dut être évacué du terrain en toute urgence par le staff médical ! Naturellement, l’action litigieuse n’échappa pas à la vigilance du corps arbitral. L’homme en noir tenta d’exclure l’agresseur, mais le coach Duda porta réclamation que les officiels de la ligue accueillirent favorablement, au grand dam de Bulot – le coach des Drake’s Queens. Lorel restait sur la pelouse, au contraire du monstre poilu nordique !

C’est dans ces conditions que, malgré l’infériorité numérique, et bien protégé derrière un écran de plusieurs de ses coéquipiers mal en point, Clemsk, le coureur norsque passa la ligne de touchdown du Real Boitar en toute fin de première mi-temps. Il restait quelques instants pour les halflings de tenter d’égaliser, mais les conditions climatiques très versatiles dissipèrent tous les nuages dans le ciel et firent briller le soleil avec une forte intensité, de telle sorte que l’homme-arbre chargé de procéder à un lancer de coéquipier rata totalement son coup, Tholot l’Ancien atterrissant, une nouvelle fois, trop près de la ligne médiane pour tenter de revenir au score avant la fin de la première mi-temps.

Les Drake’s Queens menaient à la pause, mais leur situation semblait compliquée, dans la mesure où ils revenaient à seulement huit sur la pelouse, face à une équipe halfeline au grand complet, déterminée et prête à en découdre !

La suite de la rencontre allait pleinement vérifier les craintes les plus sombres du coach Bulot. Ses joueurs étaient visiblement en très mauvais état, visages livides et crispés, se tenant fermement leurs ventres, et pour certains vomissant allégrement le contenu de leur panse. Duda exultait dans sa zone technique en lançant des piques à son collègue de profession :

-    Alors Bulot ! Trop de bières, tes joueurs ! Ils tiennent pas la distance, les pauvres. Fais gaffe à pas tous les perdre, ce serait dommage qu’il leur arrive malheur, à tes petits gars fragiles !

Et en effet, la seconde mi-temps commença comme finit la première, dans un véritable déluge de coups, de beignes et de mandales, orchestré de branche de maître par les deux imposants hommes-arbres du Real Boitar. En réalité, c’était la soirée de Grisfrêne, lequel, dans un majestueux déchainement de rage et de violence sylvestre, fit vivre un véritable enfer à ses adversaires, en en blessant un très gravement et en envoyant un autre ad patres !
Les rangs de leurs rivaux s’éclaircissant, les joueurs halflings n’eurent aucun mal à faire progresser le ballon ver l’en-but adverse. Le coach Duda restait toutefois circonspect et s’interrogeait sur la tactique à adopter. Certes, il était désormais facile au Real Boitar de marquer rapidement le touchdown de l’égalisation, mais c’était rendre la balle aux Drake’s Queens, avec le risque que ces derniers se réveillent enfin. D’un autre côté, jouer la montre alors que l’équipe était en net avantage numérique constituerait invariablement une perte de chance de gagner la rencontre et démontrerait un manque de panache et d’ambition de la part du Real, qui n’était pas digne de la légende de l’équipe !

C’est la raison pour laquelle le coach halfling ordonna à ses joueurs de se porter rapidement vers l’avant, afin de permettre au capitaine de l’équipe – le célèbre Tholot dit l’Ancien – d’égaliser dans les plus brefs délais, à l’issu d’une démonstration de la fameuse tactique de la cage halfling !

Il restait désormais au Real Boitar d’appréhender la suite des évènements avec clame et stratégie, afin de tirer tous les avantages d’une supériorité numérique flagrante. Malheureusement pour les halflings, deux incidents mineurs vinrent perturber quelque peu leurs plans.

Tout d’abord, deux nordiques se remirent tout à coup des coups qu’ils ont reçu et purent revenir sur la pelouse, à la grande joie de leur coach. Ensuite, le sourire de ce dernier se ralluma pleinement lorsqu’au coup d’envoi, le ballon fut botté trop haut par Tholot, de telle manière que le satané coureur nordique put se déplacer aisément et capter la chandelle envoyée par le malheureux capitaine du Real Boitar. Les Drake’s Queens n’avaient pas dit leur dernier mot !

C’est à ce moment-là que Clemsk, la star nordique, décida de faire parler tout son talent. Etrangement, il était le seul de son équipe à ne pas souffrir de maux d’estomac, et se mouvait avec grâce et vélocité. Ainsi, il s’infiltra rapidement sur l’aile gauche halfline, et en dépit des nouvelles pertes dans les rangs barbares, il progressa d’un pas sûr en direction de l’en-but adverse. Les joueurs du Real Boitar se jetèrent sur lui tels des forcenés, mais il réussit à résister à trois placages consécutifs, se permettant même d’envoyer dans la fosse des blessés un halfling tenant de le percuter ! Au prix d’incroyables efforts, il réussit à esquiver par deux fois le rideau défensif du Real Boitar et alla déposer le ballon derrière la ligne de touchdown dans une action de pure classe !

Le stade se mit à trembler sous l’effet des rugissements et des acclamations d’une foule en délire ! Les nordiques et leur coach venaient de démontrer toute leur expérience et leur talent, au grand ravissement de leurs supporters, venus en nombre !

Duda pestait le long de la ligne de touche. Il ne restait que trois joueurs des Drake’s Queens debout, et malgré tout, ils réussirent à scorer ! Ses propres joueurs firent preuve d’une maladresse et d’une mollesse incroyables. Peut-être qu’ils se sentaient trop confiants, trop suffisants, et ils venaient d’en payer le prix fort. Il ne restait plus que quelques instants du match pour essayer d’égaliser.

Aux grands maux les grands remèdes, disait l’expression populaire, et ce fut le précepte que tenta d’inculquer Duda à ses joueurs avant le coup d’envoi, en même temps qu’il leur inculquait quelques leçons d’humilité à grands coups de taloches derrière les oreilles.

Par chance pour le Real Boitar, la météo – très capricieuse ce soir – changea à nouveau et le grand soleil fit place à une canicule étouffante. Le ballon fut botté par les nordiques en plein milieu de la moitié de terrain helfeline, de telle sorte que Tholot put s’en saisir aisément. Il ne lui restait plus qu’à le transmettre à Afka Finroseau, bien protégé derrière un homme-arbre et entouré de ses coéquipiers.

Les Drake’s Queens tentèrent une dernière action d’éclat, en essayant de faire tomber le gardien sylvestre, afin d’empêcher celui-ci d’effectuer un lancer de coéquipier. Malheureusement, leur coup rata, l’homme-arbre résista à l’attaque nordique et se cramponna solidement au sol. Puis, avec toute la lenteur et la prudence qui caractérisent si bien les individus de son espèce, il se saisit de con minuscule coéquipier et le projeta dans les airs dans un mouvement grâcieux. Le halfling équilibriste décrivit une parabole parfaite et atterrit en plein dans la moitié de terrain des Drake’s Queens ! Les spectateurs hurlèrent de plaisir, quel spectacle magistral leur était offert ce soir ! La zone était libre de tout marquage adverse et il ne restait plus qu’à Afka de pousser de toutes ses forces sur ses petites jambes pour courir le plus rapidement possible vers l’en-but adverse. Il fit l’effort nécessaire et d’un pas sur et leste traversa la ligne d’en-but nordique juste au moment du coup de sifflet final !

https://nsa39.casimages.com/img/2018/11/13/181113111729894030.jpg

Le Real Boitar venait d’égaliser à la toute dernière seconde du match, après une nouvelle action d’éclat ! Le stade explosa de bonheur, le public en liesse se mit à chanter les hymnes à la gloire de l’équipe ! L’histoire était en marche !

***

Pas loin de là, dans une zone de confinement située dans les entrailles du stade, un certain halfling était allongé sur un brancard, à demi-conscient, plâtré et emmitouflé dans des bandages de la tête au pied. Enfiévré, il délirait dans un état comateux :

-    La prochaine fois, la prochaine fois ce sera moi ! Rien ne m’arrêtera !

cool


Pourquoi les Nains ont la bière et les Elfes la magie ?
Parce que les Nains ont choisi en premier...

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#98 13-11-2018 11:26:49

bosk
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Inguiz titi

Re: ANNONCE

Le Boitar play offable après 5 journées.

Moi je dis qu'il y en a qui ont mal au cul en ce moment big_smile


Champion du Monde de Diplomatie.
Mais ici on ne joue pas à Diplomatie.
Donc je suis champion du monde NAF de la baffe eddie

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#99 13-11-2018 20:40:50

Skarlan
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La hordeMalevolent Raveners

Re: ANNONCE

Trop fort ce Duda!


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"Maudit un jour, maudit toujours"
"La maturité de l'homme est d'avoir retrouvé le sérieux qu'on avait au jeu quand on était enfant." Alain Damasio

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#100 26-11-2018 12:15:57

Duda
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Re: ANNONCE

Autrefois le Rat de ville
Invita le Rat des champs,
D'une façon fort civile,
A des reliefs d'ortolans.

Sur un tapis de Turquie
Le couvert se trouva mis :
Je laisse à penser la vie
Que firent ces deux amis...


L’étrange Monsieur Hamelin

Dans une coquette maison à colombages, aux murs recouverts de lierre et dotée de jolis balcons fleuris, située rue Pelisse, dans le paisible quartier du Bord-du-Fleuve, non loin de la place de la Chouette (du nom de la jolie statue qui ornait l’endroit), vivait un curieux petit individu dénommé Monsieur Hamelin. C’était un citoyen fort singulier qui aimait le calme et la tranquillité. D’apparence quelconque et de nature placide, Monsieur Hamelin n’aimait rien plus au monde que la quiétude et la paix chez-soi. Il était peu connu de ses voisins et des riverains du quartier, ne pointant que rarement le nez dehors, sinon pour faire les emplettes de nécessité et s’enquérir des nouvelles lorsque le crieur public faisait son apparition. Rosie, la boulangère halfline qui le voyait régulièrement, lorsqu’il venait chercher sa baguette et son croissant le matin, se disait toujours « Quel étrange petit homme tout de même ». Elle ajoutait avec emphase : « Si chétif, si renfermé, il doit être bien malheureux, le pauvre ». Raoul, le boucher de l’échoppe d’en-face de la boulangerie, avait, quant à lui, une toute autre opinion sur son client régulier : « Pas un bonjour, pas un aurevoir, même pas un allez-vous faire fout’ ! Engeance d’bourgeois qui nous prend d’haut, nous aut’ p’tits gens ! ». Et il ajoutait sur un ton patibulaire : « C’est un sale con, c’est tout ! ».

Naturellement, on apercevait Monsieur Hamelin régulièrement le matin, emmitouflé dans ses amples frusques lorsqu’il se rendait à son travail, et le soir, lorsqu’il revenait à la hâte, son crâne dégarni fumant sous l’effet du froid et ses lunettes embrumées posées de travers sur son ample nez pointu. C’est qu’il n’était pas très avenant, notre cher Monsieur Hamelin. Petit par la taille, légèrement empâté et joufflu, il était tout en rondeurs. Il jouissait d’un charisme quelque peu déficient (pour le moins que l’on puisse dire), et ce n’étaient certainement pas ses yeux globuleux, ses dents avancés sous de fines lèvres, son nez proéminent ou les quelques poils qui lui restaient sur le caillou qui allaient améliorer les choses. C’est la raison pour laquelle, la quarantaine depuis longtemps entamée, Monsieur Hamelin vivait seul, entouré de ses chats, et ce depuis la mort de sa maman, voilà déjà plus de vingt ans de cela. Il vivait seul certes, mais il appréciait cela. Rien ne lui était plus agréable que de s’asseoir au coin du feu, dans son fauteuil favori, en dégustant une tisane aromatique et en caressant ses matous. C’est qu’il n’était pas passionnant non plus, Monsieur Hamelin. Il travaillait comme adjoint trésorier-comptable auprès des services postaux de la ville et était peu apprécié, même par ses collègues de bureau, lesquels le trouvaient insipide et inintéressant à souhait. Cela tombait bien, car Monsieur Hamelin ne les appréciait pas non plus, ces lourdauds et grossiers personnages, et préférait fuir leur compagnie le plus tôt possible, s’éclipsant immédiatement que la cloche signalant la fin de journée sonnait, pour se réfugier à toutes enjambées dans son paisible foyer. Remarquez, il n’aimait pas les autres gens non plus – ni ceux de son voisinage, ni ceux du quartier des affaires, et ceux du quartier marchand pas spécialement non plus. Il trouvait les humains cupides et hypocrites, les elfes trop hautains et inaccessibles, les nains trop rustres et les halflings trop hédonistes à son goût. Il ne fréquentait donc personne et ne se rendait ni dans les troquets, nombreux dans l’agréable quartier bourgeois du Bord-du-Fleuve (goûtant fort-peu les alcools de toute manière), ni dans les restaurants ou auberges, préférant dîner seul au milieu de ses animaux de compagnie, ni même dans les maisons de passes du quartier de la Rose – pourtant situé à quelques minutes de marche de chez lui – car, comme il le disait à quelques rares personnes à qui il daignait s’adresser – « le plaisir de la chair est un vice qui corrompt l’âme et conduit à la déchéance ».

Bref, petit, moche, peu amène et insipide à souhait, Monsieur Hamelin n’avait rien qui pourrait intéresser le lecteur. Pourquoi alors s’attarder sur lui ?

Ah, mais parce que Monsieur Hamelin avait un secret, un secret bien gardé, un secret inavouable et inavoué, une passion quelque peu étrange, qui lui prenait tout son temps libre. A vrai dire, c’était une phobie, plutôt qu’une passion. Une phobie atroce, cruelle, effroyable. Monsieur Hamelin détestait les rongeurs ! Tous les rongeurs, les hamsters, les cochons d’inde, les souris, les mulots, les rats, surtout les rats. Tous ! Il les abhorrait tous ces petits êtres abjectes, rampants, couinants, répugnants à souhait. Il les entendait pourtant, le soir, courir sous les toits ou le long des canalisations, il les voyait – ces sales bestioles – sortir des égouts en quête de nourriture, grouiller le long des trottoirs ou autour des poubelles. Était-ce parce que sa maison se situait près du fleuve, ou parce que le quartier abritait un grand nombre d’échoppes, de tavernes et d’auberges, les rongeurs pullulaient dans le voisinage. Et ça le rendait furieux, notre cher Monsieur Hamelin, ça l’irritait au plus haut point, ça le travaillait nuit et jour. Ces bêtes putrides et malicieuses, ah s’il pouvait débarrasser le monde de cette engeance, il serait l’homme le plus heureux du monde !

Alors oui, Monsieur Hamelin avait un secret, un secret malsain et odieux. Il avait en effet aménagé, dans les caves de sa jolie maison, un petit laboratoire dans lequel il s’adonnait à ses plus viles pulsions, dans lequel il exprimait pleinement son vice et sa cruauté. La pièce, aménagée avec grand soin et un goût certain pour l’ordre, était équipée d’un immense bureau de travail, sur lequel reposait un grand nombre de récipients, d’alambics et d’ustensiles de chimie en tous genres, avec lesquels Monsieur Hamelin préparait, avec passion, d’affreuses mixtures les unes plus létales que les autres. Le long des murs étaient disposés de solides cageots en fer, dans lesquels une multitude de rongeurs couinait et tournait en rond paniquée, en attendant le sort funeste que lui réservait ce cher Monsieur Hamelin.

Et tous les soirs, une fois le dîner fini et la vaisselle faite, Monsieur Hamelin descendait, tout sourire, chandelier à la main, en compagnie de ses chats, dans son laboratoire secret pour assouvir son abjecte besogne. Il avait en effet concocté toute une série de potions et de mélanges destinés à faire souffrir de manière la plus cruelle possible les petits êtres qu’il enfermait dans les cages de son laboratoire. Il faut bien l’avouer, Monsieur Hamelin était passé maître dans son art lugubre, trouvant toujours de nouvelles manières de donner la mort aux petits rongeurs innocents. Vaccins, adjuvants pour la nourriture, lotions, liquides divers et variés, il s’adonnait à ses ½uvres créatives avec une passion jamais comblée. Son inventivité n’avait pas de limites, et il recherchait toujours l’élixir ultime, celui qui donnerait la mort à ces créatures de la manière la plus violente. Paralysie, blocage des voies respiratoires, rupture du système nerveux, boursouflures cutanées, leucémie, thrombose, plaies putrides ou exsanguination, voilà les quelques symptômes à la vue desquelles ce cher Monsieur Hamelin se délectait. Et plus la mort du rongeur était affreuse, plus il jubilait, plus il exultait en gloussant vicieusement au milieu de ses félins, faisant parfois s’interroger les passants sur ces bruits étranges provenant des sous-sols de la maison.

C’est qu’il ne faisait pas les choses à moitié, ce petit chimiste autodidacte et malicieux. Il avait en effet su profiter des avantages que son poste à responsabilités lui offrait pour monter une combine somme toute originale et, disons-le, audacieuse pour un homme plutôt craintif. Il avait ainsi réalisé des faux en écriture sur les comptes du service municipal des postes afin de commander à des spécialistes en la matière, pour son intérêt personnel et sur le dos des contribuables naturellement, un nombre incroyable de composants chimiques de réactifs et d’ingrédients plus ou moins magiques, aux fins d’assouvir sa passion morbide. Il avait notamment réussi à se faire procurer un ingrédient tout particulier, un ingrédient extraordinaire et légendaire – la malepierre ! A grands coups d’efforts de recherches, de combines, de persuasion et de magouilles, il était entré en contact avec une bande de mercenaires nains, spécialisés dans la fouille du site maudit de la ténébreuse cité de Mordheim. Contre une somme fort coquette, tirée évidemment des caisses de la ville au moyen de détournements frauduleux enregistrés dans la comptabilité, Monsieur Hamelin a pu ainsi obtenir de ces mercenaires sans scrupules l’acheminement régulier de toutes petites quantités de poudre de malpierre. Il ne lui restait plus qu’à trouver un moyen de se faire livrer l’ensemble des ingrédients qu’il commandait.

Or, il s’avère que, par un pur hasard, il avait découvert – lors d’un banal audit des comptes de la ville – que les services des parcs et jardins communaux se faisaient livrer, depuis plusieurs années, des caisses entières d’herbe à pipe aromatique en provenance directe du Mootland. Outre le fait que le produit était en lui-même fort suspicieux et que son usage était prohibé, pour les agents municipaux, sur leurs lieux de travail, les commandes étaient évidemment enregistrées, dans la comptabilité, comme livraisons de plantes de décoration pour les parcs et jardins municipaux. De manière opportuniste, Monsieur Hamelin profita de l’occasion – notamment en menaçant de dénonciation les jardiniers responsables de ce petit larcin –  pour passer un accord tacite avec ces derniers : il fermait les yeux sur leur combine et déguisait leurs commandes dans la comptabilité qu’il gérait, et en contrepartie les lurons récupéraient les commandes qu’il passait et les lui acheminaient, et ce sans broncher, sans poser la moindre question et naturellement, sans ouvrir les paquets reçus.

Le pacte fonctionnait à merveille depuis quelques années. Les deux parties étaient ravies de leur collaboration, Monsieur Hamelin recevant régulièrement ses commandes soigneusement emballées et estampillées « plantes du service municipal des parcs et jardins », et les agents municipaux jouissaient d’un approvisionnement non-négligeable d’herbe à pipe qui rendait leurs journées moins éreintantes et moins laborieuses (Monsieur Hamelin sachant se montrer généreux avec ses intermédiaires – surtout lorsque ce n’était pas son argent qui était investi).

Cependant, Monsieur Hamelin – qui pensait avoir tout parfaitement planifié et tout contrôler de main de maître – n’avait pas fait attention à un petit détail, une scorie, un grain de sable dans la mécanique de son système si magistralement orchestré. Il s’avère en effet que, parmi les chefs d’équipe des services des parcs et jardins à l’origine du larcin, se trouvait un certain halfling dénommé Hardy Bonvin. Il s’agissait d’un individu fort sympathique, jovial et expansif qui aimait raconter, à qui voulait l’entendre, qu’il avait un cousin germain dont il était très fier, car ce dernier jouait dans une certaine équipe de Blood Bowl…

***

Un soir, alors qu’il dormait du sommeil du juste, après une rude journée de travail terminée – fort heureusement se disait-il – par une agréable soirée passée dans sa cave à s’occuper avec malice de ses petits pensionnaires, Monsieur Hamelin fut réveillé par un bruit étrange venant du rez-de-chaussée de sa maison. Il avait cru entendre un léger bruit de verre qui se brise et sursauta sur son lit, pris instantanément d’angoisse. Ayant tiré les rideaux pour la nuit, il chercha ses lunettes à tâtons, dans l’obscurité ambiante et n’osa pas allumer la chandelle posée sur sa table de chevet. Lorsqu’il entendit un de ses chats miauler de manière aigue, il comprit que quelque chose de mauvais se tramer. Prenant son courage à deux mains – chose fort surprenante pour ce petit bonhomme d’habitude couard – il enfourna ses pantoufles molletonnées et descendit fébrilement l’escalier menant vers son hall d’entrée. Il était au milieu des marches lorsqu’un bruit de porte qui claque lui remonta l’estomac et faillit lui exploser le c½ur. Il vit instantanément une petite silhouette encapuchonnée sortir de sa cave, renverser le vase qui se trouvait sur le seuil et fuir par la porte d’entrée de la maison en dégageant sans ménagement du pied un vieux matou passant dans les parages qui feula et tenta de donner un coup de griffe au malotru. La scène ne dura que quelques secondes, quelques malheureux instants qui parurent une éternité pour le pauvre Monsieur Hamelin, demeuré pétrifié, le c½ur au bord des lèvres et les larmes lui noyant les yeux. Il comprit instantanément ce qui se passait. Oh dieux, il venait d’être cambriolé !

Il n’osa bouger que lorsque les bruits cessèrent totalement et put ainsi constater les dégâts. La porte de sa maison avait été forcée, un carreau d’une fenêtre ayant été par ailleurs brisé, et le vase reposant près de l’entée était fichu. Tout à coup, Monsieur Hamelin pensa au bruit de porte qu’il avait entendu auparavant. C’était le bruit de la porte donnant accès à sa cave ! Pris d’une frayeur atroce, il s’élança vers celle-ci en agrippant un chandelier qu’il alluma en tout hâte. Couinant d’angoisse, il dévala l’escalier menant à son laboratoire secret et s’arrêta net, paralysé, estomaqué, la bouche grande ouverte. On avait ouvert la plupart des cages enfermant les bêtes. Les rongeurs pullulaient de partout, courant le long des murs, montant sur son bureau et cherchant manifestement la sortie. Bon nombre de fioles avaient été brisées, leur contenu répandu sur le sol, mais Monsieur Hamelin poussa un long cri de panique lorsqu’il avisa que son coffre à potions avait été forcé. Il se précipita vers celui-ci et glapit en constatant l’absence de la plupart des mixtures qu’il avait préparées, et principalement de sa dernière création dont il était si fier – de la mort-aux-rats à base de malepierre.

-    Au voleur ! Gardes ! Au secours ! On m’a cambriolé ! – hurla-t-il de toutes ses forces en se précipitant au dehors alors que la tête lui tournait et qu’il perdait tout sens de la raison.

***

Mêlés à la foule de badauds et de curieux qui, réveillés en pleine nuit par des hurlements de panique, sont venus assister au spectacle de leur étrange, et si calme d’habitude, voisin pleurant de toutes ses larmes sur le trottoir alors qu’il tentait d’expliquer à la garde municipale, venue en hâte, l’affreux pillage dont il venait d’être victime, un humain taciturne et un halfling poilu regardaient la scène avec calme et stoïcisme. Ils furent rapidement rejoints par un autre semi-homme rondouillard dont le visage était en partie caché par une volumineuse capuche noire lui recouvrant le crâne. Il s’adressa doucement à ses deux comparses :

-    J’ai l’matos les gars. On peut filer.
-    On attend encore un peu. – Répondit l’humain en chuchotant, sans regarder le nouvel arrivant. – On joue les p’tits connards curieux et on partira quand tout le monde se dispersera.
-    On s’fait pas remarquer. – rajouta l’autre halfling sur le ton de la confidence.
-    T’es sûr de ton coup, Lo’ ? – lui demanda l’humain, le regard toujours fixé sur la malheureuse victime, laquelle agitait ses bras dans tous les sens, cherchant de se faire comprendre des gardes, impassibles face au drame de l’individu et visiblement circonspects quant à la nature du drame. Manifestement, l’individu avait du mal à expliquer aux agents ce qu’on venait de lui voler, dans la mesure où il ne pouvait ni indiquer la nature des produits détournés – illicites et fortement dangereux – ni ce à quoi ils étaient destinés.
-     Ouaip. – répliqua en murmurant l’halfling poilu. – J’ai toute confiance en mon cousin. Il avait dit que l’matos devait s’trouver dans la cave, dans un grand coffre en bois. C’est là qu’il avait vu l’ptit gros ranger ses fioles lorsqu’il l’avait livré la dernière fois.
-    Correct. – confirma son compère encapuchonné. – Y’avait bien l’coffre et la came dedans. Par contre, j’ai pris au hasard, j’avais pas l’temps d’fouiller.
-    On s’en fout, Egg’. – le coupa sèchement l’humain. – Fermez-la maintenant. C’est bon, on peut s’barrer de là.

***

Le lendemain matin, les halflings et leur coach étaient regroupés dans l’arrière-salle de leur quartier général et semblaient tenir une réunion de la plus haute importance. L’ambiance était sérieuse et studieuse. Décontenancés, les mines graves et les sourcils froncés, ils réfléchissaient durement sur le mode d’opératoire à adopter, et étudiaient avec intérêt fort certain le dispositif qui s’étalait devant leurs yeux. Une immense marmite en fonte était posée sur la table en chêne massif située au milieu de la pièce. A l’intérieur, un ragoût préparé par leur chef cuisinier reposait tranquillement, duquel s’élevaient de fortes odeurs de fromage fondu et de venaison. A côté de la marmite reposait un flacon en plomb, dont le goulot était obstrué par un solide bouchon en liège. Collé sur le devant, une étiquette fatiguée portait des inscriptions gribouillées à la hâte, ainsi qu’un dessin mal réalisé de tête de mort.

-    Bon, on fait quoi alors coach ? – la voix monocorde et posée de Tholot brisa le silence. – On tente le coup de l’ouvrir ?

L’entraineur humain soupira en décroisant les bras. Il était visiblement circonspect sur l’attitude à adopter. Il répondit en se grattant l’arrière du crâne :

-    J’veux pas que vous preniez de risque, les rase-mottes. On ne sait pas exactement ce qu’il y a dedans, les gars.
-    Mais si on sait ! – riposta vivement un halfling efflanqué et portant des bandages sur son bras. – C’est marqué dessus, non ? D’la mort-aux-rats.
-    Toi, tu la fermes Sherlock ! – l’invectiva l’humain. – Je t’ai déjà dit. J’veux plus t’entendre. Plus jamais ! Compris ?!
-    N’empêche, Duda. – reprit Tholot posément, sans remarquer le saut d’humeur de l’entraineur. – Pourquoi avoir piqué ça chez ce p’tit gros ? Genre, la mort-aux-rats, on en trouve dans n’importe quelle quincaillerie de la ville, non ?
-    Ah oué ?! Tu t’crois malin, l’Ancien. – continua Duda sur le même ton colérique. – Tu te vois toi, ou moi, ou n’importe lequel de cette bande de merdeux derrière toi, aller dans une échoppe et demander, tranquillement, de la mort-aux-rats, ni vu ni connu ?
-    Ba, c’est quoi le problème ? – intervint Waldi candidement.
-    Mais vous êtes cons ou vous le faites exprès les gars ?! – le coach avait visiblement du mal à garder ses nerfs. – Ca fait une semaine que toute la ville parle du match de ce soir. Rappelez-moi, on joue qui ? Des skaven, oui des skaven, des hommes-rats. Putain, mais vous êtes connus, je suis connu ici, on a nos gueules dans toute la presse sportive et sur cabalvision. Si jamais quelqu’un nous voit acheter de la mort-aux-rats le jour du match contre des skaven…
-    Ah oué, pas faux. – réagit Eggon avec philosophie. – Purée, heureusement que vous êtes là pour penser aux détails, coach. Mais du coup, on aurait pas juste pu passer par un intermédiaire à la con ?
-    Non. Trop dangereux. – répondit Duda de manière plus posée. – Trop de paramètres incertains, trop d’inconnues à gérer. Imaginez que l’intermédiaire ébruite l’affaire ou nous fasse chanter. Non, la meilleure solution c’était de piquer l’produit à un type encore plus vicieux et dérangé que vous, qui aurait du mal à porter plainte compte-tenu de ce qu’on lui chourait et des petits plaisirs auxquels il s’adonnait. Heureusement que l’cousin de Lorel nous a trouvé la bonne poire.
-    Putain, mais j’ai compris ! – jappa soudain Lorel. – C’est pour ça que ça sent le fromage !
-    De quoi ? – rétorqua l’humain surpris.
-    Ca sent le fromage dans la marmite. – précisa le halfling rondouillard. – Le fromage, c’est parce qu’on joue des skaven. Les hommes-rats, ça adore le fromage.
-    L’est fort ce Roël. – intervint Eggon calmement en hochant la tête.
-    N’importe quoi. – se rebiffa Posho. – Les rats, ça bouffe pas d’fromage. C’est des histoires pour les gosses ça.
-    Qu’est-ce que t’en sais toi ? – réagit vivement Sherlock. – T’es spécialiste des rongeurs toi maintenant ? Un putain d’dératiseur.
-    Non, pas moi. – riposta Posho avec morgue. – Mais mon oncle lui, il l’était. L’mari à ma tante. Il m’a raconté quand j’étais petit. Les rats, ça bouffe d’la viande et des cochonneries. Pas le fromage. Enfin, ça peut en bouffer, si y’a rien d’autre à bequeter quoi.
-    J’aime pas l’fromage. – déclama tout à coup Roch. – Ca pue.
-    Putain ! Mais vous allez la boucler bande de merdeux ! – la voix grave et hargneuse de l’entraineur tonna de nouveau dans la pièce. – On en a rien à foutre de ce qu’aiment bouffer les rats ou pas ! Faut qu’on se décide quoi faire !
-    Ba c’est simple. Y’a qu’à mettre la mort-aux-rats dans la marmite. – répliqua benoitement Eggon.
-    Ah oué. Vas-y alors mon gars ! – lui répondit Lorel. – Ce putain d’flacon est en plomb et il était dans une boite en plomb également. Et il est scellé avec du plomb. Sans compter que l’mec à qui tu l’as piqué, il se faisait livrer son matos en provenance de Mordheim, directement. Non, y’a un truc de louche avec le produit. C’est dangereux.
-    Bah, moi j’tente le coup ! – réagit Sherlock avec verve.
-    Fais toi plais’. – le railla un Calben hilare. – Ouvre le. Si tu veux qu’un bras t’pouss’ au milieu d’ta sale gueul’, vas-y bonhomme. Ou mieux, une aut’ bite. Comme ça, tu f’ras enfin jouir les pouffes du lupanar où tu traines ton derch’. – Les autres halflings ricanèrent grassement.
-    Bon, ça suffit ! – tonna une nouvelle fois Duda. – Waldi, va m’chercher la grosse pince qu’est près d’la cheminée. Et un gros marteau…

***

La sixième journée de la célèbre Lutèce Cup, le championnat le plus important, le plus violent, le plus passionnant, le plus suivi et le plus commenté dans tout le Vieux Monde, devait voir se rencontrer les pugnaces halflings du Real Boitar aux véloces skaven des Maladies Skaveniales Transmissibles (tu parles d’un nom ! Vous autoriserez votre serviteur à employer l’abréviation communément usitée par l’équipe) menée par le coach Foxy, un jeune et ambitieux entraineur, malin comme un renard, souhaitant se faire un nom dans la compétition.

Une nouvelle fois, les statistiques ne plaidaient pas en faveur de l’équipe halfline, et à en croire les parieurs officiels, le Real Boitar état donné largement perdant face à une équipe deux fois plus rapide et bien plus agile. Qui plus est, les MST comptaient dans leurs rangs une star-née, un joueur vedette, la pierre angulaire de leurs attaques, qu’était Krishelk Chaudepisse, le rat-ogre mutant, une véritable machine de férocité mêlée de sauvagerie (à moins que ce ne soit l’inverse). Bref, l’affaire était loin d’être dans la besace des halflings, pourtant bien plus expérimentés que leurs adversaires du soir.

Heureusement, les résultats très positifs du Real Boitar eurent un réel effet sur leur popularité, dans la mesure où leurs supporters étaient, pour une fois, venus en très grand nombre au stade. La renommée de l’équipe était faite depuis bien longtemps, et les bannières, drapeaux et autres écharpes portant le logo du club ou l’effigie des joueurs étaient brandis bien haut dans les gradins, et ce malgré le temps pluvieux qui planait au-dessus de la ville.

Les enjeux du match étaient primordiaux pour les deux équipes, lesquelles se situaient à un niveau somme tout assez bas au classement de la Ligue. Toutefois, le hasard du calendrier avait pour conséquence que le vainqueur de la rencontre pouvait remonter très haut dans le tableau, alors que le perdant aller indéniablement s’enfoncer dans les limbes du classement. C’est la raison pour laquelle le coach Duda vit une nouvelle fois les choses en grand, en très grand même. Profitant de l’importante somme qui était allouée à son équipe par les officiels de la Lutèce Cup, il s’attacha, de nouveau, les services du mondialement réputé chef cuisinier Roël Jobuchon, lequel a préparé un ragoût réconfortant pour les deux équipes, mitonné spécialement à l’occasion de ce match à base d’un mélange de fromages de choix, pour le plus grand plaisir des papilles gustatives de l’équipe skaven. Ils allaient s’en lécher les babines, pour sûr ! Il loua également l’assistance de Natasha, une serveuse plantureuse et bien connue du Bar des Sportifs, passée maître dans l’art de la remise sur pied des joueurs commotionnés.

Le match débuta dans une ambiance de folie, les gradins hurlant leur joie à voir les deux équipes rivales s’écharper sur la pelouse, tenter des actions d’éclat ou finir dans la fosse des blessés. Les MST gagnèrent l’engagement et le coach Foxy, confiant dans les capacités de ses joueurs et certain de leur supériorité athlétique, décida d’entamer les hostilités. Ce fut, peut-être, sa première erreur du match dans la mesure où, bien qu’ayant rapidement fait progresser le ballon vers la zone d’en-but adverse, par l’intermédiaire de son infatigable coureur d’égout Zhinq le Blennorrageux, il dut se rendre à l’évidence que la tactique qu’il souhaitait mettre en place – à savoir un contrôle de la balle profondément dans le camp rival – avait du plomb dans l’aile, notamment du fait d’un comportement plus que douteux de la part de ses joueurs.

En effet, ceux-ci ne semblaient pas très à l’aise ce soir, trainant des pieds, chancelant sur le terrain, les queues basses, et retroussant les babines dans un concert de grimaces et de couinements atroces.

Qui plus est, totalement abasourdi, Foxy dut constater qu’une nouvelle fois, le Real Boitar appliqua avec méthodologie la tactique usitée désormais depuis plusieurs matchs par l’équipe halfling, et qui consistait à se désintéresser complétement du ballon pour s’en prendre avec sauvagerie mêlée de férocité (à moins que ce ne soit l’inverse) aux joueurs adverses esseulés, lesquels – par le plus étrange des hasards – n’offrent que peu, voire pas du tout, de résistance. C’est ainsi que, sous les yeux médusés du public, plusieurs hommes-rats furent promptement commotionnés ou blessés par les halflings rageux et les impitoyables hommes-arbres. Notamment, la star de l’équipe des MST, le rat-ogre Krishelk Chaudepisse, manifestement dans un mauvais soir, reçut un violent coup de la part de Cendrechêne Boisnoir et dut être évacué de la pelouse afin de reprendre ses esprits. En réalité, les rangs des skaven fondaient comme fromage dans une raclette, notamment grâce (ou à cause) au numéro magistralement exécuté par Lorel Bonvin, lequel, dans un déchainement de rage et de roublardise, mit fin aux velléités du soir de plusieurs adversaires. Le coach Foxy ne cacha pas son hébétude lorsqu’il vit Lorel sauter à pieds joints sur le malheureux lanceur skaven Qogchokch le Syphilitique, lui brisant littéralement le cou. Le blessé fut évacué sur la civière dans l’urgence la plus totale et il état certain que les MST ne pourraient plus compter sur lui avant longtemps !

En vérité, le seul joueur homme-rat qui arrivait à jouer correctement était Khuecxek l'Herpétique, le blitzeur qui réussit à sonner, voire à blesser, quelques rares halflings qui passaient à portée de ses griffes acérées. Mais c’était bien peu pour la malheureuse équipe skaven, tant leur jeu collectif était dérisoire. Que se passait-il ce soir avec l’équipe skaven ? Nul ne comprenait leur piètre état ni leur prestation plus que douteuse.

Face à une situation qui devenait réellement catastrophique – surtout vu l’état pue amène de ses joueurs – alors que les deux équipes n’étaient pas encore à la moitié de la première mi-temps, Foxy dut se résoudre à envoyer le porteur du ballon marquer rapidement le premier essai du match, ce qui fit méchamment sourire son collègue et adversaire du soir. Le Real Boitar avait encore énormément du temps pour revenir au score, et les rangs des MST étaient plus que clairsemés.

Effectivement, le sentiment de Duda se vérifia sur la pelouse. D’une part, le rat-ogre ne s’était pas encore remis du coup reçu et restait avachi sur le banc de touche, d’autre part, les halflings et les deux hommes-arbres continuèrent leur ½uvre de destruction tout en faisant progresser le ballon, lentement mais surement, vers l’en-but adverse, suivant la tactique bien connue désormais de la fameuse cage halfline !

Force était de constater que la stratégie employée fonctionnait à merveille, dans la mesure où les rares joueurs skaven encore présents sur la pelouse – chancelants et mal en point – cherchaient plus à fuir les coups de leurs adversaires qu’à tenter d’attraper la balle. Néanmoins, alors que Tholot l’Ancien s’avançait tranquillement vers l’en-but des MST protégé par plusieurs coéquipiers, Raktruk le vérolé prit son courage à deux mains griffues, avala sa salive, et s’élança vers le porteur du ballon d’un pas rapide mais quelque peu chancelant.

Usant de son agilité innée, malgré sa forme incertaine, le coureur d’égout échappa aux tentatives de blocage des joueurs halflings et arriva devant un Tholot surpris par cet élan de témérité de la part du joueur skaven. Malheureusement pour ce dernier, sa prouesse s’acheva de manière dramatique, dans la mesure où le capitaine halfling – qui n’était pas né de la dernière pluie – esquiva aisément le coup faiblard porté sans conviction par son rival et lui asséna un crochet qui fit s’étaler ce dernier de tout son long sur la pelouse trempée. Était-ce du à l’habilité de Tholot, à la fatigue du joueur skaven ou à la lourdeur étrange de celui-ci, force était de constater que la magnifique action du coureur d’égout aurait dû mieux finir ! Tel ne fut pas le cas et, pour le plus grand dam du coach Foxy, Tholot alla aplatir le cuir juste derrière la ligne d’en-but des MST à quelques secondes seulement du coup de sifflet de l’arbitre, sous les vivats du public.

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Le coach Duda demeurait pourtant imperturbable et savait, d’expérience, que le match était loin d’être joué. La seconde mi-temps pouvait encore laisser place à de nombreuses surprises, et connaissant la roublardise des équipes skaven, il pressentait une seconde moitié de match complexe. Une nouvelle fois, sa prédiction se réalisa pleinement dans la mesure où l’entame de la deuxième période mit une pression fort incommodante pour l’équipe du Real Boitar.

En effet, alors que le match se déroulait maintenant sous une pluie battante, le ballon fut botté très loin derrière les lignes halflings par les MST. Les hommes-arbres firent rapidement le ménage sur la ligne d’engagement, envoyant deux nouveaux hommes-rats commotionnés, récupérer sur le bord de la pelouse, mais deux coureurs d’égouts s’enfoncèrent dans le camp adverse pour presser le capitaine halfling – chargé de récupérer le cuir. Ce dernier réussit à s’emparer de la balle, pourtant rendue glissante par la pluie, et s’empressa de remonter le terrain, couvert tant bien que mal par deux de ses coéquipiers revenus en toute hâte pour lui porter secours.

La situation devenait alarmante pour le Real Boitar, et aurait pu être plus que préoccupante si les hommes-rats avaient été plus nombreux sur la pelouse. Heureusement pour les halflings, le travail de sape de leurs deux gardiens sylvestres, combiné à la faiblesse et la torpeur inhabituelle de leurs adversaires, rendaient les rangs de ces derniers encore plus clairsemés. En quelques instants, il ne resta plus que quatre joueurs skaven sur la pelouse, dont le rat-ogre, le blitzer et deux coureurs d’égouts qui pressaient Tholot. Une nouvelle fois, l’un d’eux tenta de s’en prendre au capitaine halfing, mais, pris de convulsions soudaines, il dérapa en tenant une esquive et s’affala la tête la première dans la pelouse. Ce coup du sort sonna le glas de la tentative de révolte des MST. En effet, il n’en fallait pas moins pour le Real Boitar de se porter en avant, Tholot désormais bien protégé par plusieurs de ses coéquipiers. Qui plus est, la situation au milieu du terrain tourna au net avantage des halflings lorsque Grisfrêne attrapa enfin le rat-ogre adverse et le jeta bas. Profitant de l’occasion, Afka Finroseau s’en prit sournoisement à l’immense bête étalée à ses pieds, et d’un coup de crampons bien placé, l’envoya une fois pour toutes dans la fosse des blessés. Bien que cette action perfide lui valût d’être immédiatement expulsé par l’arbitre de la rencontre, son acte malveillant eut l’avantage – pour le Real Boitar – d’ouvrir entièrement la route vers la ligne d’en-but adverse.

En effet, celle-ci n’était désormais protégée que par le seul Khuecxek l'Herpétique, le blitzeur, lequel devenait cependant de plus en plus blafard et mal à l’aise. Plutôt très en vue en première mi-temps, distribuant châtaignes et coups de griffe bien placés, Khuecxek demeurait crispé et étourdi pendant la seconde, n’arrivant pas à plaquer le moindre halfling qui passait à sa portée. En conséquence, l’attaque du Real Boitar ne rencontra aucune résistance et Tholot put tranquillement amener le ballon près de la zone d’en-but des MST. La fin de match était encore très loin et le coach Duda ordonna à ses joueurs de temporiser. En effet, il ne restait plus que trois joueurs adverses sur la pelouse, et il était hors de question de commettre la même erreur que lors du match précédent – à savoir marquer trop vite – surtout face à des joueurs aussi rapides que les skaven.

La fin de match fut dont le théâtre d’une parodie de Blood Bowl, durant laquelle les deux équipes se regardaient en chiens (ou en rats) de faïence, sans oser s’attaquer. Les deux camps gardaient leurs positions, et même si les coureurs d’égout tentèrent de revenir rapidement vers les haflings massés aux avant-postes, leur course hésitante et leur foulée fébrile ne leur permirent pas de rattraper les coéquipiers de Tholot, qui put aisément porter la balle dans la zone d’en-but skaven.

Une nouvelle fois, le public exulta et hurla sa joie, alors que le Real Boitar venait de marquer le second touchdown et prenait les devants au score, sans pouvoir être rattrapé. La victoire était leur et le grand sourire du coach Duda vouait tout dire – il réussit à déjouer les pronostics une nouvelle fois et à mettre la confusion parmi les commentateurs et l’organisation officielle du championnat. Le Real remontait en haut du classement, au grand étonnement de la plupart des suiveurs, et sa légende continuait de plus belle !

Quant aux MST me demanderez-vous ? Ils gisaient, pour la plupart d’entre eux, malades ou commotionnés dans la fosse des blessés, à vomir tripes et boyaux, sous le regard apeuré de leur coach.  Les trois malheureux joueurs encore debout durent se placer avec torpeur sur la ligne d’engagement, le match n’étant pas encore fini. Perdu pour perdu, Foxy tenta une ultime action d’éclat vengeur, en ordonnant à son blitzer de faire le plus de mal à leurs vicieux rivaux. Malencontreusement pour lui, il ne s’aperçut pas que son joueur était au bord de l’apoplexie. Le coup que Khuecxek l'Herpétique tenta de donner au halfling placé devant lui fut réalisé avec tant de lenteur et de maladresse que le pauvre blitzer des MST tomba à la renverse et se sonna lui-même !

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Les skaven buvaient le calice jusqu’à la lie. L’arbitre décida alors d’en finir avec le calvaire des hommes-rats et siffla la fin de la rencontre sous les hurlements et les acclamations des supporters du Real Boitar qui n’en croyaient pas leurs yeux. L’heure était désormais aux festivités !

***

Assis tranquillement dans le vestiaire après la rencontre, Roch Tendrebouc se prélassait, la bedaine à l’air, son pantalon déboutonné et sa chemise sale et tâchée remontée sous ses aisselles. Ils venaient de fêter leur seconde victoire en championnat, tellement inattendue, et pourtant acquise avec panache, et ils s’adonnaient maintenant à leur autre passion, en dévorant la succulente collation offerte aux vainqueurs par la Ligue. Roch était à moitié avachi sur le banc de touche, une cuillère en bois à la main, et puisait abondement dans la grosse marmite laissée à leurs soins par leur chef cuisiner. Éructant bruyamment, il conclut à l’attention de ses camarades :

-    Finalement, s’pa si mauvais que ça, l’fromage.

cool

Dernière modification par Duda (26-11-2018 12:19:26)


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