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Lutèce Cup

Le Blood Bowl à la sauvage !!!

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#101 27-11-2018 14:10:15

Laerthis
Légende
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Emergency DepartmentSunshine Cleaning

Re: ANNONCE

Excellent big_smile
J'avais raté le CR de ta J4, et maintenanr c'est bon avec la j5!

Sacré Sherlock!

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#102 27-11-2018 14:17:28

Aardvark
Champion
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Jolly Jokers

Re: ANNONCE

À quand le CR de la J6?


Il ne faut jamais parler sèchement à un Numide
Vieux proverbe carthaginois

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#103 27-11-2018 14:44:06

José is Léguman
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Lobotomy

Re: ANNONCE

Il y avait comme une odeur de mort dans le sous sol de la waaagh taverne hier soir...


Tu es l'enfant de la Terre. Le Soleil est ton père. Tu fais mordre la poussière. À tous ceux qui veulent la guerre.
Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal...Sauf le double skull reroll double skull...
Numéro NAF : 10634

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#104 30-11-2018 16:28:28

Skarlan
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La hordeMalevolent Raveners

Re: ANNONCE

L'équipe de Duda avait décidé d'aider le public depuis leur fosse...
Budmilka s'est fait fossoyeur!
Mais ça fera un CR épique j'en suis sûr!


"La chance c'est pour les débutants"
"Maudit un jour, maudit toujours"
"La maturité de l'homme est d'avoir retrouvé le sérieux qu'on avait au jeu quand on était enfant." Alain Damasio

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#105 04-12-2018 11:17:44

Duda
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Real BoitarDEATHCLAWS

Re: ANNONCE

"Sic transit gloria mundi"

La rançon du succès

-    Coach ! Coach ! Venez voir ! – la voix criarde et enjouée d’un halfling parvint aux oreilles agacées de Duda, alors qu’il déjeunait tranquillement, assis à sa table préférée à l’auberge du Crampon Doré, en avalant méticuleusement des cuillerées de son habituel porridge aux fruits, tout en feuilletant le dernier numéro du Lutèce Vox, qui rappelait – non sans un étonnement certain – les derniers exploits du Real Boitar.
-    Coach ! C’est dingue ! Venez ! – un autre hafling brailla de concert avec le premier. 

Soufflant d’exaspération, Duda laissa son plat avec tristesse puis sortit dans la rue. Le soleil aveuglant de la fin de matinée lui fit plisser les yeux et éternuer. Le vent sec et froid qui soufflait ce jour lui cingla le visage alors que ses narines étaient assaillies par l’odeur pestilentielle se propageant aux alentours. Il avait plu à l’aube et désormais les effluves de l’activité humaine remontaient à la surface et empestaient l’air ambiant. Une fois ses yeux habitués à la lumière, et son nez aux émanations putrides des égouts, il avisa qu’un petit attroupement de curieux s’était réuni sur la place attenante à l’auberge.

-    Qu’est ce que c’est que ces conneries les mecs. – aboya-t-il en direction des halflings. – Vous n’pouvez pas m’laisser déj’ tout seul ? Et puis, d’abord, où sont les autres ? Il est bientôt midi.
-    Euhhh… Certains gars n’sont pas encore tous rentrés d’leur virée nocturne. Les autres roupillent encore. – C’était Eggon qui prit la parole, quelque peu mal à l’aise.
-    Quoi ? – siffla l’humain avec énervement. – Comment ça pas encore rentrés ? On a entrainement cet après-midi, merde ! Tout le monde a déjà oublié ?
-    Vous faites pas de bile, coach. – reprit l’autre halfling, qui n’était autre que le jeune Posho. – Regardez plutôt ça ! – conclut-il d’une voix enjouée en montrant un immense carrosse noir qui stationnait sur la place, et autour duquel se pressait une foule de badauds émerveillés.
-    Quoi ça, le carrosse ? Et alors ?
-    Et alors ?! – fit Posho en éructant de joie.
-    Et alors, c’est à nous coach. – rajouta Eggon posément.
-    Comment ça à nous ? Quel est le connard qui s’est permis de dépenser notre pognon pour acheter un putain d’carrosse ? – la voix tonnante de l’humain laissait présager une nouvelle et imminente explosion de colère, mais il fut rapidement rasséréné par ses joueurs.
-    Personne. C’est un cadeau. – Eggon ponctua sa phrase d’un sourire entendu.
-    Un cadeau ? – Duda haussa un sourcil d’étonnement et regarda le halfling avec circonspection.
-    De la ligue. La Lutèce nous offre un putain d’carosse, oué ! – le visage de Posho irradiait de bonheur. – Et pas n’importe quel carrosse ! Venez voir pas vous-même !

Les trois compères s’avancèrent alors plus près, en jouant des coudes et en écartant rudement quelques curieux récalcitrants à les laisser passer. Arrivés près du véhicule, ils purent constater qu’effectivement, l’engin était impressionnant. Le véhicule était immense. D’un noir lustré, aux roues bardées d’acier brillant et dotées d’amortisseurs volumineux, il disposait de deux rangées de portières et de vitres teintées. L’une des portes était ouverte et l’on apercevait un intérieur luxueux, doté de sièges en cuir capitonné et d’épais rideaux en velours. Le logo du Real Boitar était délicatement incrusté sur une des portières du véhicule et les lettres « RD » stylisées étaient gravées, à la feuille d’or, sur les montants. L’arrière de la voiture était occupé par une machinerie étrange, dont ressortaient tubes, réservoirs, boulons manivelles et autres pistons, le tout surmonté d’une cheminée par laquelle s’échappaient des panaches de vapeur. Le véhicule constituait – Duda dut se l’avouer en silence – un magnifique ensemble de technologie, de classe et virilité qui ne pouvait laisser indifférent.

Un humain efflanqué, aux tempes grisonnantes et arborant une magnifique barbe touffue descendit de l’avant de la voiture et vint faire une révérence rapide devant l’entraineur. Il était vêtu élégamment d’un costume à carreaux brun et vert, et portait un haut de forme et des gants en cuir brun.

-    Mes hommages Messires. Vous êtes Duda, je présume ? – dit-il en direction de l’entraineur d’une voix flegmatique dotée d’un accent quelque peu étrange. – Permettez moi de me présenter. Phileas Frogg pour vous servir. J’ai l’immense plaisir de vous acheminer le carrosse que voici, offert au Real Boitar par la grâce de la Commission de la Lutèce Cup.
-    Et en quel honneur, j’vous prie ? – répondit Duda quelque peu sceptique. – Pourquoi la Ligue nous gratifie tout à coup d’ce machin ?

La réaction de l’entraineur, somme toute assez épidermique, laissa son interlocuteur pantois. Il cligna des paupières, abasourdi, se redressa en déglutissant et reprit son ton impassible :

-    Ce « machin » comme vous dites Messire, et le dernier cri de la technique moderne en matière de déplacements urbains et semi-urbains, une mécanique de confort et de puissance dotée de la nouvelle machinerie à vapeur tout droit sortie des ateliers de Maître da Miragliano. Une pure merveille. Quatre-cent cinquante chevaux sous le capot et un plaisir de conduite toujours renouvelé.
-    Ah bon ? – le coupa l’entraineur d’une voix étonnée. – Quatre-cents chevaux ? Et j’vais les foutre où ces putains d’bêtes ?
-    Ah mais Messire. – reprit l’humain avec amusement. – Il s’agit de chevaux mécaniques et non pas de vulgaires canassons ! Avec la nouvelle Phantom, nul besoin d’animaux. Le carrosse est propulsé à l’aide du moteur à vapeur que vous pouvez admirer à l’arrière du véhicule. Une invention prodigieuse Messire ! Ce véhicule se meut grâce à la technique !
-    Coach, c’est la nouvelle Phantom ! – intervint Posho, ne tenant plus en place. – Putain, la Phantom, le rêve quoi ! Truc de fou !
-    Vous avez raison, mon jeune ami. – reprit l’individu sur un ton professoral. – La Phantom est un mélange alliant luxe et technologie moderne. Elle est dotée d’amortisseurs hydrauliques dernier cri, de roues renforcées au mithril, d’essieux à double rotation, et d’une direction à assistance magique. L’espace intérieur, comme vous pouvez l’admirer, est aménagé avec le plus grand soin et une recherche de l’esthétique toujours plus poussée : sièges en cuir nappa chauffants pour plus de confort, vitres teintées résistantes aux chocs assurant votre discrétion, système d’aération, coussins et rideaux en velours de Luccini et, naturellement, un mini-bar intégré. Le comble du sublime poussé au paroxysme de l’intemporel !
-    Super. – résuma Duda laconiquement. – J’avoue que l’bolide en jette. Par contre, nous c’est le Real Boitar. Le logo est bon, mais y’a un souci avec les gravures.
-    Ah bon ? – s’étonna leur interlocuteur, visiblement inquiet. – Quel souci ?
-    L’abréviation. C’est « RB » - Real Boitar quoi, et non pas « RD ».
-    Ah, mais Messire. – L’humain barbu répondit en soufflant, rassuré. – Il ne s’agit pas des initiales de votre équipe, mais de celles de la marque.
-    La marque ?
-    Rolls Doyce, le producteur de la Phantom. Je suis le représentant légal de Rolls Doyce sur le continent. – confirma Phileas avec une fierté non feinte.
-    Le continent ? – l’interrogea Duda sceptique. – Le Vieux Monde ? Parce que vous venez d’où ?
-    D’Albion. Rolls Doyce appartient au Lord Doyce. Un petit jeu de mots. En Albion, « dice » veut dire…
-    C’est perfide. – le coupa l’entraineur.
-    Qu’est ce qui est perfide ? – demanda Phileas abasourdi. – Albion ?
-    Non. La Ligue. – conclut Duda. – Ce que fait la Ligue c’est perfide, merde. Faut qu’on cause, les gars.

Et de fait, ils devaient causer, et rapidement. Depuis une semaine, tout semblait aller de travers, pour le coach Duda. Depuis lors dernier match, et leur improbable victoire contre l’équipe skaven des MST, le Real Boitar avait changé de dimension. Les joueurs perdaient leurs journées en interviews, séances d’autographes, rencontres avec les fans, soirées de sponsoring (ce à quoi ils s’adonnaient avec grand plaisir), et autres sollicitations diverses et variées d’agents, de publicitaires ou de simples suiveurs qui tournaient toujours autour des équipes de Blood Bowl. A cela s’ajoutaient les nombreux – trop nombreux au goût de Duda – présents et soins particuliers dont la Ligue gratifiait son équipe. En effet, ils avaient désormais l’habitude de recevoir chaque midi des déjeuners gargantuesques et somptueux, ils étaient invités tous les soirs à des dîners de gala très arrosés, ils recevaient la visite régulière de soigneuses et masseuses expertes et peu farouches. Ils s’étaient vus, par ailleurs, offrir les services des meilleurs couturiers de la ville (passant un temps non négligeable en essayages et retouches), le tout aux frais de la Ligue naturellement. Et maintenant, s’y ajoutait un carrosse luxueux. Pendant ce temps-là, tout ce qu’ils ne faisaient pas, c’était de s’entraîner, et ça, le coach le notait parfaitement et s’en souciait incontestablement. Certes, s’il fallait légèrement lâcher la bride aux joueurs – un peu de repos, de clinquant et de paillettes ne pouvant leur faire que du bien – il était plus que temps de se remettre au travail. Non, y’avait anguille sous roche, et il fallait donc qu’ils causent tous ensemble.

***

Alors, une fois les clés du véhicule récupérées et les explications sur la manière de conduire l’engin faites par Phileas Frogg, ils remercièrent le représentant albionnais pour sa prestation et le congédièrent sans ménagement. Ils retournaient à leur quartier général lorsque Duda se fit héler par un adolescent halfling qui lui bloqua le passage avec hardiesse.

-    M’sieur, M’sieur, j’peux vous d’mander un truc, M’sieur, s’te plait ! – le halfling freluquet sautilla sur place en souriant avec espoir. Estomaqué par tant d’audace et d’imprudence, l’entraineur haussa les sourcils et repoussa calmement le jeunot.
-    Qu’est ce que tu m’veux, petit ? – lui demanda-t-il en le toisant, la mine crispée.
-    M’sieur, j’suis l’plus grand fan du Real ! Vot’ équipe c’est toute ma vie ! – répliqua le garçon avec entrain.
-    C’est très bien. Tu veux un autographe, c’est ça ? – intervint Eggon.
-    Non, non, vous n’y êtes pas. J’ai déjà tous vos autographes ! J’ai la collec’ complète de vos images dans mon album Panino. Toutes signées en plus ! – brailla le petit en agitant avec entrain un livret coloré devant le visage de l’entraineur.
-    Alors quoi ? Tu veux quoi gamin ? – lança Duda dont l’agacement commençait à poindre.
-    J’me disais… - la voix de l’adolescent se fit tout à coup moins sûre, plus posée. – J’me disais que, peut-être vous auriez b’soin d’un joueur en plus ! J’aimerais tant faire partie de votre équipe !
-    Hein ? Qu’est ce que tu racontes l’merdeux ? – l’entraineur humain ne cachait plus sa contrariété. – Tu crois que j’ai qu’ça à foutre d’écouter les délires d’un môme ? Tu sais jouer au ballon au moins ?
-    Pour sûr M’sieur ! J’joue dans l’équipe d’mon village depuis tout petit. – les yeux de l’halfling étincelèrent tout à coup. – J’pourrais vous montrer c’que j’sais faire !
-    Allez, va t’en. – le calma Duda immédiatement. – Tu serais mort à la première minute d’un match de la Lutèce.
-    Mais non, M’sieur. J’étais l’meilleur de mon équipe ! – protesta vivement le garçon. – C’est qu’on est des super joueurs de Blood Bowl dans ma famille ! Y’avait même mon cousin qui avait joué pour vous, à l’époque.
-    De quoi ? – le coupa tout à coup l’entraineur. – Quel cousin ?
-    Yogo. Yogo Pleinepanse. Mon cousin.
-    Et tu t’appelles comment ? – lui demanda Eggon, intéressé.
-    Hal. Moi c’est Hal Pleinepanse. Yogo, c’était mon cousin. L’fils de mon oncle quoi. Allez ! S’vous plait M’sieur. J’peux faire un test avec vous ? – insistait l’adolescent halfling.
-    Yogo, hein. – répondit Duda. – Tu sais gamin. Yogo est mort sur un terrain. La gueule écrasée par le pied d’un vicelard d’hobgobelin. Tu veux rencontrer le même sort, bonhomme ?
-    Mais non ! – répondit le jeune, la voix tremblante. – Yogo c’est une star par chez nous. Une véritable légende. Oué, l’est mort. Mais quelle mort glorieuse ! Vous l’avez gagné, ce match où il est mort, non ? Grâce à lui, à son sacrifice ! J’veux connaitre la même aventure, le même succès, j’veux être une star aussi !
-    Coach. – Eggon tourna son regard vers l’entraineur. – Faut réfléchir. On aurait p’tet besoin….
-    C’est non. – le coupa sèchement Duda en détruisant tout espoir naissant dans le regard du jeune halfling, qui tomba à genoux de dépit. – Retournes à l’école, gamin. Et oublies ce sport de dingues. C’est pas pour toi.

Sur ce, ils retournèrent à l’auberge sans un regard en arrière, laissant le pauvre adolescent la tête basse, les yeux emplis de larmes, son album d’images lui tombant des mains et finissant dans la fange répandue sur la chaussée, ses pages agitées par le vent frais d’une triste fin de matinée automnale.

***

De retour dans leur établissement, Duda put constater qu’une partie de ses joueurs était enfin réveillée. Les halflings étaient attablés et se restauraient du copieux repas livré le matin même par le fournisseur officiel de la Lutèce Cup. Des plateaux garnis de fruits de mer, de poissons grillés et de légumes variés étaient disposés sur le buffet, aux côtés d’un nombre non négligeable de pichets de vin blanc dont les joueurs se servaient allègrement en bavardant et en riant, les mines pourtant fatiguées et les yeux cernés. L’entraineur jeta un regard torve à la scène et plissa les lèvres avec mépris :

-    C’est à cette heure qu’on se lève, bande de larves ?! – aboya-t-il en direction de ses protégés. – Et puis, ils sont où, les autres gars ?
-    Bonjour coach. – lui répondit Tholot en souriant, d’une voix enrouée. – On n’est pas encore en retard, pour l’entrainement, non ? Les autres devraient arriver d’ici peu. On a passé une soirée de folie. Un gala organisé par la Ligue. Y’avait d’ces p’tits culs. Vous auriez dû venir.
-    Rien à foutre de tes explications, l’Ancien. – le rabroua Duda. – Et les hommes-arbres ?
-    Euh. J’en sais rien. – se refrogna Tholot. – Encore fourrés à la Dryade Frivole, je présume. Mais pourquoi vous gueulez ? Qu’est-ce qui vous prend ?
-    Qu’est ce qui m’prend ? – riposta l’entraineur avec véhémence. – C’qui m’prend c’est que vous passez vos journées à glander, à picoler et à rien foutre ! Je vous rappelle qu’on a un match à préparer. J’vous rappelle qu’on a entrainement tout à l’heure.
-    Vous bilez pas, coach. – intervint Aldo tout sourire. – On est préparés. Et puis, c’est du tout cuit l’prochain match. Les gobs, on va s’les faire.
-    Non mais tu t’fous de ma gueule, espèce de pet d’bouc ?! – hurla l’humain en direction de l’halfling potelé. – Regarde toi. Regardez-vous tous, les merdeux. Vous êtes devenus oisifs, paresseux et feignants. Ça fait une semaine qu’vous foutez plus rien, et c’est pas normal.
-    Bah oué, coach. C’est la rançon du succès qu’on appelle ça. – lui répondit stoïquement Tholot en dodelinant de la tête. – On s’entraine pas, parce qu’on est pris par nos obligations, et non pas parce qu’on veut pas.
-    Justement. – rétorqua l’humain. – C’est pas normal tout ça. La Ligue nous porte trop d’attention dernièrement.
-    Mais non, c’est normal ! – contesta Aldo. – On est des stars et la Ligue gagne plein d’pognon grâce à nous ! C’est normal donc qu’ils nous rendent la pareille.
-    Rien du tout. C’est trop. – renchérit l’entraineur. – Tous ces cadeaux, ces festivités, ces soins, ça cache quelque chose. Dis moi Tholot, toi qui es dans les comptes de l’équipe, on en a reçu pour combien, d’la part de la Lutèce ?
-    J’ai pas les chiffres exacts en tête. – répondit Tholot quelque peu pris au dépourvu, une crevette à la main. – J’dirais dans les… un million quatre, un million cinq…. C’est vrai que c’est beaucoup.
-    Et les autres équipes ?
-    A peu près autant. Mais toutes mises ensemble. Oh merde… – finit Tholot la mine tout à coup soucieuse.
-    Tu vois. – rétorqua posément Duda. – T’as pigé alors. La Ligue nous abreuve nous, et seulement nous, de cadeaux et de frivolités, tout ça pour qu’on ne s’entraine pas.
-    Mais dans quel but, coach ? – intervint un Eggon surpris.
-    Réfléchis. – le coach tourna son regard vers ce dernier. – On joue qui au prochain match ? Les gobs de ce dépavé de Bud.
-    Et ?
-    Et trois matchs après, c’est les chaotiques de SSB, la raclure, qu’on rencontre. – continua Duda sur le ton de la confidence.
-    Et ? – Eggon faisait visiblement des efforts pour comprendre où l’entraineur voulait en venir.
-    Et putain t’es con ou tu fais exprès Egg’ ?! – explosa l’humain rouge de colère. – C’est eux la Ligue les gars ! C’est aussi eux. Surtout eux. C’est pour ça qu’on vous offre toutes ces conneries. Pour que vous fichiez rien du tout et que vous arriviez aux matchs tout mous et hors forme.
-    Mais non, pas d’quoi crier au loup. – riposta Aldo toujours enjoué. – Vous exagérez, coach.
-    J’exagère ? – siffla ce dernier. – Et le putain d’carrosse alors ?
-    Quel carrosse ? – demanda Tholot interloqué.
-    La Phantom ! – intervint Posho. – On nous a offert la putain d’Phantom !
-    Noooon ! Sans déc’ ! Trop bien ! La classe ! – firent les autres halflings à l’unisson, les bouches ouvertes de surprise non feinte, en se jetant aux fenêtres de l’auberge.
-    J’en ai marre. – conclut le coach en agitant ses bras. – Faites c’que vous voulez, j’vais chercher les autres blaireaux et j’les ramène à coups d’pied au cul. J’veux voir tout l’monde à l’entrainement dans trois heures, c’est compris ! – Mais ses joueurs ne l’écoutaient plus. Ils s’étaient tous précipités dehors afin d’admirer leur nouveau jouet technologique, offert gracieusement par les vicieux Commissaires de la Ligue.

***

Trouver les deux hommes-arbres était aisé, ils se reposaient effectivement au calme à la Dryade Frivole, un établissement luxueux pour clientèle non-humaine principalement. Les faire sortir du cabaret s’était toutefois révélé bien plus ardu. Les deux gardiens sylvestres s’étaient indubitablement enivrés de liqueur d’écorce de bouleau et ni les réprimandes de l’entraineur, ni les supplications alarmées de la matrone – laquelle se plaignait du comportement déplacé de Cendrechêne et de Grisfêne – n’avaient le moindre effet sur eux. Les deux restaient plantés dans la pelouse du jardin, à l’arrière de l’établissement, se reposant, immobiles et coupés du monde extérieur. Le coach dut employer les grands moyens et menaça de foutre le feu à la baraque, voire même à tout le quartier, si les deux anciens ne se bougeaient pas. La bravade, combinée au Dard de Kurnous que l’entraineur pensa à emmener avec lui, eurent un effet certain sur ces derniers, lesquels se décidèrent enfin de revenir à l’auberge, lançant néanmoins des regards lugubres et pleins de reproches sous-entendus à l’humain.

-    Putain, de l’écorce de bouleau, les mecs ! – Duda hurlait sur les deux hommes-arbres. – Vous voulez finir complètement déshydratés ou quoi ? Un jour avant notre match ?
-    Et qu’ils ne remettent plus les pieds ici, ces deux vieilles branches ! J’veux plus les voir, ces poivrots. Ils ne savent pas se tenir. – La grosse tenancière admonestait le coach alors que ce dernier évacuait tant bien que mal ses deux joueurs. – Mon Anabelle a failli s’étouffer, pauvre gamine, la bouche emplie de sève et copeaux d’bois ! Salopards !

***

Une fois le problème des hommes-arbres réglé, Duda alla chercher le reste de l’équipe. Les plus jeunes finissaient la soirée (alors qu’il était déjà midi bien passée !) au Lotus Noir, un autre établissement de qualité fréquenté par les joueurs, les officiels et tout l’entourage de la Lutèce Cup. Lorsqu’il pénétra dans l’établissement, il fut assailli par un mélange d’odeurs âcres et rances de fumée de cigare, de vapeurs d’alcool, de transpiration et d’urine. Il s’enfonça plus en avant dans la salle bondée en plissant le nez, se frayant un chemin parmi les nombreux convives encore présents, qui ondulaient lascivement au rythme d’une musique ambiante désagréable et bien trop bruyante pour les oreilles de l’entraineur, jouée par une troupe de troubadours elfes sautillants et braillards, manifestement sous emprise de quelque substance stupéfiante. Naturellement, il trouva les restes de son équipe à l’arrière de l’établissement, affalés dans un petit salon privé, riant grassement et s’invectivant les uns les autres par-dessus un tas de bouteilles, de pichets vides et de restes de repas qui trainaient sur la table. L’entraineur se planta devant eux, les mains sur les hanches et le regard sombre, mais personne ne lui prêtait la moindre attention.

-    On n’veux rien d’autre pour l’moment, mon gars. – fit l’un des haflings d’une voix fatiguée et éraillée en agitant sa main, sans jeter un regard vers l’humain.
-    Et si vous bougiez vos gros culs d’merdeux ?! – tonna subitement Duda d’une voix puissante.

Les halflings se redressèrent immédiatement et relevèrent la tête en même temps. Ils se dévisageaient les uns les autres sans oser parler.

-    Qu’est ce que vous foutez là encore, tas d’croûtes anales ?! – s’emporta l’entraineur. – Ca fait plusieurs heures que j’cherche vos sales gueules et j’les trouve où ? Dans un troquet d’mes deux à cuver la vinasse ! Putain les gars, on a un match à préparer !
-    Hé, calmez vous. – reprit le halfling qui avait parlé en premier. – On sait, on a un peu exagéré, mais vous inquiétez pas, tout est sous contrôle, coach.
-    Qu’est ce que tu me racontes, Marcelin ? – répondit ce dernier interloqué.
-    Pour le match oué. Tout est sous contrôle. – continua le halfling, imperturbable. – Il s’avère qu’avec les gars, on a trouvé un plan pour l’match. Et ici même, dans ce troquet, comme vous dites. – fit-il tout sourire.
-    Quel plan, de quoi tu parles gamin ? – l’entraineur ne décolérait visiblement pas.
-    Attendez, vous allez voir, j’vais chercher not’ gars. – conclut Marcelin en s’éclipsant du salon.

Duda attendit au milieu de ses joueurs, dans un silence pesant, perturbé uniquement par les sons de musique et de rires provenant de la salle commune. Deux minutes plus tard, Marcelin était de retour en compagnie d’un étrange personnage. Il s’agissait d’un immense humain ventripotent, un peu bas du torse à la carrure impressionnante, arborant une imposante moustache rousse et une chevelure coiffée en deux tresses tombant de chaque côté d’un visage bouffi, attachées par des cocardes noires. Il était vêtu de manière singulière et portait d’amples chausses rayées blanc et bleu, soutenues par une épaisse ceinture teinte en vert-émeraude fermée par une boucle stylisée en or massif. Mis à part le futal, il était torse-nu, la tête uniquement couverte d’un petit casque à cornes.

-    Coach, voici Concorde, notre sauveur, notre arme secrète. – Marcelin présenta avec entrain le nouveau venu.
-    Bonjour Monsieur, ravi d’vous connaitre. – fit celui-ci sur un ton placide, cadrant assez mal avec l’imposant physique de l’individu.
-    Salut. – répondit sèchement l’entraineur en lorgnant l’individu, puis il se tourna vers son joueur en l’interrogeant. – Et en quoi il est censé nous aider, celui-là ? Explique-toi.
-    Coach, vous allez tout comprendre. Concorde, il vit dans un p’tit village côtier, pas vrai mon poto ? – répondit Marcelin sur un ton amical en relevant la tête vers le colosse. – Or, ça fait des années que dans son village, ils sont assiégés par des armées tiléennes. Et vous savez quoi ? Ils résistent. C’est des durs à cuire, Concorde et ses amis. Vous imaginez ? Un simple village qui résiste tout seul aux légions tiléennes, sans l’aide de personne. – conclut le halfling sur un ton sibyllin.
-    Sont fous ces tiléens. – renchérit Concorde en toquant du doigt sur sa tempe.
-    Et alors ? Qu’est ce que ça peut nous faire ? – répliqua Duda de manière acerbe, tout en lançant un regard acéré au semi-homme. – Va pas jouer avec nous, ce mec, hein. C’est par un putain d’half de mes deux, à ce que j’vois. Et on va pas l’déguiser en homme-arbre quand même, non ?
-    Attendez, coach, j’ai pas fini. – rétorqua Marcelin, manifestement content de son petit manège. – Vous savez pourquoi ils résistent, les villageois ? Parce qu’ils l’ont, lui. Et vous savez ce qu’il fait, Concorde ? Il est jongleur de menhirs ! Et oui ! Il balance des rochers en plein sur la gueule des soldats ! Plein de rochers ! Et il rate jamais sa cible !
-    Et ? – fit Duda sceptique.
-    Et, on vient de l’embaucher pour not’ prochain match. Il a justement un menhir en rab’ avec lui ! – conclut Marcelin en souriant de plus belle. – C’est dans la poche, c’match, coach !

***

Duda faisait les cent pas le long de son banc de touche, angoissé et mal à l’aise. Des idées noires lui trottaient dans la tête et il avait un mauvais pressentiment dont il n’arrivait pas à se débarrasser, comme une verrue mal soignée qui lui gratterait l’intérieur de la main. Pourtant, tout semblait avoir été préparé pour la rencontre avec la Fraternité Sans Malpierre du coach Budmilka, qui n’était autre que le Président de la Ligue. Face aux joueurs de celui-ci, mêlant l’adresse des skaven, la brutalité d’un troll et la sournoiserie des gobelins, les halflings avaient peu d’arguments à opposer. Certes, le Real Boitar était composé de vétérans des terrains de Blood Bowl, et qui plus est, le coach Duda avait joué des pieds et des mains pour mettre son équipe dans les meilleures conditions, en faisant appel, une nouvelle fois, à leur chef cuisinier fétiche, ainsi qu’à Natasha, leur serveuse de bière préférée. Il gardait également en tête l’idée saugrenue que lui avait présenté Marcelin la veille. Il savait que le lanceur de menhirs était quelque part dans les gradins, et même s’il ne croyait pas trop à la magouille, il se disait que c’était tout bénéfique si jamais le coup réussissait. Néanmoins, l’entraineur du Real Boitar restait perturbé. Le sourire en coin que lui lança le coach Budmilka avant l’entame du match n’avait rien de rassurant, bien au contraire :

-    Alors Duda, comment ils vont tes p’tits protégés ? – le questionna ce dernier sur un ton quelque peu sarcastique. – Pas trop fatigués par les soirées qu’ils font ? Ils ont pas l’air en forme, tes minus.
-    Occupe toi d’tes fesses Bud’. – répondit Duda de manière détachée, feignant de ne pas être atteint par les piques de son adversaire du soir.

Mais en réalité, il n’en menait pas large. Il demeurait inquiet, très inquiet. Ses joueurs bougeaient avec lourdeur, apathiques et avachis alors qu’en face, la Fraternité Sans Malpierre affichait une attitude concentrée et nerveuse qui trahissait une préparation spéciale pour ce match. Pourtant, lorsque le coup de sifflet de l’arbitre retentit et que la foule massée dans les gradins hurlait d’alégresse, un objet volumineux fit son apparition dans les airs. Un immense rocher en forme de larme décrivit une courbe parfaite au-dessus du terrain et vint s’écraser en plein sur le casque du malheureux Runner Dingue – le blitzer-star de la Fraternité Sans Malpierre – l’assommant sur le coup !  Tout le monde se mit alors à beugler, la foule de délire, le coach Budmilka de dépit, le Real Boitar de joie. Duda restait abasourdi sur le bord du terrain alors que Marcelin tournait son regard vers lui. Il lui lança un clin d’½il malicieux, un sourire immense affiché sur son visage, comme s’il voulait dire : « J’vous l’avais bien dit ».

***

Ils étaient rassemblés sur la falaise, face à l’océan tumultueux, aux vagues emplies d’écume qui frappaient inlassablement le rivage déchiqueté dans un vacarme assourdissant. L’après-midi touchait à sa fin et le ciel se parait d’ocre, alors que l’astre solaire descendait lentement derrière l’horizon lointain, faisant scintiller d’or les flots agités du grand large. Duda se tenait au bord du promontoire, la mine lugubre, le visage tourné vers l’océan, un récipient dans les bras, alors que ses joueurs attendaient, consternés, qu’il s’adresse à eux. Il ferma les yeux et laissa la brise marine lui cingler le visage. Il prit une profonde inspiration puis se tourna vers ses joueurs, dépités, la larme à l’½il, les dos voutés. Tous étaient là, même les blessés, même Eggon, le visage enfoui sous un amas de bandages, même Roch, portant une imposante minerve autour du cou. Tous, sauf un, naturellement. Il scruta un moment en silence leurs visages sinistres, leurs mines déconfites et leurs regards désespérés. Il voyait bien qu’ils cherchaient du réconfort, qu’ils avaient besoin d’un appui moral, de paroles encourageantes dans ce moment d’abattement. Il ne pouvait les leur offrir. Il prit alors la parole, d’une voix dure et grave.

-    C’est le moment, les gars. J’imagine que c’est à moi de dire quelques mots à propos de notre pote, hein. J’imagine que je dois rappeler la mémoire de Marcelin, décrire ses qualités, dire que c’était un super coéquipier, toujours souriant, espiègle, jovial et agréable. Un mec bien tout simplement. Mais, en réalité, vous le pressentez, j’peux pas. Ce serait mentir, ce serait vous mentir. Parce que c’était un petit con. Un petit con malicieux bouffi de vanité et d’orgueil, qui se croyait plus malin que les autres. Ne me regardez pas comme ça, avec vos tronches de déterrés, vous savez que j’ai raison. Parce que vous êtes des petits cons, tout comme lui. Sauf que vous, vous vous tenez devant moi, alors que lui, il ne reste de lui que ces putains d’cendres ! – le coach conclut sa diatribe en levant haut le récipient qu’il tenait dans les bras.
-    Coach, s’il vous plait, c’est pas l’moment pour les remontrances. – observa calmement Tholot, la mine dépitée. – On sait qu’on a merdé. Mais par respect pour Marcelin…
-    Ta gueule, Tholot. – le coupa l’entraineur. – Justement, c’est le moment. C’est même un moment parfait. Parce que j’veux que vous vous rappeliez exactement de ce putain d’moment précis. Même si vous devez me détester pour cela. J’veux que vous vous rappeliez pour toute votre vie qu’un jour, on s’est tous tenus là, pour dire au revoir à un petit connard qui pensait tout connaitre de la vie. Si sa mort peut servir à vous donner une leçon, je m’en satisferai. J’veux que vous compreniez, que vous vous mettiez ça dans vos satanés caboches, que n’importe lequel de vous peut également finir là, dans une urne, et ce à chaque match qui va venir !
-    Mais coach, on a compris… - voulut continuer Tholot, mais il fut immédiatement réduit au silence par la voix tonnante de l’humain.
-    Ne me coupe pas la parole, petit ! Je n’ai pas fini. – rugit Duda. – Vous n’avez encore rien compris, les minus. Ce match, ce match, c’était une prestation pathétique de l’ensemble de l’équipe ! – Il porta alors son regard vers les deux hommes-arbres qui attendaient stoïquement derrière les halflings. – Et vous deux, vieux troncs pourris ! Qu’est ce qui vous a pris ? S’enraciner dès l’entame du match ? Et recommencer dès la seconde mi-temps ? Non mais vous vous croyez où là ? Je vous avais pourtant prévenu de ne pas abuser de l’écorce de bouleau, je vous l’avais dit, non ? C’est comme chier dans un seau troué. – L’entraineur était visiblement excédé.
-    On y peut rien, ils étaient plus forts que nous. – Essaya de justifier leur prestation Tholot.
-    Mon cul oui ! – brama l’humain acariâtre. – Vous avez tout raté, tout ! J’compte pas l’action de dépit de Calben en fin de match, un coup d’chance ça. Mais vous vous êtes vus sur le terrain ? On aurait dit des larves d’asticots. Vous vous pensiez plus malins que les autres, avec vos plans à la noix ? Bah, ça n’a pas marché cette fois-ci. Et on dirait, en réalité, que la Ligue nous l’a fait à l’envers ! Vous vous êtes pris au jeu de la gloire et vous êtes tombés en plein dans le piège que vous tendait ce salopard de Budmilka. Je vous avais pourtant prévenu, mais vous vous en moquiez. Et bien, regardez vous maintenant, vous êtes fiers de vous ?

Aucun des halflings ne put faire une quelconque objection aux critiques de leur entraineur. En effet, ils avaient complètement raté leur prestation, ne sachant pas comment stopper l’avancée des agiles skaven de la Fraternité Sans Malpierre, et ne trouvant aucune solution pour les contrer. Ils firent preuve d’une mollesse incroyable et d’une apathie consternante durant toute la rencontre, alors que leurs adversaires les pourchassaient sur tout le terrain et réussissaient à se débarrasser d’eux à chaque coup. La situation fut très rapidement compromise pour le Real Boitar alors que les deux hommes-arbres prenaient racine et s’immobilisaient au milieu du terrain pratiquement dès le coup d’envoi du match, et elle s’aggrava irrémédiablement lorsque Runner Dingue – le blitzer-star de la Fraternité – se remit de sa commotion et fit son apparition sur la pelouse. Visiblement courroucé par le coup vicieux que lui avaient préparé les halflings, il décida de les pourchasser avec véhémence et fit montre d’une véritable ½uvre de destruction, sonnant, assommant ou blessant pas moins de six adversaires ! Le malheureux Marcelin trépassa ainsi sous les coups véhéments de l’homme-rat, le cerveau transformé en bouillie sanglante, et la catastrophe ultime n’était pas très loin pour les semi-hommes lorsque le blitzer skaven s’en prit à Tholot, lui assénant un majestueux crochet de ses griffes acérées. Le capitaine du Real Boitar tomba à la renverse et cessa de respirer. Tout le stade retint son souffle, craignant le pire pour leur joueur vedette. Heureusement, l’intervention immédiate du médecin de l’équipe – le célèbre Docteur Grégory Maison – sauva la vie du vétéran halfling, au grand soulagement du coach Duda. Néanmoins, les effectifs réduits à peau de chagrin, le Real Boitar ne put empêcher la Fraternité de marquer de nouveau en seconde mi-temps, après un contre savamment réalisé par les agiles skaven de Budmilka.

La seule action de prestige fut l’½uvre de l’incontournable Cendrechêne, lequel, apercevant le troll adverse se rapprocher d’un peu trop près, s’élança vers ce dernier et l’estourbit violemment. La boite crânienne de la bête immonde explosa dans une gerbe de sang acide et verdâtre, pour le plus grand bonheur des spectateurs, mugissant d’excitation lubrique mêlée d’effroi. Toutefois, c’était mal connaitre la résistance légendaire des trolls et le talent de l’apothicaire et prêtre de la Fraternité Sans Malpierre, qui n’était autre que leur lanceur skaven Thoros Ligne-de-Myr, lequel – d’un baiser ardent et funeste – remit miraculeusement le troll sur pieds ! La magie était à l’½uvre sur le terrain, à n’en pas douter, une magie maléfique et terrible, qui ne laissait aucune chance de victoire aux malheureux joueurs du Real Boitar.

Certes, les halflings, refrognés et touchés dans leur orgueil, tentèrent un dernier baroud d’honneur, une dernière action d’éclat, laquelle réussit, presque miraculeusement. Esseulé, soutenu par seulement deux coéquipiers, Calben Drupoil pénétra profondément dans les lignes ennemies et résista à deux plaquages adverses. Acculé à la ligne de touche et pressé de toutes parts, il réussit plusieurs esquives difficiles pour porter le ballon dans l’en-but adverse, au grand soulagement de son coach. Le Real Boitar ne rentrait pas bredouille, mais ils avaient payé très chèrement leur insolence et leur insouciance. C’était une leçon amère, très amère, marquée au fer rouge sur leurs dos. Ils s’en souviendraient certainement longtemps et ne reproduiraient pas les mêmes erreurs, du moins leur entraineur l’espérait-il.

Ils finirent par répandre les cendres de leur coéquipier qui furent emportés au large par le vent marin, puis s’en allèrent, les mines déconfites et les yeux embués de larmes.

-    On fait quoi maintenant ? – intervint posément Waldi en s’adressant à l’entraineur.
-    Comment ça, on fait quoi ? – répondit ce dernier. – On retourne au turbin, bonhomme. Faut vous remettre en état pour le prochain match !
-    On est pas en état… - reprit le semi-homme sur un ton lugubre.
-    Oh, arrête de t’apitoyer sur ton sort. – Le pressa Duda, puis il s’adressa à l’ensemble de l’équipe : – Arrêtez tous. Je répète, Marcelin, c’est pas le premier ni le dernier à crever ! Vous le savez tous et vous avez signé en connaissance de cause. Maintenant, on a un blason à défendre et un putain d’match à préparer ! Et vu ce qui arrive, il va falloir remettre les bouchées doubles les gars. On prend du lourd, du très lourd puis de l’enfoiré d’salopard de lourd !
-    Et donc ? – questionna Afka benoitement.
-    Il nous faut un nouveau plan, les rase-mottes. – reprit l’humain sur un ton énigmatique. – Remontez dans la Phantom maintenant. C’est qu’on a d’la route à faire pour rentrer à la capitale.
-    Et après ?
-    Après, vous irez m’chercher le petit. Hal, le cousin d’Yogo. – conclut Duda en plissant les yeux, manifestement irrité, le cerveau déjà en ébullition, cherchant des solutions aux futures, et très proches, embuches que l’équipe allait rencontrer. – Quant à moi, avec tous les blessés qu’on a, j’ai pas l’choix. A cause de vous, j’vais devoir aller une nouvelle fois lécher les bottes d’cet enfoiré d’connard prétentieux. Et ça, ça me met en rogne !

cool

Dernière modification par Duda (05-12-2018 16:16:29)


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#106 04-12-2018 19:08:40

Skarlan
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#107 04-12-2018 22:49:50

Budmilka
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Ah, et la Phantom, c'est cadeau, ça me fait "plaisir"... #evil#


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#108 05-12-2018 09:22:50

Duda
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Re: ANNONCE

Skarlan a écrit:

https://m.youtube.com/watch?v=8_0QNk9RI2A

On reconnait ses classiques. Chapeau.
Mais pourquoi en turc ? lol

Bud a écrit:

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wink


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#109 05-12-2018 09:31:27

Skarlan
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Re: ANNONCE

ça me rappelle le Vietnam.


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#110 05-12-2018 09:32:29

Aardvark
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Re: ANNONCE

Duda a écrit:

Skarlan a écrit:

https://m.youtube.com/watch?v=8_0QNk9RI2A

On reconnait ses classiques. Chapeau.
Mais pourquoi en turc ? lol

Bud a écrit:

Je met au défi quiconque de donner un baiser de feu à un troll qui n'a plus de tête...

La nuit est sombre et pleine de malepierre...

wink

la nuit est sombre , chaude, pleine de malepierre et de vices et Killing Krystal Koke Kelly est une vraie sauvage.
la preuve:

https://www.youtube.com/watch?v=lCnzxlKguFU

smilebig_smilemrgreen

Dernière modification par Aardvark (05-12-2018 09:33:17)


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#111 05-12-2018 10:58:48

Budmilka
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Re: ANNONCE

La nuit est sombre et pleine de malepierre...

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#112 05-12-2018 11:02:10

Scarabee
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Re: ANNONCE

C'est rare, trop rare.
Par contre quand je vois que le sujet ANNONCE pop, je suis en joie !

jc

Je ne l'ouvre pas et le laisse de coté pour mon voyage en métro...
Souvent c'est juste un fanboy comme moi qui se plaint d'une attente trop longue.
J'approuve, mais cela me rend triste et je retourne à mes activités habituelles.
prez

Mais alors quand je vois qu'il y a un gros commentaire de Duda c'est le jackpot !
Je lit ça d'une traite, oubliant le monde qui m'entoure.
Je ne suis pas dans le métro. Je suis dans les ruelles de Lutèce, dans le gradin d'un stade ou l'arrière salle d'un troquet.
Et si le trajet se fini plus tôt que ma lecture, je m'assoie sur un banc parce que je veux connaitre la suite, connaitre la fin.

Bref... Tout ça pour dire que t'as du talent Dude
T'as dû tomber dans la marmite quand t'étais petit.
laraigne


Personne n'aime les mauvais perdants. Soyez beaux perdants, évitez de gagner ! roll

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#113 05-12-2018 11:07:39

lepropre
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Re: ANNONCE

Un compte rendu contenant de l'Astérix c'est beau.


Je n'ai jamais vraiment perdu un match dans ma carrière, j'ai juste manqué de temps certaines fois.

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#114 05-12-2018 16:17:41

Duda
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Re: ANNONCE

Merci merci merci les gars, c'est vraiment trop gentil !
TRES content que ça vous plaise big_smile

Scarabee - j'suis carrément ému !

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EXCELLENT. On garde ! wink

Dernière modification par Duda (05-12-2018 16:18:46)


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#115 06-12-2018 10:56:35

Skarlan
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Re: ANNONCE

Duda, le seul mec qui rend les déplacements en métro/RER/train agréable!
tu as pensé à te faire sponsoriser par SNCF/RATP?


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#116 11-12-2018 17:09:57

Manu
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Re: ANNONCE

Duda, je viens de tout lire d'un seul trait ! Tu écris remarquablement bien !! Ca donne presque envie de jouer Halfling, tu devrais penser à publier tu deviendrais le J-R-R Tolkien de la Lutèce !!!

Félicitation pour cette histoire qui est remarquable (et aussi pour tes performances halfgiennes).

Hâte de lire ta J7...

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