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Le Blood Bowl à la sauvage !!!

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#126 22-12-2018 16:50:50

cosius
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Re: ANNONCE

Heureusement que la trêve des confiseurs commence, ça me laisse le temps de lire la dernière livraison du Real Boitar smile


Cette année, j'arrête de jouer aux dés, je commence à jouer à Blood Bowl... ou pas !

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#127 22-12-2018 20:17:51

Budmilka
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Re: ANNONCE

C'est génial ! Tout a l'air vrai, tout ! Sauf :

bière renversée dans les cheveux [...]Eddie

Eddie ? Cheveux ?


"L'important, c'est de passer l'armure." Pierre de Coubertin (sur une aggro à 7 soutiens)

"Je ne perd jamais : soit je gagne, soit je chatte." Nelson Mandela (joueur sylvain/skaven)

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#128 23-12-2018 15:23:00

Duda
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Re: ANNONCE

Budmilka a écrit:

C'est génial ! Tout a l'air vrai, tout ! Sauf :

bière renversée dans les cheveux [...]Eddie

Eddie ? Cheveux ?

lol
Mais c'est vrai ça !
Merci Bud', voilà une remarque pertinente et constructive (j'dis pas que les autres ne le sont pas...)

Je vais corriger un peu, il lui reste quand même quelques poils sur ce caillou (c'est à ça que j'pensais quand j'avais écrit) wink


Pourquoi les Nains ont la bière et les Elfes la magie ?
Parce que les Nains ont choisi en premier...

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#129 23-12-2018 16:40:58

Aredhel
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Re: ANNONCE

Budmilka a écrit:

C'est génial ! Tout a l'air vrai, tout ! Sauf :

bière renversée dans les cheveux [...]Eddie

Eddie ? Cheveux ?

on avait dit .. pas l'physique !!!!


Le Genie (maléfique) de l'internationalement reconnue team "Les Experts Lutèce".

Sgt Taliesin : Après un match comme ça tu peux me tirer tout ce que tu veux mon grand mrgreen
vivement le tirage de la prochaine saison !!!!!

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#130 23-12-2018 16:46:12

Budmilka
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Re: ANNONCE

S'pas physique les ch'veux, s'comme les vêt'ments !!


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#131 24-12-2018 10:53:53

Duda
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Re: ANNONCE

Corrigé. wink

Sinon :

La fin d'année

L’atmosphère ambiante appelait à la quiétude, au repos, à la sérénité et au partage, alors que toute la ville se préparait aux festivités devant accueillir avec joie l’arrivée de l’hiver et la nouvelle année. La neige ayant fait son apparition la nuit passée, un léger linceul blanc recouvrait la chaussée alors qu’une onde de brume fraiche planait au-dessus des faites des maisons, obstruant un ciel par ailleurs dégagé et floutant les lumières provenant des lampions, guirlandes, bougies et autres décorations lumineuses accrochées un peu partout dans les rues du bourg.

L’air était à la fête. De chaque maison se répandaient d’agréables odeurs de pain d’épice, de chocolat chaud, de gâteaux au miel, de bougies parfumées et de sève de sapin, alors que le son de nombreuses chansons de fête s’élevait au ciel, provenant des gorges braillardes d’enfants impatients de recevoir leurs cadeaux de fin d’année.

Le Real Boitar n’était pas en reste. Depuis l’aurore, toute l’équipe était debout et s’affairait aux préparatifs dans une ambiance espiègle et bonne enfant, sous l’½il amusé et attentif de Duda, confortablement installé dans un moelleux fauteuil, les pieds reposés sur une pile de coussins et tournés vers la cheminée dans laquelle brûlait une grande buche, répandant une agréable chaleur dans toute l’auberge. Les joueurs s’égayaient joyeusement en mettant une touche finale aux décorations, et en lorgnant avec avidité le monticule de cadeaux posés au pied de l’immense sapin magnifiquement décoré, qui trônait dans le salon. Un mélange appétissant de senteurs provenait de la cuisine, dans laquelle Roël s’activait autour des fourneaux en préparant ses spécialités culinaires qui seraient servies ce soir : bouillon de cèpes aux petits légumes, assiettes de fruits de mer, ravioles farcies au fromage, filets de sole pannée, foie-gras en croûte, escargots aux épinards, et naturellement, pour couronner le tout, de merveilleux et succulents gâteaux aux épices, au fromage blanc ou aux graines de pavot !

Pourtant, un individu n’était pas à la fête, et bougonnait, agacé, dans un coin de l’auberge. Ayant fait son apparition dans le salon du Crampon Doré, Cendrechêne faisait visiblement la tête, l’½il noir, ses ancestrales lèvres retroussées dans un affreux rictus, fronçant ses sourcils broussailleux et grommelant de lugubres borborygmes dans sa barbe hirsute en lichen. Il fulminait littéralement, tapant de ses énormes branches contre le mur de l’auberge et frappant de son pied massif sur le dallage, alors qu’il fixait avec nerveusement l’immense sapin majestueusement décoré de guirlandes lumineuses, de lampions dorés, de boules colorées, de sucreries et de brocarts, et au sommet duquel culminait une immense étoile argentée à cinq branches. Duda pivota lentement la tête en reposant sur la table-basse le verre de whisky qu’il sirotait – seule enfreinte qu’il se permettait, à cette époque de l’année, au strict régime ascétique qu’il respectait scrupuleusement le reste du temps – et demanda calmement et avec douceur à l’homme-arbre râleur :

-    Qu’est ce qui se passe encore mon grand ? Qu’est ce qui ne va pas ?
-    L’Eppppicéééaaa… - gronda le vénérable ancien à l’attention du coach.
-    Oui, le sapin. Joli non ? Il ne te plait pas notre épicéa ? – le questionna le coach, interloqué.
-    L’Epppicéééaaa, elle s’eeeest habillée commmmmee une pute celle-là !

Sur ce, Bonnes Fêtes à tous, les crevures, et Joyeux Noël pour vous et vos proches ! wink

Dernière modification par Duda (24-12-2018 10:57:39)


Pourquoi les Nains ont la bière et les Elfes la magie ?
Parce que les Nains ont choisi en premier...

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#132 26-12-2018 18:37:10

cosius
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Re: ANNONCE

Uniquement dans blood bowl cette blague cool


Cette année, j'arrête de jouer aux dés, je commence à jouer à Blood Bowl... ou pas !

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#133 08-01-2019 16:44:25

Duda
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Re: ANNONCE

Et donc, la suite après la pause :

Moi, je dis que c'est magique à cause des merdes qui pendouillent, mais ça se trouve, c'est pas ça ...
- Merlin l’Enchanteur


Ars Tenebrae, Ars Magica

Un vent vif et mordant venu du nord avait dispersé les épais nuages qui, depuis plusieurs jours, faisaient tomber une neige drue sur la cité, lorsque deux halflings emmitouflés dans de lourds manteaux rembourrés, les nez enfouis dans d’épaisses écharpes en laine, les crânes recouverts de bonnets en tricot, se présentèrent, ce froid matin d’hiver, devant l’imposante bâtisse en pierre blanche, bardée de hautes tours, de balconnets décorés et de larges coupoles, dans laquelle siégeait la célèbre et mystérieuse guilde des mages.

La majestueuse porte d’entée du bâtiment, décorée de ferronneries forgées et gravée de multiples runes ésotériques, était gardée par deux intimidants factionnaires ogres, munis de gourdins massifs et vêtus de cotes de maille doublées. Ces derniers reluquaient méchamment les deux halflings tout en poussant des grognements inquiétants.

-    Allé, on y va Tholot. Y’a rien à craindre, vont pas nous faire du mal ces deux larscards, tout de même. L’accueil du public est ouvert, non ? C’était marqué sur le panneau d’affichage. – déclara, comme pour se donner du courage, la voix tremblante, l’un des deux compères, un halfling dodu aux joues couvertes de favoris roux.
-    J’en sais rien moi, Eggon. T’es sur qu’on peut entrer ? M’ont l’air de vouloir nous faire la peau. On f’rait peut-être mieux de laisser tomber… - répondit sur un ton hésitant son compagnon au visage ridé et barré de cicatrices.
-    Mais non. J’préfère encore m’faire rembarrer par ces péteux d’mages ou d’me prendre une sale beigne par ces deux molosses, que d’entendre râler le coach si jamais on a l’malheur de revenir les mains vides. – clama le premier hafling. – Tu t’rappelles ce qu’il a dit : « Il nous faut un jeteur de sorts les gars ! ». Alors, ça veut dire qu’il nous en faut un, pas la peine de discuter.

Effectivement, les deux amis avaient bien en tête la stratégie que le Real Boitar devait impérativement mettre en place pour son prochain match, et que leur avait expliqué la veille leur entraîneur. La tactique avait le mérite d’être simple, pour le pas dire simpliste, et c’est certainement cette caractéristique qui emporta l’adhésion de toute l’équipe au plan machiavélique échafaudé par le perfide Duda. Depuis plusieurs rencontres, le Real éprouvait des difficultés certaines dans le jeu et dans l’impact physique, face à des équipes bien préparées et nécessairement plus athlétiques que les replets halflings, et qui de surcroît, étaient menées par des entraineurs vétérans. Bien que la courte trêve hivernale eût été une bénédiction et permit à tout le monde de refaire le plein d’énergie et de requinquer un moral dernièrement vacillant, le coach du Real savait que les rencontres à venir allaient probablement être des obstacles très difficilement surmontables pour ses joueurs. C’est la raison pour laquelle, il dut mettre en place une tactique simple et efficace, un plan basique mais fourbe, une combine sournoise permettant aux halflings de compenser leur faiblesse physique, leur frustrante gaucherie et leur accablante lenteur. Il fallait que le Real Boitar se reconcentre sur ses fondamentaux, à savoir un jeu sale, vicieux, agressif, à la limite voire en dehors des règles, et ce d’autant plus qu’un souci plus qu’épineux se dressait désormais sur leur route. En effet, les halflings allaient affronter les inexpugnables nains du chaos des « Gens Bons de Pays », coachés par un des tout meilleurs entraineurs de la Lutèce, l’éternel OON, une des légendes vivantes de la ligue. Rien de moins. Il leur fallait donc ruser. « Ne jouez pas aux plus malins avec eux, les gars ! Face à ces brutes, faut faire dans l’efficace. Vous devez mettre le plus d’adversaires au sol ! » - leur indiqua Duda durant la séance de préparation tactique. « Et pour ça, vous aurez besoin d’une petite aide. Il nous faut juste un jeteur de sorts. » - conclut-il, son visage tordu dans un affreux rictus.

Ainsi, nonobstant les mines menaçantes des gardes, Tholot et Eggon – investis d’une mission quasi-divine – franchirent le seuil d’entrée de la bâtisse, les jambes légèrement flageolantes et scrutant nerveusement toute réaction malvenue de la part des ogres, lesquels suivirent les deux halflings du regard, les yeux plissés et les sourcils froncés, en les laissant néanmoins entrer sans anicroches. Les semi-hommes se retrouvèrent ainsi dans le hall majestueux de la guilde des mages, un immense corridor recouvert de marbres, éclairé par la lumière du jour filtrant à travers de splendides vitraux représentant les différents collèges de magie impériaux, et flanqué de deux lignées de colonnades sculptées menant vers un grandiose escalier à double volée. L’endroit était silencieux et désert, à l’exception d’un unique petit pupitre en bois d’acajou, derrière lequel de tenait un jeune freluquet au visage recouvert d’acné, coiffé d’une tonsure et vêtu d’une robe d’initié bleue pale.

-    Bonjour Messieurs, en quoi puis-je vous aider ? – les interpela celui-ci alors que les deux compères demeuraient sans bouger, en jetant des coups d’½il incertains aux alentours, ne sachant visiblement pas ce qu’ils devaient faire ni où ils devaient se rendre. Les halflings se regardèrent mutuellement puis Tholot prit la parole :
-    C’est à nous qu’vous parlez ?
-    Bah oui, pardi, j’vois personne d’autre autour de vous, Messires ! – répondit l’agent avec allant. – Vous avez besoin d’un renseignement peut-être ? Qu’est ce qui vous amène à la guilde des mages ?
-    Ah oui. La guilde. – réagit Tholot hésitant. – Un mage, on cherche un mage.
-    Un mage ? – s’étonna leur interlocuteur. – Quel mage ?
-    Bah, un mage quoi. Un j’teur de sorts. – intervint Eggon à la volée. – On veut louer les services d’un de vos gars.
-    Je comprends mieux ! – répondit le jeune homme. – Vous souhaitez recourir à l’assistance d’un de nos éminents spécialistes dans les arts magiques. Dans ce cas, il vous faut aller au guichet des sollicitations.
-    Oué super ! – répondit Eggon, puis il rajouta de manière confuse. – Euhhh, c’est où au fait, ce guichet ?
-    C’est au département des prestations de services. Bureau trois B. Troisième étage, deuxième porte à gauche. Vous ne pouvez pas vous tromper. – leur sourit l’agent en leur tendant une brochure colorée. – Tenez, voici un plan, pour vous guider.

Quelques minutes plus tard, les deux halflings se retrouvaient dans une salle d’attente, au fond de laquelle étaient situés plusieurs guichets protégés par des panneaux en bois dotés de barreaux de fer. Pourtant, un seul et unique guichet était ouvert. Y trônait la masse corpulente d’une fonctionnaire ridée, grimaçante derrière ses binocles en forme de goutte, alors qu’elle maniait avec nervosité une pile de paperasse que lui présentait avec hésitation certaine un guerrier orque plus que confus. Mis à part les pouffements d’exaspération de la guichetière, le silence était maître dans la salle, et ce malgré la présence de nombreux clients, qui attendaient patiemment dans la longue file d’attente que leur tour vienne.

Une heure s’était presque écoulée, avant que Tholot et Eggon ne purent enfin parvenir devant le guichet.
-    Bbbb...onjour Madame. – dit maladroitement Eggon en se mettant sur la pointe des pieds, afin que la fonctionnaire puisse l’apercevoir derrière son comptoir, le rebord de celui-ci arrivant à la hauteur du haut du crâne de l’halfling.
-    C’est pourquoi faire ! – jappa l’humaine obèse sur un ton acariâtre en avisant les deux compères.
-    C’est pour louer les services d’un mage, Madame. – intervint Tholot calmement.
-    Le bon de passage. – aboya d’un ton sec la guichetière.
-    De quoi ? – s’étonna Tholot.
-    Le bon de passage. – redit-elle, visiblement agacée. – Donnez-moi votre bon de passage.
-    Quel bon de passage ? – répondit Tholot, très surpris.
-    Pour présenter une demande officielle. – soupira bruyamment la fonctionnaire. – Il vous faut le bon de passage ! Faut tout vous expliquer ou quoi ?
-    Mais c’est quoi ça ? – intervint Eggon légèrement paniqué. -  Où est-ce qu’on peut le récupérer ce bon ?
-    Mais au guichet d’entrée ! – hurla l’humaine ventrue. – Faut tout leur dire à ces imbéciles ! Je ne prends aucune demande sans présentation du bon de passage, c’est marqué sur le panneau pourtant. – finit-elle en désignant du doigt une pancarte affichée sur le côté du guichet. – Allez, ouste ! Et revenez avec le bon de passage !

Bon gré, mal gré, les deux halflings durent rebrousser chemin et se retrouvèrent de nouveau devant le jeune initié assis derrière son pupitre près de la porte d’entrée de la guilde.

-    Vous revoilà Messires ! – les interpella-t-il avec amusement. – Vous avez oublié le bon de passage, je présume.
-    Vous présumez bien. -  répondit en faisant la moue Tholot, qui devenait quelque peu agacé par le ton condescendant employé par le jeune homme. – Vous auriez quand même pu nous dire qu’il nous fallait un tel document.
-    Vous ne me l’avez pas demandé. – répliqua stoïquement l’initié.
-    Et alors ? Parce que, d’habitude, les clients vous le demandent ? – réagit vivement Eggon.
-    Ça dépend. – rétorqua laconiquement le freluquet.
-    Laissez tomber. Donnez-nous juste ce bon de passage. – soupira Tholot.
-    C’est que, voyez-vous Messires. – sourit le fonctionnaire. – J’peux pas vous le donner.
-    Quoi ? Pourquoi ça ? – s’étonna vivement Eggon.
-    Les bons de passage ne sont délivrés que sur accréditation officielle. – déclara l’agent. – Avez-vous une telle accréditation ?
-    Non. – constata Eggon.
-    Alors, malheureusement, je me vois dans l’obligation de refuser votre demande. – affirma l’initié en haussant les épaules.
-    Et où peut-on la récupérer, cette accréditation ? – l’interrogea Tholot, plissant les yeux avec circonspection.
-    C’est simple ! – s’exclama le jeune homme. – Au bureau des accréditations, pardi ! Cinquième étage, bureau cinq G. Septième porte à droite ! Vous ne pouvez pas vous tromper !

Arrivés au cinquième étage, les deux halflings durent constater, avec consternation, que le bureau des accréditations était malheureusement fermé. Ils tambourinèrent sur la porte durant plusieurs minutes, sans grand succès. Leur remue-ménage eut toutefois pour bénéfique effet qu’un individu rabougri et ridé surgit tout à coup de derrière une porte attenante en criant :
-    Non mais ce n’est pas bientôt fini ce raffut ! Y’en a qui bossent ici ?
-    Euh, pardon Monsieur. – répondit Eggon avec hésitation. – Mais vous ne savez pas s’il y a quelqu’un au bureau des accréditations ?
-    Vous ne savez pas lire ? – jappa le fonctionnaire. – C’est fermé ! C’est marqué sur la porte.
-    Mais ce sera ouvert quand ? – demanda Tholot sur un ton calme, de peur de froisser son interlocuteur.
-    Y’a pas marqué renseignements ici ! – glapit l’individu en montrant son front. – C’est fermé jusqu’à nouvel ordre. Faut vous l’expliquer comment ?
-    Mais comment on fait pour avoir une accréditation alors ? – le questionna Eggon inquiet.
-    Ce n’est pas mon problème. Je ne suis pas du service accréditations moi. Allez demander à l’accueil. – conclut le fonctionnaire en claquant la porte et en laissant les deux compères seuls dans le couloir.
-    Alors, on fait quoi maintenant ? – demanda Eggon à son ami.

Ils retournèrent une nouvelle fois auprès du freluquet à l’entrée, essoufflés, les jambes endolories à force de courir dans les couloirs de l’immense bâtisse.
-    Hey, dites donc, mon gars ! – Tholot entama la discussion sur un ton quelque peu plus directif qu’auparavant. – Votre bureau des accréditations est fermé !
-    Ah oui, c’est fort dommage. Par contre, je ne suis pas votre gars, Messires. – remarqua de manière acerbe l’initié.
-    Mais putain, t’aurais pu nous prévenir ! – jura Eggon.
-    Non mais dites donc ! – s’offusqua le jeune homme. – Vous êtes au collège de magie, par dans un vulgaire service postal ! Et je vous prie de me vouvoyer ! Je suis initié du collège céleste et je vous demande de respecter mon statut ! Alors pas d’insultes !
-    Et enculé, c’est une insulte ? – demanda en sifflant Eggon sous les yeux exorbités du jeunot.
-    D’accord, d’accord, on se calme. – souffla Tholot posément. – On reprend. Je constatais juste que le bureau des accréditations est fermé.
-    Effectivement. – reprit le fonctionnaire de manière plus calme. – Nous sommes en effectifs réduits durant la période des fêtes de fin d’année. La responsable du bureau des accréditations est en congés. Le bureau ouvrira dans une semaine.
-    Quoi ! – s’esclaffa avec exaspérations Tholot. – Une semaine ! Mais bord… zut à la fin ! On a besoin d’un mage tout de suite nous !
-    Les sollicitations individuelles sont à présenter au département des prestations de services. Bureau trois B. Troisième étage, deuxième porte à gauche. – répliqua posément l’initié. – Comme je vous le disais précédemment.
-    Oui, on sait. – intervint Eggon, la mine dépitée. – Mais il nous faut un bon de passage, que vous ne voulez pas nous donner, parce qu’on a pas d’accréditation…
-    Ah mais, ça, ça peut s’arranger. – annonça le fonctionnaire sur le ton de la confidence, en mettant sa main sur le côté de sa bouche et en lançant un clin d’½il à ses deux interlocuteurs.

***

-    Putain, quoi ?! – s’étouffa Duda lorsque les deux halflings, de retour à l’auberge du Crampon Doré, lui firent le compte-rendu de leurs péripéties matinales à la guilde des mages. Ils étaient revenus effectivement bredouilles, sans mage mais avec une migraine certaine, n’ayant pu se sortir des méandres de l’administration du magisterium.
-    Comme on vous l’dit, coach. – reprit Tholot avec consternation. – C’est des malades mentaux là-bas. On a été baladés de bureau en bureau, et au final, on s’retrouve devant un p’tit con qui nous propose une combine en loucedé.
-    Et il demande mille pièces d’or ce péquenaud ?! – gronda le coach en colère. – Pour un simple bout d’papier ?
-    C’est à prendre ou à laisser. Comme j’vous disais, on était au bout du rouleau. On a failli accepter, mais on les avait pas, ces mille pièces. – répondit Eggon, quelque peu abattu.
-    Bon. J’viens avec vous, les rase-mottes. – déclara l’entraineur, visiblement agacé. – On va voir s’il me parle sur le même ton, le p’tit enfoiré !

***

Une heure plus tard, Tholot, Eggon et Duda faisaient leur apparition dans le grand hall central de la guilde des mages. Le jeune initié à l’entrée leva les yeux de son pupitre et leur sourit railleusement.
-    Ah, je vois que ces Messieurs se sont enfin décidés ? – les héla-t-il, puis il ajouta sur un ton plus bas :
-    Allez au bureau Deux F, au quatrième étage et demandez de parler à… - Il n’eut pas le temps de finir sa phrase lorsque Duda, d’un geste vif, le saisit par le col de sa robe et l’attira vers lui par-dessus le bureau :
-    Ecoutes moi bien, espèce de trouffion boutonneux. – lui cracha au visage le coach. – Tu vas de donner tout de suite ce satané bout d’papelard et plus vite que ça. Sans rien demander en retour. Et avant que tu appelles tes deux décérébrés de gardes, mate-moi plutôt l’insigne cousue sur mon veston, tas de fiente de bouc vérolé !
L’initié baissa le regard, puis il écarquilla les yeux, effrayé.
-    Pppardon, je n’sssavais pas. – réussit-il à bredouiller, le visage crispé par la peur. – Vvvos collègues n’ont rrrrien dit. Pppardon.
-    Bien. – fit Duda en repoussant le jeune homme, qui s’affala sur son siège. – Maintenant, tu me donnes l’papier, c’était quoi déjà ?
-    Le bon de passage. – indiqua posément Tholot en fixant l’initié.
-    Voilà, c’est ça. Le putain d’bon de passage.
-    Mmmais, l’accréditation. Il vous faut l’accréditation. – tenta d’argumenter le jeune homme.
-    C’est la Lutèce Cup, mon accréditation. Pigé ? – conclut Duda sur un ton qui ne laissait place à une quelconque contestation.

***

Le fameux bon de passage enfin entre leurs mains, les trois amis purent remonter au troisième étage de la guilde, au service des prestations de services – bureau trois B, deuxième porte à gauche. Ils constatèrent qu’une nouvelle fois, la salle était bondée de clients attendant patiemment, mais avec une certaine consternation, que leur tour vienne. Comme précédemment, seul un unique guichet était ouvert, derrière lequel régnait en maître des lieux la même fonctionnaire acariâtre.

Duda esquiva la longue file d’attente et se planta directement devant le guichet, en lançant des coups d’½il menaçants à la foule, alors que quelques clients mécontents pestaient contre les manières rustres du coach et son incivilité manifeste. Le coach rembarra d’un coup d’épaule un demi-elfe qui patientait en début de la file, et grogna en sa direction en prenant sa place. Ce dernier n’osa réagir. La guichetière leva les yeux d’un énième tas de paperasse qu’elle analysait et reluqua Duda de haut en bas, la mine maussade.

-    Vous faites la queue comme tout le monde ! Qu’est ce que c’est que ces manières ?! – aboya-t-elle à l’attention de l’entraineur.
-    Ecoutes mémère. – gronda celui-ci. – Rien à carrer de ta queue. Tien, tu prends ton bout d’papier, tu te le fous où je pense et tu nous donnes un mage. Compris ?
La fonctionnaire manqua de s’étouffer en sursautant sur sa chaise et en s’agrippant la gorge.
-    Non mais ça ne va pas de me parler sur ce ton ?! Vous vous prenez pour qui ! – glapit-elle estomaquée.
-    J’me prends pour un coach de la Lutèce Cup ! – tonna Duda. – Tu connais ? La Lutèce, le principal client de tes employeurs !
La guichetière en s’en laissa toutefois pas compter et répondit :
-    Et alors ? Qu’est ce que ça peut me faire à moi ? La Lutèce ! – pouffa-t-elle désagréablement. – Tous des crétins décérébrés courant derrière un ballon. Tu parles d’un passe-temps pour primates testostéronés. Lutèce Cup ou pas, vous faites la queue comme tout le monde ! – elle hurla à l’attention du coach.
La réplique cinglante et pleine de morgue de la fonctionnaire frappa Duda comme un coup de fouet et lui coupa la parole. Il demeura bouche bée, silencieux, cherchant tout à coup ses mots.
-    Mais… mais… - réussit-il à bredouiller.
-    Y’a pas de mais qui tienne ! – continua la guichetière sur le même ton acerbe. – C’est pas la foire à la saucisse ici. Y’a des règles à respecter, un point c’est tout ! Et le point principal c’est que tout le monde fait la queue ! Compris ?!
Le coach n’eut d’autre choix de de ravaler sa salive et, la tête baissée et le visage rouge de honte de s’être fait rembarrer par cette horripilante mégère, il recula à l’arrière de la file d’attente sous les regards amusés, mais également compatissants, des autres clients.
Une nouvelle heure s’écoula avant que ne vienne enfin le tour des trois compères.
-    Nous faut un mage. – clama d’entrée Duda.
-    Bonjour ! – jappa en retour la guichetière sur un ton peu amène.
-    Quoi bonjour ? On s’est déjà vus, non ? – répliqua le coach agacé.
-    Ce n’est pas une raison de ne pas répondre, bande de malpolis ! – rouspéta en retour la bonne femme. – Bonjour !
-    D’accord. Bonjour. – intervint Tholot calmement.
-    Le bon de passage ! – tonna alors la fonctionnaire.
-    Putain, on est pas sortis d’ici. – jura Duda plus qu’agacé, en tournant la tête de gauche à droite et en tendant le fameux bon à son interlocutrice.
-    Bien. Qu’est ce qu’ils veulent ?
-    Quoi qu’est ce qu’on veut ?! – hurla le coach, consterné. – On l’a déjà dit, non ? Il nous faut un mage, merde ! On est où, là ? On est pas ici pour acheter du fromage de chèvre, bordel ! Donnez-nous un mage !
-    Vous avez le formulaire adéquat pour cela ?
-    Le quoi ? – s’étonna Eggon.
-    Le formulaire ! – glapit la guichetière. – Pour recourir aux services d’un mage, il convient de remplir le formulaire de sollicitation GM2518LUT. C’est marqué sur le panneau, vous ne savez pas lire ? – finit-elle en désignant un autre panneau situé de l’autre côté de son guichet.
-    Mais bordel à la fin ! – gronda le coach. – Rien à carrer de vos formulaires ! Vous auriez pu nous le dire avant !
-    Pas d’insultes ici ! – tonna la fonctionnaire de manière scandalisée. – Remplissez le formulaire. Et si quelque chose ne convient pas, vous pouvez toujours vous plaindre !
-    Mais bien sur que je vais me plaindre, et de suite ! – Duda hurlait à pleins poumons. – Appelez moi le directeur de ce cirque ! Immédiatement.
-    Ah non. Les plaintes sont à enregistrer sur le formulaire GM2518PL. Vous pouvez le retirer au bureau des plaintes, deuxième étage… - la fonctionnaire n’eut pas le temps de finir sa phrase car le coach se jeta sur les barreaux protégeant le guichet, frappant de toutes ses forces sur le bois et le métal et beuglant tel un forcené : - Mais j’vais m’la faire, c’te truie, j’vais m’la faire !
La fonctionnaire glapit en reculant sur sa chaise, les yeux écarquillés et la bouche tordue par un affreux rictus : - Gardes ! Gardes ! Au secours ! – piaillait-elle en agitant une clochette qu’elle venait de saisir sur son bureau. – Gardes ! A moi !
Quelques instants plus tard, deux factionnaires ogres firent leur apparition dans la salle et se rapprochèrent en toute hâte du guichet, en jouant des coudes pour se frayer un chemin parmi la masse de clients mécontents, qui criaient dans tous les sens. Le brouhaha était immense, entre le coach qui hurlait en tenant de fracasser la paroi qui l’empêchait de s’en prendre à la guichetière, cette dernière qui couinait comme une truie égorgée et les clients se plaignant du remue-ménage, personne ne réussissait à se faire comprendre. Les deux factionnaires saisirent violemment l’entraineur mais avaient du mal à le décrocher des barreaux auxquels il s’agrippait. Ils durent employer les grands moyens et ce n’est qu’au bout de plusieurs minutes d’empoignade qu’ils réussirent enfin à calmer le coach, non sans lui avoir assené quelques rudes coups sur le bout du crâne.

***
Les deux halflings et le coach étaient assis derrière un bureau dans une petite salle obscure, vide de tout ornement. En face d’eux se tenait un fonctionnaire gnome, à la barbichette soigneusement taillée, portant d’amples robes rouges, et coiffé d’un étrange chapeau conique. Il observait Duda d’un ½il désolé, la mine déconfite, alors que ce dernier, dont le visage tuméfié – orné d’un immense ½il au beurre noir – virait au violet, grimaçait de douleur en se massant la nuque.
-    Navrés, nous sommes vraiment navrés Messires. – proclama avec mansuétude le gnome, la voix trahissant une certaine nervosité. – C’est un malheureux accident.
-    Mon cul oui ! – grogna le coach entre ses dents. – M’ont bien amoché vos deux lascars. Y’a pas à dire, ils savent faire l’sale boulot.
-    Je suis désolé, je suis arrivé quelques secondes en retard. – s’excusa son interlocuteur en soulevant les bras, les paumes en l’air. – C’est vraiment un fâcheux malentendu, ce qui vient d’arriver.
-    Tu parles ! – siffla Duda. – J’crois que j’ai deux dents déchaussées. Bordel. On est juste venus pour embaucher un d’vos sorciers, pas pour nous escrimer avec une furie tortionnaire et ses sbires !
-    Veuillez nous pardonner, Messire. – le gnome baissa les yeux, mal à l’aise. – Ursula est notre meilleure agente d’accueil. Une professionnelle admirable. Mais il est vrai qu’elle peut se montrer parfois quelque peu… tatillonne…
-    Tatillonne ? – intervint Tholot contrarié. – Une folle dingue vous voulez dire, oué ?!
-     Si vous voulez. Il n’est certainement pas en nos habitudes de discuter des appréciations de nos illustres clients. Mais je manque à mes obligations ! – s’exclama le robe-rouge. – Permettez-moi d’abord de me présenter, Gontran de Couronne, acolyte du deuxième cercle du collège flamboyant, et responsable du service des requêtes spéciales de la guilde des mages – votre humble serviteur. – conclut-il en inclinant rapidement la tête.
-    Super. Et dites donc, Gontran, est ce qu’on peut avoir notre putain de mage qu’on est venus chercher ! – s’emporta Duda, alors que le gnome cillait des yeux, surpris par ce soudain élan de colère de la part de l’humain.
-    Oui, oui, naturellement. – l’acolyte reprit rapidement contenance. – Nous avons tout ce qu’il vous faut, Messires. La guilde est naturellement prête à satisfaire les moindres désirs des clients si nobles et si… réguliers que la Lutèce Cup. C’est vraiment un immense honneur pour nous qu’une équipe aussi célèbre que le Real Boitar fasse appel à nos services…
-    C’est bon, arrêtes tes palabres mon gars. – le coupa Eggon. – On peut l’avoir notre mage, ou pas ?
-    Oh, pardonnez-moi. – se ressaisit le gnome. – Permettez moi d’abord de vous demander si vous disposez de la somme adéquate pour la prestation.
-    Et comment ! – répondit Tholot le sourire aux lèvres. Il tira d’un pli de sa tunique un bout de parchemin plié et cacheté à l’aide d’un sceau alambiqué. – Voici une lettre de change…
-    Ah, une lettre de change dites-vous. – prit la parole l’acolyte. C’est fâcheux, d’habitude la Lutèce nous verse un pécule sonnant et trébuchant…
-    De quoi ? – tonna Duda, passablement irrité. – Depuis quand on ne peut pas payer la guilde avec une lettre de change ? On n’va quand même pas se promener dans la ville avec un coffre rempli de cent cinquante mille pièces d’or ?! Non mais ça va à la fin ! Prenez cette putain d’lettre de change et donnez-nous le contrat, merde !
-    Certes, certes. – répliqua le gnome en se saisissant du bout de parchemin. – Pardonnez-moi une seconde. Je vais quand même demander à mon responsable… - sur ce, il s’éclipsa de la salle à reculons, en courbant l’échine et fuyant le regard de ses interlocuteurs.
Duda et les halflings attendirent plusieurs longues minutes dans un silence presque total, entrecoupé uniquement par le bruit des doigts du coach, qui tambourinaient nerveusement la table. Eggon et Tholot n’osaient parler, en lorgnant avec appréhension Duda qui, la mâchoire serrée, les yeux fermés et les sourcils froissés, fulminait littéralement et donnait l’impression de vouloir exploser de rage.
-    Tout de même. – Tholot se risqua à un commentaire, la voix hésitante. – Une lettre de change de la Royal Bank of Karaz-a-Karak. Y’a pas d’entourloupe…
-    Ta gueule, Tholot. Ta gueule. – aboya l’entraineur entre les dents, sans jeter un regard au vétéran halfling.
Fort heureusement, la porte s’ouvrit au même moment et Gontran fit son apparition, tenant un dossier jaunâtre entre ses frêles mains.
-    Messieurs ! – annonça-t-il immédiatement, la voix légèrement trembalante. – Une heureuse nouvelle. Mon responsable m’informe que votre lettre de change est acceptée par la guilde. – Il s’assit sur la chaise en face des trois compères et ouvrit son dossier. – Naturellement, dans la mesure où nous devons encore procéder aux formalités d’encaissement de celle-ci, vous voudriez bien avoir l’obligeance de nous régler les frais de dossier qui s’élèvent à…
-    Quoi ?! – hurla Duda en bondissant de sa chaise et en agrippant le gnome par sa barbichette bien taillée. – Tu te fous de ma gueule le nabot ?! Quels frais de dossier ?! Que dalle ! T’auras pas un seul putain sou de cuivre de notre part, t’as compris, p’tit merdeux ! – finit-il par cracher au visage de l’acolyte, puis le repoussa sur la chaise.
Pétrifié, sa barbichette froissée et son chapeau ridicule penché de guignois sur la tête, le gnome mit quelques instants à reprendre ses esprits. Il finit par bredouiller :
-    Eee..xcusez moi de nouveau, Messires. Je vais voir mon responsable.
Puis il s’éclipsa encore une fois, laissant les deux halflings et leur coach de nouveau seuls, dans un silence des plus maussades. Cette fois-ci, personne ne se risqua à prendre la parole. On aurait pu entendre les proverbiales mouches voler – si seulement ces connasses avaient eu l’obligeance de se montrer. Mais même pas. Le gnome revint quelques instants plus tard, recoiffé, la mine enjouée.
-    Cher Monsieur ! – clama-t-il en s’approchant de la table. – J’ai l’immense plaisir de vous informer que, compte-tenu des relations plus que privilégiées entre nos deux institutions, la guilde consent, dans un geste commercial démontrant sa bonne volonté de voir nos relations perdurer, à vous faire grâce de l’ensemble des frais de dossier…
-    Encore heureux, bordel ! –  jura Duda, la mine sévère. – Bon, asseyez vous Messire le gnome, et donnez-nous notre putain de mage !
-    Naturellement. – affirma son interlocuteur d’une voix assurée. – Mais avant cela, est-ce que je peux vous présenter nos nouvelles offres, tirées du tout récent catalogue à paraitre pour l’année prochaine. – Il posa devant les trois compères un épais volume coloré. – Nous avons une toute nouvelle gamme de sortilèges diverses et variés. Nous pouvons vous proposer des sorts de miroir magique, de dissipation d’illusions, de détection de pièges ou de repousse-poils. Nous avons aussi un choix varié de sorts d’enchantements d’armes, armures et ustensiles de cuisine. A moins que vous ne goutiez plus aux objets magiques de notre fabrication ? Nous avons le tout nouveau sifflet anti-chapardage, la fameuse tapette tue-mouches volante ou alors le très demandé gantelet automassant. Nous faisons aussi actuellement une offre promotionnelle sur nos diverses malédictions. Nous accordons une remise immédiate de vingt pour-cent sur les attrape-pustules, les file-morpions et les tombe-chicots…
-    Stop, par tous les démons des enfers ! – gronda l’entraineur. – On veut juste le mage. C’est tout ! On veut juste qu’il balance son putain d’éclair ou sa satanée boule de feu ! Comme d’habitude quoi !
-    Boule de feu dites-vous. – réagit l’acolyte barbu. – Hmmm. Je suis dans l’obligation de vous rappeler que la guilde rejette toute responsabilité en cas d’incidents quelconques dus à la manipulation de sorts de combat durant un événement sportif, et ce même en cas de blessures du public ou des joueurs, ayant entrainé la mort ou pas…
-    C’est bon ! Arrête ton charabia. On connait la rengaine. – siffla Eggon agacé. – Tu nous le donnes le j’teur de sorts ou pas ?
-    Oui, oui, tout de suite. – Répondit Gontran en ouvrant de nouveau son dossier. – Voilà. Nous avons le sorcier qu’il vous faut.
-    C’est qui ? – demanda Tholot impatient.
-    Alors, il s’agit d’un de nos plus éminents spécialistes dans les arcanes obscures de la magie de la terre, infatigable aventurier et grand dompteur de fauves fantastiques, prénommé… Robert le Naturaliste. – conclut l’acolyte dans un geste théâtral.
Le silence tomba dans la salle.
-    Robert ? – fit Eggon, quelque peu étonné.
-    Le Naturaliste ? – rajouta Tholot, interloqué.
-    C’est-à-dire genre… il se balade à poil ? – compléta Eggon sur un ton dubitatif.
-    Naturaliste, Eggon. Pas naturiste. – grogna Duda sans desserrer la mâchoire. – Qu’est ce que vous voulez qu’on foute d’un enfoiré d’druide cueilleur de champignons ?
-    C’est que nous sommes en effectifs réduits pendant la période des fêtes. – essaya d’argumenter Gontran, visiblement mal à l’aise. – Robert remplace actuellement Volkun le Foudroyant, notre mage habituellement attitré pour les rencontres de Blood Bowl.
-    Quand même. Robert le Naturaliste, ça ne fait pas très mage, ça. – observa Eggon, stupéfié.
-    Oh, mais je peux vous assurer que Robert est un mage de ce qu’il y a de plus mage ! – énonça le gnome avec conviction. – Grand Scholiaste de l’Encyclopedia Universalis Ars Magica Naturalis, inventeur de la technique de tannage à sec des cuirs de loutre et membre distingué du septième cercle druidique…
-    Il sait lancer une boule de feu au moins ? – intervint Duda d’une voix laissant transparaitre une irritation certaine.
-    Euh. – reprit Gontran légèrement confus. – En principe, oui.
-    Comment ça, en principe ? – grogna le coach.
-    Non, j’veux dire oui. Certainement. – répondit le robe-rouge en relevant la tête. – Bien sûr.
-    J’en sais rien coach. – réagit Eggon. – Ça pue un peu c’te histoire. 
-    Vous savez quoi, Gontran. – répliqua Duda en regardant le gnome dans le blanc des yeux. – A bien y réfléchir, on va peut-être finalement pas l’prendre, votre mage.
-    Ah, mais Messire, je suis navré. – rétorqua l’acolyte. – J’ai déjà transmis votre lettre de change à la comptabilité. Votre commande a fait l’objet d’un enregistrement en bonne et due forme par nos services comptables et la guilde ne rembourse pas les sommes encaissées.
-    De quoi ?! – tonna le coach. – Bande de chacals galeux ! Vous voulez encore nous la faire à l’envers !
-    Calmez-vous, calmez-vous Messire ! – implora Gontran, la voix posée. – Vous n’avez certainement pas manqué de prendre connaissance de nos conditions générales d’intervention. Je vous prie de vous reporter à l’article quatorze bis, paragraphe trois du petit b du codicille susvisé, il y est bien mentionné que la guilde n’assure aucun remboursement des prestations acquittées, pour quelque raison que ce soit, même en cas de force majeure, et ce même si le client a finalement décidé de ne pas recourir aux services de nos spécialistes…
-    D’accord, d’accord, vous avez gagné. – grinça Duda, exaspéré. – Il habite où votre gars ?

***

Plus d’une heure après, exténués par leurs pérégrinations matinales, et frigorifiés à force de crapahuter dans tous les sens dans une ville bondée de monde, le coach et ses deux joueurs se retrouvaient devant la porte d’une vieille chaumière délabrée, située près d’un ruisseau dans les faubourgs de la capitale. L’ambiance y était bien plus calme que dans le bouillonnant centre-ville. Des enfants vêtus de loques crasseuses gambadaient en s’esclaffant dans les rues boueuses, alors que quelques ménagères lavaient leur linge près de la fontaine. Des oies et des poules se baladaient à l’air libre et un charretier nain réparait la roue d’une vieille carriole emplie de fourrage d’hiver. Des bruits de marteau frappant sur un enclume, provenant certainement d’une forge toute proche, parvenaient également aux oreilles des trois amis. L’air frais de la campagne se faisait sentir tout autour. Tout respirait le calme et la quiétude.

-    Crénom d’dieu ! – gronda une voix puissante provenant de l’intérieur de la chaumière, faisant sursauter les trois compères, qui se regardèrent circonspects.
-    C’était quoi ça ? – demanda Eggon, étonné.
-    On s’en fout. – rétorqua le coach. – On entre.
Il poussa la porte fatiguée et entra dans la masure, suivi par les deux halflings hésitants. Ils se retrouvèrent dans une pièce mal éclairée, au plafond bas, emplie d’un fatras indescriptible de bric et de broc, posé partout à l’emporte-pièce, sans une once d’un quelconque sens de l’ordre. Des piles de livres et de parchemins poussiéreux s’entassaient sur le sol et sur une grande partie du bureau situé au milieu de la pièce, sur lequel trônait également un appareillage d’alchimie vétuste. Tout autour de la pièce, se dressaient des étagères emplies de bocaux, de coupelles, de sacs et de récipients divers, tous remplis d’ingrédients, de liquides, de plantes ou de graines plus étranges les uns que les autres. Des bougies largement entamées et éteintes jonchaient les rares espaces vides, répandant des trainées de cire froide à même les meubles. Du plafond pendaient de multiples fleurs et herbes séchées, ainsi que des morceaux de viande fumée. L’air empestait le souffre, la moisissure et le renfermé. Au fond de la salle, ils avisèrent un vieillard efflanqué, qui s’acharnait à tirer un sac de toile de sous une pile de livres abimés.

-    Est-ce qu’on peut vous aider ? – demanda Tholot posément en brisant le silence.
-    Attendez, j’suis à vous dans un instant. – déclara en soufflant l’ancêtre en tirant d’un coup sec sur le sac, faisant tomber par la même occasion la pile d’ouvrages qui retenait celui-ci prisonnier. – Ah, saperlipopette. J’ai enfin réussi à les retrouver. Mes plumes de corbeau albinos. C’était là que je les avais mises. Je le savais pourtant ! Mais j’ai oublié. – s’exclama-t-il visiblement content.
Il se rapprocha de Duda et des deux halflings, lesquels firent face à un humain âgé, décharné, à la chevelure grise dégarnie et à la barbe et moustache rachitiques, doté de petits yeux cernés situés de part et d’autre d’un nez proéminant et bulbeux. Le sourire de travers de l’individu laissait apparaitre une dentition fortement manquante et son odeur corporelle présumait d’un sens de l’hygiène plus que douteux et d’un penchant certain pour les revigorants alcoolisés. Il était accoutré de haillons rapiécés d’un vert délavé et portait autour du ventre une épiasse ceinture tissée en chanvre, sur laquelle divers colifichets et autres babioles étaient attachés.
-    Robert le Naturaliste, c’est vous ? – demanda assez sèchement Duda.
-    Pourquoi ? Vous lui voulez quoi à Robert ? – balbutia leur interlocuteur en plissant les yeux, quelque peu suspicieux.
-    Ba rien. On veut louer ses services ! – réagit posément Tholot.
-    Ah ben, dans ce cas c’est bien moi Robert ! Qui c’est qu’ça peut être d’autre ? – répondit en souriant leur interlocuteur. – Un peu qu’c’est moi.
-    Vous auriez pu l’dire tout de suite. – observa Eggon en faisant la moue.
-    C’est qu’vous voyez, on sait jamais sur qui on peut tomber. Trois individus patibulaires qui entrent dans ma modeste échoppe, j’peux pas savoir ce qu’ils m’veulent. – argumenta le vieillard.
-    Mais vous êtes bien mage ? – continua Eggon sur le même ton.
-    Et comment ! – affirma Robert en relevant le menton, le regard soudainement fier. – Membre du septième cercle druidique. Pourquoi cette question ?
-    Mais parce que Robert, c’est pas vraiment un prénom pour un mage. – fit observer Tholot, sur un ton embarrassé.
-    Ah. Et qu’est ce que vous en savez vous, c’est quoi un prénom d’mage, après tout ? – riposta leur hôte avec agacement. – Parce qu’on est mage, tout de suite il faut qu’on s’appelle Rundalf ou Gardakan ou Khelban ou mieux encore, Laerthis. Tous ces prénoms pompeux et grand-guignolesques avec des K, des H et des G de partout, pour faire sombre et mystérieux ! – s’offusqua-t-il. – Pouah. Ridicule. Moi, j’m’appelle Robert, et Robert est mon prénom ! Et j’suis un mage. Et ça m’va très bien !
-    Mais, votre patronyme. Le naturaliste… - réagit Eggon étonné.
-    Quoi ? Il est pas bien mon patronyme ? Il s’avère que ma spécialité, ce sont effectivement les sciences de la nature ! – s’offusqua de nouveau Robert. – Vous êtes marrants, vous autres profanes. Pour vous, un sorcier, il doit avoir un surnom de péteux arrogant sinon ça ne l’fait pas, c’est ça ? Le Maléfique, le Mystérieux, le Méphitique, le Démonologue, le Nécromant, le Diabolique, le Pyromane, le Sardonique, ça c’est des patronymes de mage qui vont bien. Ca c’est des gars sûrs ! Mais le Naturaliste, c’est qu’un vulgaire fouilleur de crottin, c’est ça ?! – fulmina le mage avec véhémence.
-    C’est-à-dire que… - voulut rétorquer Tholot, la mine déconfite, visiblement navré et estomaqué par la diatribe du vieillard.
-    C’est-à-dire que rien du tout ! – l’interrompit Robert, le visage sévère. – Ah ça, pour balancer des détonations et des explosions et tout faire pêter à grands coups d’boules de feu, de vents mortels et d’effets de manches, y’en a des tas ! Ça c’est sûr. Mais lorsqu’il s’agit de ramener à ces Messieurs, les Grands Sorciers d’mes deux, les ingrédients pour leurs sorts à la noix, pour trouver d’la pyrite, d’la malachite ou pour découvrir un nouveau gisement d’orichalque, y’a plus personne !
-    On ne voulait pas vous offenser. – réagit Eggon calmement, mais le mage ne l’écoutait pas.
-    Et quand il a fallu indiquer l’épidémie de gale sarcoptique qui décimait les renards de la Grande Forêt, à qui ils ont fait appel, ces Messieurs de la haute, hein ?! – piailla le vieillard coléreux, en postillonnant. – Ou stopper l’anthracnose des hêtres, on a demandé à qui, hein ? A bibi, oui ! A bibi ! – affirma-t-il solennellement en redressant la tête en en se tapant le torse du pouce. – L’écosystème ! Vous y pensez un peu, vous ?!
-    Ah oué, j’comprends mieux. – répondit Eggon sur un ton interrogatif.
-    On s’en fout. – le coupa rudement l’entraineur. – Nous sommes d’la Lutèce, pas de l’association des amis des chenilles. La Lutèce. Le championnat de Blood Bowl. Vous connaissez ?
-    J’en ai entendu parler. Vaguement. – répondit le mage distraitement. – Qu’est ce qu’j’ai à voir avec ça moi ?
-    Comment ça qu’est ce que vous avez à voir ? – gronda tout à coup Duda. – C’est votre satanée guilde qui nous envoie dans votre trou à rats ! Il parait que vous êtes de service en remplacement d’un certain Volkun ! Bordel !
-    Ah oui, c’est vrai. Volkun. – le mage cilla pensivement. – Un sacré abrouti celui-là, si vous voulez mon avis. Comment qu’il s’la joue avec ses sorts clinquants, ses habits d’péteux et ses grands airs d’Môssieur l’archimage ! Pfff. Enfin bref. Oui, j’me rappelle. P’tet bien que j’le remplace ce bigre.
-    Bon, et alors ? – demanda Tholot. – Vous pouvez nous aider ?
-    Vous aider en quoi mes p’tits ? – riposta avec surprise Robert.
-    Comment ça en quoi ? On vous a loués pour notre match de demain, vieux débris ! – hurla Duda avec rage.
-    Calmez-vous, coach. – réagit Eggon. – On a besoin d’vous pour que vous jetiez une boule de feu sur le terrain au moment propice, ou un éclair.
-    Boule de feu, dites-vous ? Eclair ? – s’étonna le mage. – Mais dites donc, c’est très dangereux ce que vous m’demandez là, les jeunes ! Une boule de feu en pleine ville, mais vous vous rendez compte des dégâts que ça peut causer ! Un éclair c’est pareil, d’ailleurs ! Non, non, non, c’est totalement imprudent, risqué, dommageable et ça peut être destructeur. Une mauvaise manipulation, un mauvais geste, et ça peut déraper très vite. En un rien t’temps, pouf ! Tout un quartier peut cramer comme d’la paille. Ça va pas la tête, vous autres ? – protesta-t-il en direction de ses visiteurs. – Vous voulez pas plutôt que j’vous soigne vos cors au pieds ?
-    Parce que vous avez un sort pour ça ? – s’étonna Tholot.
-    Un sort ? Non gran’dieu ! J’connais pas d’sort pour ça. – déclara le mage. – Mais j’peux vous préparer un p’tit onguent d’ma spécialité, à base de racines de molène noire et d’sang d’bouquetin, vous m’en direz des nouvelles ! En deux semaines vous serez guéris !
-    Arrête ton charabia, l’vioc’. – gronda le coach. – Tes décoctions, tu peux t’les foutre où j’pense ! On veut une boule de feu.
-    Mais c’est dangereux, les conséquences peuvent être néfastes, funestes ! – bredouilla leur interlocuteur.
-    C’est sur un terrain de sport que tu vas le balancer, ton sort, pas en pleine ville, espèce de vieux débris ! – riposta le coach avec véhémence. –  Et tu le feras pile au moment où je te le dirais. Je te rappelle qu’on a loué tes services. Tiens, d’ailleurs voici le contrat. – conclut-il en tendant au mage un parchemin roulé et ficelé à l’aide d’un cordon sur lequel figurait l’emblème de la guilde des mages.
-    Aha. Le contrat dites-vous. – réagit Robert pensivement en prenant le document que lui tendait Duda. Il défit le cordon, déroula le parchemin et lut son contenu avec un certain effort, en plissant les yeux, la bouche ouverte et la langue pendante. Finalement, il affirma : – Tout à l’air en règle, pour sûr. Ah, mes aïeux, j’crois que j’ai pas l’choix. Mais…
-    Y’a pas d’mais qui tiennent. – affirma l’entraineur plus calmement, mais avec autorité. – Le contrat a été conclu. Donc boule de feu ou éclair, demain au stade. Vous savez au moins faire ça, l’ancêtre ?
-    Bah, ça dépend.
-    Comment ça, ça dépend ! – hurla le coach dans un nouvel excès de colère. – Vous savez ou merde, à la fin ?!
-    J’vous dis que ça dépend ! – protesta vivement Robert. – Vous savez la quantité de souffre qu’il faut pour lancer une boule de feu ? Non, vous ne l’savez pas, évidemment. Et les ingrédients pour un bon éclair ? Pareil. Et c’est normal, vous êtes pas des sorciers ! Crénom d’dieu !
-    Et alors ? – demanda Eggon sur la défensive.
-    Alors, il s’avère que ces ingrédients, je les ai pas. – déclara le mage sur un ton professoral.
-    Qu’est ce que j’en ai à fiche ! – tonna l’entraineur. – C’est à vous de faire l’boulot, le reste m’importe pas.
-    Bah, c’t’à dire qu’en principe, c’est à vous d’me filer les ingrédients nécessaires. C’est marqué en tout petit sur le rebord du contrat. Regardez. – affirma Robert en montrant le parchemin aux halflings et à Duda.
-    Ah les enfoirés ! – râla ce dernier la mine sévère. – Il nous ont bien entubés. Sales bâtards d’mages.
-    Attendez, coach ! – réagit tout à coup Tholot. – Gontran le gnome. Il nous a donné un autre parchemin aussi. Il a dit que c’était à donner au mage, justement ! – Il sortit alors de sa besace un tube oblongue, scellé à la cire. – Tenez ! – dit-il en tendant l’objet au vieillard.
-    Qu’est ce qu’nous avons là ? – s’interrogea celui-ci en ouvrant le tube. – Et bien voilà ! Fallait commencer par ça. Pas la peine de crier et d’faire tout votre tsointsoin à la mord-moi l’n½ud !
-    Quoi ? De quoi ? – rétorqua Duda, qui n’avait toujours pas décoléré.
-    Un parchemin magique. Un double en plus. – répondit calmement Robert en montrant ses chicots abimés. – Sort de boule de feu et d’éclair.
-    Et vous savez l’utiliser ? – questionna Eggon sur le ton de l’espoir.
-    Naturellement ! – affirma le mage avec allant. – J’suis grand mage après tout ! J’sais lire un parchemin magique. En réalité, c’est à la portée de tout le monde. Faut juste savoir déchiffrer les runes.
-    Et vous savez, vous ? – continua Eggon dans l’expectative.
-    Ba oui. – répondit Robert sur un ton blasé. – Quand même. Par contre, c’est à usage unique, hein. Ce sera soit boule de feu soit éclair.
-    Fait chier ! – jura Duda en tapant du poing dans sa paume. – Tant pis. On fera avec. Demain au stade. On vous attendra. Et vous avez intérêt à pas vous louper, l’vioc’. Vous n’avez pas intérêt ! – conclut-il en grognant de manière menaçante, la mine hargneuse, la bouche tordue dans un rictus mauvais.

***

cool


Pourquoi les Nains ont la bière et les Elfes la magie ?
Parce que les Nains ont choisi en premier...

Hors ligne

 

#134 08-01-2019 16:45:26

Duda
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Real BoitarDEATHCLAWS

Re: ANNONCE

Et la suite, naturellement  (2e message car c'est trop long sinon) :

C’était la seconde mi-temps du match, opposant les valeureux halflings du Real Boitar aux cruels nains chaotiques des Gens Bons de Pays, coachés par le génialissime OON. L’atmosphère dans le stade était volcanique. Les gradins étaient remplis à ras-bord par une masse tonitruante et déchainée de pas moins de trente mille supporters fanatiques, venus encourager les belligérants du soir.

La Ligue avait une nouvelle fois vu les choses en grand pour ce match de gala, pour le bonheur des spectateurs. En haut des gradins, des étendards aux couleurs des deux équipes claquaient dans le vent, et les loges étaient pleines d’invités de marque, qui regardaient la rencontre d’un ½il quelque peu distrait, et se prélassaient dans de confortables fauteuils en s’imbibant de cocktails raffinés et en s’empiffrant de mets délicats. Un concert du nouveau groupe à la mode – les Poetic Lovers – avait été prévu en levée de rideau, mais il rencontra un accueil somme tout assez modéré de la part du public du stade, lequel goûtait visiblement peu aux polyphonies disons… avant-gardistes… de chantres orques à la voix puissante et roque. Un spectacle affriolant de majorettes elfes avait, par ailleurs, été prévu à la mi-temps du match, lequel chauffa davantage encore un public surexcité et au comble de l’explosion. Les supporters des deux équipes avaient, pour leur part, préparé deux magnifiques banderoles d’encouragement pour leurs idoles, et drapeaux, écharpes ou fanions étaient brandis haut dans les tribunes.

Tous ces éléments échappaient toutefois à Calben Durpoil, alors que les halflings menaient une rude épreuve de force contre des adversaires bien plus physiques et tenaces que les frêles halflings. Le clinquant et les paillettes du dispositif de la rencontre s’arrêtaient ainsi au bord de la pelouse. Sur le gazon, en effet, régnaient la violence, la folie et le chaos d’âpres combats. Pressés de toutes parts par de coriaces rivaux, les joueurs du Real Boitar refusaient de céder le moindre pouce de terrain, et répondaient avec une hargne insoupçonnée aux rudes coups que leur assénaient les nains du chaos. Partout sur le terrain, ce n’était que sang, salive et râles d’agonie. La brutalité du match était inouïe et le fait que les halflings ne se retrouvaient toujours pas en infériorité numérique en ce début de seconde mi-temps tenait certainement du miracle.

D’aucuns purent certainement avoir l’outrecuidance de prétendre que le comportement fortement douteux des Gens Bons de Pays – lesquels étaient pris de fortes nausées et de tremblements inopinés – s’avérait être une aide précieuse, et quasiment inespérée, pour les valeureux halflings, mais il ne pouvait s’agir que de calomnies outrancières de quelques personnages fielleux et amers, manifestement envieux de l’aura de gloire dans laquelle baignait le célèbre Real Boitar. Le fait que Roël Jobuchon – le célèbre cuisinier halfling – trônait fièrement, tout sourire, aux côtés de l’entraineur du Real, n’était que pure et simple coïncidence et personne ne pouvait oser prétendre, sinon en faisant preuve d’une évidente mauvaise foi, que le repas d’avant-match préparé par le chef pour les deux équipes avait pu avoir une quelconque incidence sur l’indisposition flagrante des nais du chaos. Il n’en était rien, tout naturellement, et si les halflings rendaient coup-pour-coup la monnaie de leur pièce à leurs adversaires, et vendaient très chèrement chaque centimètre carré du terrain, c’était certainement dû à leur légendaire pugnacité et à leur fabuleuse vaillance, et non pas à un quelconque malheureux subterfuge qui aurait pu être mis en place par le coach Duda.

Quoi qu’il en soit, il était impossible à Calben de réfléchir à tout cela alors qu’il progressait, lentement mais surement, la balle calée avec assurance entre ses mains, entouré de plusieurs de ses camarades, en plein milieu du camp adverse. Les coups pleuvaient de toutes parts, mais les haflings – bien protégés des deux côtés par les imposants hommes-arbres – demeuraient compacts et repoussaient avec hardiesse les coups que tentaient de leur asséner les joueurs des Gens Bons de Pays. Le Real se devait de faire une bonne impression ce soir, les halflings devaient se racheter une conduite, ils devaient prouver qu’ils étaient encore présents, qu’ils n’étaient pas finis, qu’il fallait compter sur eux. Après plusieurs prestations désolantes, déplorables et franchement honteuses, les joueurs devaient se réhabiliter auprès de leur public, auprès de leur coach, et surtout auprès d’eux-mêmes. Ils se devaient de redorer le blason du club, d’embellir une image dernièrement écornée, mais principalement, ils devaient regagner cet état d’esprit combattif et hargneux qui les caractérisait si bien en début de saison. Et ils y arrivaient. Chose incroyable mais vraie, ils luttaient d’égal à égal contre des adversaires, à première vue, bien plus athlétiques, plus vigoureux et plus charpentés qu’eux.

La première moitié de la rencontre, dominée par un combat acharné pour la possession de la balle, vit les deux équipes se neutraliser mutuellement. Pour le plus grand plaisir de leur coach, les halflings opposèrent une vive résistance à l’attaque, somme toute assez asthénique, des nains du chaos et de leurs séides hobgobelins. Il n’en demeurait pas moins que, malgré notamment une apathie consternante des deux centaures-taureaux – pas en verve ce soir – les Gens Bons de Pays menaient au score. Une peau-verte réussit en effet à s’échapper du marquage que lui imposaient deux joueurs du Real Boitar et, protégée par plusieurs de ses coéquipiers, elle progressa à toute vitesse vers l’en-but halfling. Incapables de rattraper le hobgobelin, les semi-hommes tentèrent un repli stratégique, mais se confrontèrent à un mur compact de bloqueurs nains, savamment organisé par le stratège OON, lequel les empêcha d’atteindre le porteur du ballon avant que celui-ci n’aplatisse le cuir dans la zone.

Malgré une tentative de lancer de coéquipier magnifiquement ratée en toute fin de première mi-temps, la partie était loin d’être jouée, dans la mesure où il restait au Real Boitar toute la seconde moitié du match pour essayer de revenir au score et – qui sait – d’inverser totalement le cours de la rencontre. Cette constatation était d’autant plus aisée qu’ils reprenaient le jeu avec leur effectif quasiment au complet, si ce n’est ce pauvre Lorel qui – une nouvelle fois – dut subir les foudres gratuites et honteuses d’un arbitre bien trop tatillon, lequel expulsa injustement le malheureux halfling pour un soi-disant coup sur le ménisque d’un centaure-taureau ayant malencontreusement glissé sur le terrain…

C’est la raison pour laquelle Calben se retrouvait, entouré de ses coéquipiers, à jouer des mains et des coudes pour tenter de progresser vers la zone d’en-but adverse. Ils avançaient. Ils poussaient de toutes leurs forces sur la pelouse boueuse, bien agrippés les uns aux autres. Les coups de poing et de pied arrivaient de toutes parts, mais aucune ne réussissait à atteindre Calben qui, la tête enfouie dans ses épaules, les lèvres retroussées et le font plissé, gardait les yeux rivés sur son objectif. A l’avant, les deux hommes-arbres nettoyaient la zone à grands coups de branches, et faisaient voltiger les imprudents adversaires qui avaient l’audace de se mettre à travers de leur chemin. Sur la gauche, Aldo, Mirfu et Tholot faisaient des miracles en encaissant les rudes bousculades des nains qui tentaient de les déborder sur l’aile. Son côté droit était solidement protégé par Waldi et le jeune Hal, lequel faisait montre d’une incroyable résistance et d’une combattivité ahurissante pour un joueur aussi inexpérimenté. Calben dut d’ailleurs le rabrouer à plusieurs reprises en essayant de calmer l’allant du jeunot, lequel avait tendance à se lancer en avant des lignes adverses de manière trop téméraire, au risque d’affaiblir la cage formée par les joueurs halflings.

Au milieu des hurlements, des cris, des corps affalés sur la pelouse, la cage avançait, lentement mais sûrement. Cablen ne comptait plus le nombre de coups reçus sur le bout de son casque ou sur les épaulettes de son armure. Il voyait, de temps à autre, une main adverse arriver de gauche ou de droite, un pied perforer la défense halfling, voire une affreuse tête naine ou hobgobeline faire son apparition au milieu des ses coéquipiers. A chaque fois, les défenseurs repoussèrent les belligérants, à chaque fois, une poussette, un blocage ou une feinte permettaient aux haflings de se sortir du marquage adverse.

Et ils avançaient, tels des forcenés, tels des bagnards enchainés les uns aux autres sous les coups de fouet de leurs matons, dans le sang, la boue et la puanteur ambiantes, parfois en ployant le genou, parfois en chutant, mais toujours en se relevant, les dents serrées, hurlant leur rage au visage de leurs adversaires. L’on aurait dit des galériens qui, tout à coup inspirés par une grâce divine, s’élèvent de leur état pathétique et, dans un même mouvement d’enthousiasme empreint d’une poignante dramaturgie, sont emportés par un objectif commun, jusque-là inatteignable pour eux.

Peu à peu, Calben se faisait avec l’idée que rien ne semblait pouvoir arrêter la progression du Real Boitar. Entre les esquives, les chahuts et les blocages qu’il repoussait, Calben ne savait où donner de la tête. Dans ce vortex de violence, il lui sembla avoir enjambé la masse corpulente d’un nain du chaos inanimé, saignant à gros bouillons de tous les orifices, mais il n’était pas sur qu’il ne s’agissait pas d’un de ses coéquipiers. Il n’avait pas le temps de réfléchir à cela, son objectif était clairement visible, et à portée de ses pieds – pouvait-on croire – et ce d’autant plus que la résistance adverse semblait avoir diminué de force.

Soudain, il entendit un affreux bruit d’os brisés sur sa gauche et eut juste le temps de voir Aldo voltiger dans les airs, une gerbe écarlate suivant sa course dans les airs, alors qu’un centaure-taureau était parvenu à se glisser dans la défense halfling et assénait un violent coup de sabot au malheureux joueur du Real. Calben détourna les yeux en grimaçant et priant pour son ami, mais voilà que le bovidé se précipitait à sa rencontre au travers du trou laissé béant par la chute d’Aldo. C’est alors que le tonnerre gronda, le ciel s’obscurcit à une vitesse incroyable et – miracle ou magie – un éclair maléfique frappa de plein fouet le centaure-taureau belliqueux et le cloua instantanément au sol. La voie était désormais dégagée pour Calben, qui put se précipiter vers l’avant, accompagné de Waldi, Hal et l’éternel Tholot – ses trois valeureux camarades qui purent demeurer à ses côtés, seuls rescapés de ce qui restait de la cage halfling.

C’est alors, et bien qu’il ne restât que quelques mètres à parcourir aux joueurs du Real Boitar pour atteindre la délivrance si avidement recherchée, et que constituait la zone d’en-but naine, que l’invraisemblable se produisit. Cendrechêne Boisnoir, pourtant très en verve ce soir – auteur de plusieurs blocages spectaculaires et grand pourfendeur des guerriers nains - s’immobilisa tout à coup sur la pelouse et cessa purement et simplement de bouger. Était-ce la fatigue ou un autre coup fourbe et malicieux de leurs adversaires, il n’en demeurait pas moins que cet indicent malencontreux laissait l’arrière de l’attaque halfling exposée à un retour inopiné des nains et hobgobelins.

Naturellement, comme le veut l’expression consacrée, les malheurs n’arrivent jamais seuls et là ou l’un pleure l’autre rit. Ce qui devait arriver, arriva. Alors qu’il fonçait à toute l’allure que lui permettaient ses petits pieds velus, et qu’il voyait la zone d’en-but s’approcher de plus en plus, Calben fut percuté de plein fouet, par l’arrière, par un hargneux nain du chaos. A quelques petits mètres du touchdown… Il hurla de douleur et tomba à la renverse, faisant dans le même temps tomber le ballon. Quelle désillusion pour le Real Boitar, quel cruel sort s’acharnait sur les halflings ? Un vent de tristesse et de déception souffla tout autour du stade. Le public hua de déception et de rage cumulées. Si près du but, et pourtant si loin, la chance venait de tourner, d’abandonner les pugnaces semi-hommes, elle changeait de camp au moment le plus dramatique, à l’instant le plus crucial, au paroxysme du suspense ! Et voilà qui était fait des espoirs halflings et de l’ensemble de leurs supporters. La balle tomba sous les pieds de pas moins de trois hobgobelins, qui se firent un malin plaisir à s’en saisir et à la mettre rapidement à l’abri au milieu du terrain, vide de tout joueur du Real Boitar.

Il restait une chance, une infime chance pour les halflings de récupérer le cuir et de tenter, malgré tout, de marquer ce touchdown qui les fuyait. Et ça a failli réussir ! Mais failli seulement. Grâce à un nouveau repli stratégique parfaitement exécuté, Hubert Fraisgigot réussit à faire choir le hobgobelin ayant récupéré la balle. Celle-ci tomba tout près de la ligne de touche. Le jeune Hal s’étant positionné dans l’en-but, il attendit qu’Hubert récupère le cuir et tente de le lui lancer. Mais les dieux du Blood Bowl avaient indubitablement décidé de tourner définitivement le dos au Real Boitar ce soir, car le halfling échoua lamentablement dans sa tentative de récupération du ballon, trébuchant gauchement alors qu’un nain du chaos revenu à la hâte – qui l’eut cru de la part d’un nain ? – lui assénait un croche-pattes des plus bienvenus, au grand soulagement de leur coach OON, lequel, les yeux écarquillés et les mains sur les joues, haletait d’angoisse au bord de la pelouse. 

Toutefois, les malheurs du Real Boitar ne devaient pas s’arrêter à cette mésaventure, dans la mesure où la balle fut rapidement récupérée par un autre hobgobelin, lequel, dans un geste de grâce et de fluidité quasi-elfiques, le lança dans les airs à destination d’un de ces congénères esseulés. Le ballon décrivit une parabole parfaite, tournoyant légèrement sur lui-même et atterrit parfaitement dans les mains griffues de la peau-verte. Il ne restait plus qu’à cette dernière de se précipiter, à toutes enjambées, vers la ligne d’en-but halfling, totalement libre de tout marquage, pour inscrire le second touchdown des Gens du Bon Pays, juste avant le coup de sifflet final.

Dans les gradins, le chaos régnait et un vent de folie soufflait. La moitié du stade hurlait de joie après ce second point marqué par les nains du chaos, l’autre moitié demeurait silencieuse, les mines moroses et consternées. Les halflings étaient pourtant si près du but, si près de l’égalisation, il suffisait de quelques pas supplémentaires, quelques malheureux pas, mais le hasard, les circonstances ou bien les dieux en ont voulu autrement. La débâcle était totale pour le Real Boitar. Ils quittaient le stade déconfits, désespérés, les larmes aux yeux. Tant de souffrance, tant d’efforts, tant de sang versé, pour rien, pour rien… Et le pire les attendait encore…

***

Un silence lourd et pesant régnait en maître dans le vestiaire, entrecoupé uniquement par les reniflements d’angoisse des joueurs et les râles d’agonie d’Aldo. Personne ne parlait. Ils avaient tous les larmes aux yeux, certains ayant enfoui la tête sous une serviette, d’autres se cachant la face dans les mains, d’autres encore demeurant totalement immobiles, comme paralysés. Certains regardaient le coach, pleins d’espoir, leurs visages pétrifiés dans une expression de supplique, de prière, en quête d’un miracle qu’ils savaient impossible. Leur ami, leur compagnon se mourrait, et tous redoutaient l’inévitable.

-    C…ccoach… - bredouilla Aldo en crachant du sang, alors que le liquide rougeâtre s’échappait de ses lèvres, de son nez et de ses oreilles. – Ddde l’eauuu…
-    Chut, chut, Aldo. – fit le coach en s’approchant rapidement de son protégé et en lui versant dans la gorge quelques gouttes d’eau à l’aide d’une éponge imbibée. – Ne parles pas mon, p’tit, garde tes forces. – le supplia-t-il d’une voix enrouée et tremblante.
-    Ccc..oach, on a gagné ? Dddites moi qu’on a gagné. – l’interrogea Aldo fébrilement.
-    Mais oui mon p’tit. On a gagné, bien sur qu’on a gagné. – répliqua Duda en ravalant ses larmes. – Tu as été formidable. Tu leur as montré ce qu’était un vrai joueur du Real.
-    On t’a vengé Aldo ! – hurla tout à coup Sherlock en sautant de son banc. – On l’a eu cet enfoiré d’centaure ! Et on a rajouté un nain en plus !
-    Ta gueule Sherlock. – répliqua Tholot posément. – Sérieux, ferme ton clapet.
-    Ccc…oach ? – demanda à nouveau Aldo, du sang s’écoulant à flots de sa bouche.
-    Oui mon p’tit ? Dis moi ? – réagit Duda avec douceur en lui serrant la main.
-    Je meurs, pas vrai ? – l’interrogea-t-il avec un hoquet.
-    Mais non, mais non. Dis pas d’bêtises. – répondit l’entraineur, ne pouvant plus bloquer ses larmes. – Ne t’inquiète pas, on va te soigner, on va t’remettre sur pied. Tu vas être avec nous bientôt, très bientôt…
-    Cccc…oach. – fit Aldo les yeux dans le vague. – J’vois ma mère… Ccccc…oach….
Puis, lentement, tout doucement, il ferma les yeux et cessa de respirer. Tout simplement…

***

Ce même soir, ils dressèrent une grande estrade de bois dans un champ et y déposèrent leur camarade, emmitouflé dans un linceul blanc. Ils y mirent le feu et regardèrent le corps de leur ami emporté par les flammes, alors que l’âme d’Aldo rejoignait le Panthéon des légendes du Blood Bowl. Tous pleuraient à chaudes larmes et Waldi était inconsolable. Il demeurait neurasthénique, immobile, la tête basse et les yeux mi-clos. Il n’avait plus la force de pleurer. Personne ne dit rien ce soir. Il n’y avait tout simplement rien à dire.

Enfin, presque personne.

Le dernier à quitter le bûcher funéraire fut étrangement Sherlock, lequel déclara en direction des flammes, crachant au sol comme pour conjurer le mauvais sort :

-    N’empêche, on l’a bien eu c’t’enculé…

cool


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#135 09-01-2019 09:37:53

Scarabee
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Re: ANNONCE

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#136 10-01-2019 09:33:39

Azzroag
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Re: ANNONCE

Génial.

Par contre une petite remarque : le sorcier faisant boule de feu et éclair n existe plus. Maintenant on en a un qui fait boule de feu et zap. Regarde ta fiche que drah a créé pour la description des inducement possibles


"Ecoute gamin, quand tu auras fait la teflon tu pourra revenir me causer de bloodbowl, retourne donc teter les seins de ta mere et va au lit, c'est bientot 20h.
Eddie : "Si Aredhel et le Sgt sont devant moi au classement à la date du LB, non seulement je joue en String mais avec en plus "Mamar Forever" écrit sur le boule..."

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#137 10-01-2019 10:05:57

Duda
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Re: ANNONCE

Donc on a mal joué big_smile

Disons qu'on a eu un sorcier qui s'était pas encore mis à la page au niveau des nouvelles procédures !

Désolé...

Ca n'aurait de toute façon rien changé au résultat ni aux conséquences (le CT s'ayant pris l'éclair n'a rien eu).


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#138 13-01-2019 23:19:08

SSB
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Les apôtres du destinLes Oeils CreuvésVC

Re: ANNONCE

Duda a écrit:

Oh, mais je peux vous assurer que Robert est un mage de ce qu’il y a de plus mage ! – énonça le gnome avec conviction. – Grand Scholiaste de l’Encyclopedia Universalis Ars Magica Naturalis, inventeur de la technique de tannage à sec des cuirs de loutre et membre distingué du septième cercle druidique…

Ça va être un sacré Merlin celui-la... mrgreen

Dernière modification par SSB (13-01-2019 23:19:22)


Si Dieu existe, j'espère qu'il a une bonne excuse…

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